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Le Tibet : le tourisme et l’éducation apportent une vie heureuse

2019-09-25 La Chine au présent MICHAEL ZÁRATE

Dans la préfecture de Nyingchi, Pema Pingzeng, un paysan de 37 ans du village de Xigemenba (district de Mainling), nous a accueillis, le sourire aux lèvres. Sa fille de cinq ans insiste pour nous offrir du lait du yack élevé par la famille. Après quatre tasses de lait, Pingzeng nous a raconté les changements que sa famille a connus ces dernières années : « Dans le passé, le transport et les routes étaient en piteux état », se rappelle-t-il. Aujourd’hui, les infrastructures s’améliorent dans le village. C’est facile de vendre les récoltes de ses 8,8 mu (un mu = 1/15 ha). Sa fille cadette de cinq ans est entrée dans un jardin d’enfant et sa fille aînée de 11 ans s’est fixé comme l’objectif d’intégrer l’université.

Les changements de la famille de Pema Pingzeng reflètent ceux de nombreux villages dans la région autonome du Tibet. Selon les statistiques officielles, le taux de pauvreté est passé de 25,2 % en 2015 à 5,6 % en juin dernier. Le nombre des personnes démunies est passé de 590 000 à 150 000. Le Tibet a fait des progrès remarquables. Lors de la 41e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, Luo Bu, membre du conseil de la Société chinoise d’études sur les droits de l’homme, a révélé que la Chine envisage d’éliminer la pauvreté absolue dans le Tibet cette année.

Le tourisme joue un rôle important

Dans la préfecture de Ngari, la moins peuplée au Tibet, 16 212 habitants défavorisés sont sortis de la pauvreté ces trois dernières années. Ce succès doit être attribué aux 88 projets lancés par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Les investissements de ces projets totalisent 1,5 milliard de yuans. Certains de ces projets visent à développer le tourisme qui a déjà aidé 2 520 habitants de Ngari à sortir de la pauvreté. Il est à noter que l’altitude moyenne à Ngari est à 4 500 m. Dans une telle région, appliquer des politiques de soutien n’est donc pas facile.

Dans les autres régions du Tibet, le tourisme se développe aussi rapidement en tant que méthode efficace pour lutter contre la pauvreté. Dans la préfecture de Nyingchi, le village de Zhaxigang du bourg de Lulang est un exemple typique. Le village compte 66 foyers. Il possède une longue histoire, de beaux paysages et un réseau de transport développé. Aujourd’hui, le village abrite 51 hôtels familiaux et 1 200 lits. En 2018, le village a accueilli 75 000 touristes, qui génèrent pour lui un revenu de 4,06 millions de yuans. « Lulang est propice au développement du tourisme grâce à ses conditions naturelles. Je voulais en profiter, donc j’ai décidé d’ouvrir un hôtel familial chez moi », nous révèle Dawa, 47 ans, père de trois enfants. Il est éleveur et paysan. En 2012, il a obtenu un prêt bancaire et ouvert un hôtel familial. On peut dépenser 45 ou 50 yuans pour passer une nuit dans son hôtel. Sa maison, simple mais confortable, est entourée de montagnes verdoyantes et d’eaux claires. C’est vraiment un endroit féerique.

Lulang a réussi à se distinguer grâce au projet de tourisme international pour les petits bourgs, amorcé en mars 2017 et soutenu financièrement par la province du Guangdong. Les investissements totaux du projet s’élèvent à 3,8 milliards de yuans. Le projet ne se borne pas au tourisme, puisqu’il finance aussi la construction des infrastructures, des hôtels (Lulang compte à l’heure actuelle trois hôtels 5 étoiles), des centres commerciaux, des espaces verts et des systèmes d’irrigation. Depuis 2016, Lulang a accueilli plus d’un million de touristes. Il joue un rôle clé dans le développement de Nyingchi et dans le lancement des produits touristiques haut de gamme dans le sud-est au Tibet.

