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Chine-OMS : quand la santé va...

2015-10-19 la Chine au présent DANG XIAOFEI

Le 29 mai dernier, le Dr Bernhard Schwartländer fait le signe de « Stop à la cigarette » dans le métro de Beijing.

Beijing a récemment adopté une nouvelle loi anti-tabac. Depuis le 1er juin 2015, tous les lieux publics fermés, ainsi que de nombreux lieux publics en extérieur, sont passés en mode 100 % non-fumeur. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a pris part à ce processus en se faisant l'avocat et le promoteur de cette nouvelle loi, la plus sévère en matière de réglementation du tabac qu'ait connue la Chine à ce jour. Elle a lancé une campagne de communication intitulée #RUFREE en mai dans les couloirs du métro de Beijing, avec des posters sur lesquels on pouvait voir des célébrités chinoises affirmer leur soutien à une politique anti-tabac plus puissante.

Au-delà de la sensibilisation du public aux dangers liés au tabac, l'OMS a salué la révision de la loi sur la publicité, visant à bannir la publicité tabagique sous toutes ses formes, y compris la promotion et le sponsoring.

« Nous travaillons en liaison très étroite avec nos collègues pour nous assurer que les problèmes sont non seulement reconnus, mais qu'en outre, la Chine s'adapte aux conventions internationales de lutte anti-tabac », explique le Dr Bernhard Schwartländer, représentant de l'OMS en Chine, qui conclut : « C'est un exemple classique de la façon dont nous travaillons avec le gouvernement chinois, et la campagne anti- tabac a été très réussie pour les deux parties. »

Mais ce n'est qu'un exemple de coopération parmi d'autres entre l'OMS et la Chine. De fait, cette coopération est déjà très ancienne et couvre de nombreux aspects.

Travailler ensemble à la santé de l'humanité

La médecine traditionnelle chinoise a peut-être des milliers d'années d'existence, mais elle est remise en question par la théorie médicale moderne. « Je crois qu'il serait très présomptueux d'ignorer ce fait, simplement parce que la médecine occidentale est si simple à comprendre », dit le Dr Schwartländer. L'OMS souligne que les médecines traditionnelles peuvent jouer un rôle important dans l'atteinte des objectifs de « La santé pour tous », c'est pourquoi l'organisation a renforcé sa coopération avec la Chine sur ce sujet au cours des années.

La sagesse des principes de la médecine traditionnelle chinoise est précieuse. « Dans bien des domaines, la médecine occidentale et la médecine traditionnelle peuvent être complémentaires, et c'est exactement ce que nous essayons de comprendre le plus complètement possible : comment ces synergies peuvent être mises en pratique, comment ces deux types de médecine peuvent être employés ensemble, etc. », affirme le Dr Schwartländer. Il précise aussi que les deux parties doivent encore travailler au renforcement de leur système de mesure de l'efficacité des médicaments prescrits.

L'OMS n'est qu'une plate-forme de dialogue entre l'Est et l'Ouest. « Les meilleurs personnels de Chine rencontrent les meilleurs personnels du monde, et ils peuvent échanger leurs savoirs et développer des stratégies communes », dit-il.

D'autre part, il existe toute une série d'autres domaines, comme les maladies non infectieuses et les maladies chroniques, dans lesquels le Dr Schwartländer considère que la coopération est réellement importante. Prenez par exemple l'hépatite : sur les 25 dernières années, la Chine a fait des progrès remarquables avec son programme de vaccination contre l'hépatite B. Des données récentes montrent que moins de 1 % des moins de 15 ans sont infectés par l'hépatite B, soit une baisse de 90 % par rapport à la période antérieure au programme.

Mais il faudra faire plus pour améliorer le traitement de l'hépatite. Parmi les quelques 100 millions d'adultes contaminés par l'hépatite B ou C que compte le pays, des dizaines de millions ont un besoin urgent de traitement mais n'y ont pas accès. L'OMS travaille avec le gouvernement pour tenter de pallier ce problème.

« Investir dans le traitement de l'hépatite par une approche basée sur la santé publique, c'est-à-dire rendre le traitement accessible par un schéma de subventions d'État sur une base équitable, cela permettra d'éviter des décès, mais aussi de réaliser de substantielles économies, tant pour la société que pour le gouvernement », explique le Dr Schwartländer.

La coopération entre l'OMS et la Chine s'est étendue aux affaires médicales internationales. Lors de la crise Ebola en 2014, la Chine a répondu rapidement et a été parmi les premiers pays à se joindre à la lutte mondiale en soutenant l'OMS. Plus de 120 millions de dollars ont été transférés pour aider les pays touchés à endiguer l'épidémie. « Les meilleurs spécialistes chinois ont été dépêchés sur place et ont vécu en Afrique. Ils n'ont pas hésité à donner du temps et à vivre loin de leur famille pour aider à la lutte contre la maladie », explique le Dr Schwartländer.

