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Une route vers l'éradication de la pauvreté

2019-07-10 La Chine au présent MA LI

Plantations de thé de Laomudeng

Il n’y a que 52 km du chef-lieu du district de Fugong (département autonome lisu de Nujiang, dans la province du Yunnan) au village de Laomudeng de l’ethnie nu, mais en attendant la construction de meilleures routes, le trajet prend trois heures en voiture. « Après la mise en service de la ‘‘belle route’’ prévue fin 2019, le mauvais état des routes de tout le département ne sera bientôt qu’un mauvais souvenir et il faudra 40 minutes en voiture du chef-lieu du district au village de Laomudeng », confie Zheng Yi, directrice au Service de la communication du Comité du Parti pour le département autonome lisu de Nujiang.

La « belle route » de Nujiang, longue de 288,3 km, a vu ses travaux commencer en septembre 2017. Il s’agit de la section de l’autoroute nationale G219 dans le Yunnan. Elle est le seul axe de circulation reliant les trois districts et villes du département de Nujiang et fait partie intégrante de l’itinéraire touristique dans l’ouest et le nord-ouest de la province. Sa mise en service assurera le trafic routier pour exploiter la zone touristique de la Grande Vallée du fleuve Nujiang, les aires protégées des « Trois fleuves parallèles » (le fleuve Jinsha, le fleuve Lancang et le fleuve Nujiang) et la réserve naturelle nationale des monts Gaoligong.

« La ‘‘belle route’’ deviendra une route d’espoir qui donnera l’occasion à la population de Nujiang de sortir de la pauvreté et de s’enrichir », déclare Zheng Yi.

Tourisme rural

Le village de Laomudeng est situé au pied de la montagne enneigée Biluo. Dans le dialecte des Nu, son nom signifie l’« endroit où les gens aiment venir ». En face du village se dresse le célèbre mont Huangguan, qui ressemble à une couronne, d’où son nom. Si nous montons sur la terrasse d’observation du village, nous pouvons admirer le paysage pittoresque du mont Huangguan, dont la réputation attire beaucoup de touristes.

Ces dernières années, avec le soutien des services touristiques de tous les échelons, Laomudeng déploie des efforts pour devenir un village touristique de caractère, en comptant sur ses magnifiques paysages naturels et ses cultures ethniques riches et variées. Actuellement, le village compte 18 auberges et accueille plus de 100 000 touristes par an. Le revenu touristique annuel a dépassé trois millions de yuans. Il est devenu ainsi une marque de qualité pour le tourisme rural et la revitalisation rurale de Nujiang.

Il est difficile d’imaginer qu’un village aussi fascinant fut un village extrêmement pauvre il y a seulement 20 ans. « À cette époque, le revenu annuel par habitant était seulement de 200 ou 300 yuans. La vie était très dure. Chaque année, les enfants avaient des difficultés pour avoir des habits neufs », raconte Yu Wulin, le gérant d’une auberge dans le village.

Yu Wulin est considéré comme un homme capable dans le village. Tout le monde reconnaît que la sortie de la pauvreté de Laomudeng est largement due à sa contribution. En 1999, Yu Wulin et son épouse sont rentrés au village après avoir travaillé à Shanghai pendant trois ans. Peu de temps après, le district de Fugong a mis en place de multiples politiques pour soutenir le développement des industries rurales. En raison des conditions géographiques exceptionnelles de Laomudeng, le gouvernement a encouragé les villageois à développer le tourisme rural.

Yu Wulin a su saisir les bonnes opportunités. À l’appel du gouvernement, le couple a créé, en 2000, la première auberge du village dans un vieil appartement de 80 m2. Grâce à l’hospitalité sincère et aux plats authentiques des Nu, son affaire est rapidement devenue prospère.

Mais le nombre de touristes augmentant, la capacité d’accueil du village est devenue insuffisante au fil du temps. « La tâche la plus urgente était de résoudre le problème du logement des touristes. » Yu Wulin a donc commencé à rénover son auberge en mobilisant les autres villageois. Depuis 2012, sa nouvelle auberge occupe une superficie de 400 m2 et dispose de 26 lits dans 11 chambres.