La force de l’éducation

Pour atteindre l’objectif d’éliminer la pauvreté absolue, le gouvernement chinois a publié, le 17 juin, 202 projets concernant l’emploi, les sciences et techniques, l’éducation et la santé, dont les investissements totaux s’élèvent à 21,5 milliards de yuans.

Intéressé par l’éducation, les journalistes de La Chine au présent ont visité deux écoles très célèbres au Tibet : l’école primaire n° 2 de Nyingchi et le lycée n° 2 de Nagqu. L’école primaire n° 2 de Nyingchi a mis l’accent sur l’éducation de la protection de l’environnement. Issus des Han, Tibétains, Monba, Hui et d’autres ethnies, ses 1 800 élèves reçoivent une éducation bilingue chinoise et tibétaine.

Le lycée n° 2 de Nagqu est situé à Lhasa, chef-lieu du Tibet. Balmasherab, enseignant d’anglais nous a accueillis. Le lycée compte 284 enseignants. « Nombre d’éleveurs et de paysans envoient leurs enfants dans notre lycée qui est une fenêtre sur l’éducation au nord du Tibet », explique Balmasherab. À travers la fenêtre d’une classe, nous avons vu les élèves en train de suivre le cours sur le système politique de l’ancienne Grèce et de la Rome antique. Dans une autre classe, les élèves étaient en train de suivre le cours de musique.

Pour soutenir le développement de l’éducation au Tibet, le 26 juin, la fondation de Jack Ma, fondateur du groupe Alibaba, a débloqué 100 millions de yuans destinés à la création d’un centre de formation des professeurs à Lhasa, et à offrir des subventions en dix ans aux 800 étudiants des écoles normales, aux 1 400 professeurs et 1 000 directeurs d’école du Tibet.

L’importance du Tibet

À l’occasion du 60e anniversaire de la Réforme démocratique du Tibet, le tourisme et l’éducation sont devenus deux secteurs clés qui aident à éliminer la pauvreté absolue au Tibet. Lors du Forum sur le développement du Tibet en Chine tenu le 14 juin, Jiang Jianguo, chef adjoint du Département de la communication du Comité central du Parti communiste chinois, a indiqué que le PIB du Tibet est passé de 170 millions de yuans en 1959 à 150 milliards de yuans en 2018, que le nombre de la population tibétaine est passé de 1,2 million de personnes dans les années 1950 à 3,4 millions de personnes aujourd’hui, et que la durée de vie moyenne est passée de 35,5 ans à 70,6 ans. Ces données montrent des résultats obtenus depuis la Réforme démocratique au Tibet.

Le Tibet joue un rôle non négligeable dans l’initiative « la Ceinture et la Route » et son développement durable revêt une importance tant pour la Chine que pour le monde. Historiquement, le Tibet jouait un rôle important le long de l’ancienne Route de la Soie. Cela est toujours vrai aujourd’hui puisque le Tibet est le couloir qui relie la Chine aux pays de l’Asie du Sud, notamment l’Inde, le Bhoutan et le Népal. « Ces dernières années, certains passages importants ont été établis, rappelle Vjaceslavs Dombrovskis, directeur du groupe pour la promotion de la coopération avec la Chine du parlement de Lettonie. Le chemin de fer a, par exemple, été mis en service en 2006, ce qui a renforcé la connexion entre le Tibet et le Népal. Aujourd’hui, le Tibet pèse pour plus de 90 % des échanges commerciaux entre la Chine et le Népal. »

D’après Liu Yawei, directeur du programme Chine au Centre Carter, par rapport aux autres régions chinoises, le Tibet occupe une place essentielle sur la scène internationale. Cela est attribué au peuple, à la religion et à la culture du Tibet, ainsi qu’à la passion du monde pour le Tibet. « Les connaissances de l’Occident sur le Tibet vont influencer les connaissances de la communauté internationale pour l’initiative “la Ceinture et la Route” », selon lui.

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