Aider la Chine par la réforme de la santé

Ces cinq dernières années, la Chine a entrepris la plus grande réforme médicale de son histoire. Les résultats sont d'ores et déjà remarquables : 95 % des 1,39 milliard de citoyens bénéficient désormais d'une assurance maladie de base, contre seulement 30 % en 2003. Des défis restent à relever. « La réforme de la santé telle qu'elle se déroule aujourd'hui en Chine représente une tâche immense. Ce sera sans doute la plus grande réforme que le monde ait vue dans ce domaine », affirme le Dr Schwartländer. Pour créer un système de santé qui soit à la fois fort, durable, équitable et efficace en termes de coûts, et de plus équipé pour répondre aux défis présents et futurs, bien d'autres réformes seront nécessaires.

À la demande de hauts responsables de l'État, la Banque mondiale et l'OMS coopèrent avec le ministère chinois des Finances, la Commission nationale de la santé et de la planification familiale (NHFPC) et le ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale pour analyser les contraintes existantes dans le processus de réforme et identifier des solutions pratiques.

« Nous travaillons maintenant en relation très étroite avec nos collègues chinois avant de les immerger dans la phase "eaux profondes" de la réforme de la santé, dit-il. Ce n'est pas ici que l'on verra des changements rapides ni des victoires quotidiennes. Mais là encore, étant donné la taille immense de la Chine, il y a des obstacles que nous devons envisager avec prudence et passer en revue avec nos collègues. Cela décrit aussi un peu la façon dont nous travaillons avec nos partenaires du gouvernement. »

Le Dr Schwartländer signale que l'un des problèmes qu'il rencontre est que le système de santé chinois n'a pas suivi les progrès méthodologiques récents dans certains domaines. Par exemple, l'hépatite est une maladie chronique pour laquelle on ne disposait, jusqu'à il y a quelques années, d'aucun traitement efficace. Désormais, un très bon traitement est disponible, mais le système chinois ne le prend pas en compte parce qu'il est trop coûteux et trop compliqué, explique le Dr Schwartländer.

« C'est une chose sur laquelle nous travaillons avec nos collègues. Nous essayons de les aider avec les autorités chinoises et les compagnies pharmaceutiques, pour parvenir à des coûts plus abordables, afin que les patients chinois puissent bénéficier de traitements qui existent dans d'autres pays mais qui ne sont pas encore disponibles ici », ajoute-t-il.

La collaboration de la Banque mondiale et de l'OMS avec le ministère chinois des Finances, le NHFPC et le ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale va livrer, d'ici à la fin de l'année, ses recommandations au gouvernement sur les actions pratiques et concrètes nécessaires pour mettre en place un système de santé pour le futur.

Priorité à la sécurité alimentaire

« De la ferme à l'assiette, vous avez tous un rôle à jouer » : tel était le thème de la Journée de la santé organisée par l'OMS cette année. En Chine, le gouvernement a maintenu cette priorité dans son XIIe plan quinquennal qui mentionne la sécurité alimentaire comme une tâche majeure et d'importance nationale.

« Avoir accès à une nourriture fiable est un droit fondamental : les gens veulent et doivent savoir que chaque bouchée est comestible. Lorsque le premier ministre Li Keqiang a indiqué que la nourriture était essentielle et que la sécurité alimentaire devait être la première priorité, on a compris que la Chine allait se focaliser sur les problèmes que pose la nourriture non fiable », affirme le Dr Schwartländer.

La Journée mondiale de la santé est célébrée chaque année le 7 avril pour mettre en lumière l'un des domaines prioritaires pour l'OMS. En 2015, ce domaine était la sécurité alimentaire. En Chine, l'OMS s'est servi de la Journée mondiale de la santé pour sensibiliser le public à la sécurité alimentaire à toutes les étapes de la chaîne agroalimentaire. Selon une étude qui date de 2011, plus de 94 millions de personnes tombent malades chaque année en Chine par intoxication alimentaire d'origine bactérienne, ce qui conduit à environ 3,4 millions d'hospitalisations et plus de 8 500 décès. La campagne « De la ferme à l'assiette » montre les mesures à prendre par chacune des parties concernées pour réduire la fréquence de ces intoxications.

« Nous travaillons avec les autorités chinoises, en particulier avec l'Administration des aliments et des médicaments, pour nous assurer que les aliments produits en Chine répondent aux plus hauts standards de qualité, de façon à ce qu'ils puissent être vendus sur les marchés internationaux. Cela pourra profiter à ceux qui en ont réellement besoin aujourd'hui », affirme le Dr Schwartländer.

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