Sur la base de ses économies, Yu Wulin a emprunté en 2017 un prêt bancaire de 2,7 millions de yuans pour construire son auberge à l’entrée du village. « Se contenter de la situation actuelle ne conduit qu’à l’immobilisme. Il faut attirer et conquérir les touristes par la culture traditionnelle de Laomudeng », explique M. Yu.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Un instrument traditionnel de l’ethnie baptisé « Dabiya » sert désormais de nouvelle attraction pour le tourisme rural local et le thé alpin de Laomudeng a gagné en popularité parmi les visiteurs. La production annuelle moyenne de thé est de 11 tonnes et le revenu annuel moyen des foyers a dépassé 20 000 yuans.

Nouveau point de départ

La brise souffle, les vagues de blé déferlent, les maisons construites en bois s’essaiment dans les champs en terrasse sur la colline, le ciel est bleu avec des nuages blancs, les montagnes enneigées se dressent au loin… Tout cela constitue le paysage idyllique du village de Qiunatong, l’un des 30 villages pilotes sélectionné par le gouvernement du Yunnan pour développer le tourisme reposant sur les ressources locales dans le département de Nujiang.

Le village de Qiunatong se situe au nord du bourg de Bingzhongluo (district de Gongshan) dans le département de Nujiang, à 10 km de la limite du Tibet. On compte dix hameaux sous sa juridiction, dont Qiunatong et Wengliyizu. Tout comme Laomudeng, le village de Qiunatong bénéficiera de nouvelles opportunités de développement après la mise en service de la « belle route ».

« Bien que les travaux de rénovation de Wengliyizu n’aient pas encore débuté, de nombreuses agences de voyage ont déjà l’intention de signer avec nous un accord de coopération en matière de tourisme », révèle Yao Congxue, premier secrétaire de la Cellule du Parti pour le village de Qiunatong. Le gouvernement a alloué 20 millions de yuans pour la rénovation des infrastructures pendant la première période des travaux.

On compte 345 foyers avec 1 178 habitants à Qiunatong, dont 1 086 personnes réparties dans 316 foyers étaient inscrites sur la liste des personnes dans le besoin. Pour le moment, 187 personnes venant de 61 foyers ne sont pas encore sorties de la pauvreté. « En fonction du revenu par villageois de l’année dernière, nous avons fourni des emplois de garde forestier ou d’administrateur des rivières aux foyers à faible revenu. Quant aux familles n’ayant pas de main-d’œuvre, elles sont couvertes par un minimum de protection sociale. En plus, la rénovation des maisons délabrées dans le village est, dans l’ensemble, achevée », précise M. Yao.

Il ajoute : « Faire sortir de la pauvreté tout le village n’est pas un grand problème pour nous. La clé consiste à consolider les résultats de la lutte contre la pauvreté et à amener les villageois à s’engager dans une nouvelle voie de développement durable. »

Chen Jianhai a compté parmi les démunis de Wengliyizu, mais il est aujourd’hui patron d’une auberge. En 2016, le gouvernement a financé la rénovation de son appartement. La bicoque où les gens et les animaux domestiques coexistaient encore il y a peu est aujourd’hui transformée en une villa moderne.

En plus de la gestion de son auberge, il a mobilisé les villageois pour créer une coopérative professionnelle du tourisme rural. Il déclare : « En nous fondant sur les ressources touristiques de notre village et les plats typiques de notre ethnie, nous déployons des efforts pour faire en sorte que davantage de villageois sortent de la pauvreté et s’enrichissent. »

Yu Guiquan, handicapé, était également inscrit sur la liste des démunis de Qiunatong. En travaillant à l’extérieur pendant quelques années, il a découvert que les poulets élevés en liberté étaient prisés dans la gastronomie du district de Gongshan, voire même dans le département de Nujiang. Saisissant cette opportunité commerciale, il est retourné au village pour se consacrer à l’élevage de poulet des monts Gaoligong.

« Après avoir demandé la création d’une coopérative, je fournis gratuitement aux personnes démunies des poussins, et puis je les rachète quand ils ont grandi. De cette façon, un foyer peut gagner plus de 7 000 yuans. Grâce aux politiques de soutien, sortir de la pauvreté n’est plus un casse-tête », affirme Yu Guiquan.

Selon Yao Congxue, « éliminer la pauvreté n’est pas une fin en soi, c’est plutôt un nouveau point de départ. Nous devons redoubler nos efforts pour la revitalisation rurale de Nujiang. Nous espérons que les enfants pourront sortir de la montagne pour voir le monde extérieur et ensuite revenir afin de contribuer à la construction de leur village natal après leur réussite scolaire ». Il ajoute que le développement de Qiunatong dépendra surtout des efforts des habitants locaux, mais il en est convaincu : cette voie est pleine d’espoir.

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