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Vigueur et vitalité nouvelles au Xinjiang

2019-09-25 La Chine au présent SUI YUNYAN

Les portefeuilles des locaux sont bien remplis, on entend de nombreux rires, les gens sont énergiques, les activités culturelles se sont enrichies et le style de vie s’est beaucoup modernisé. Une promenade dans la partie sud de la région autonome ouïgoure du Xinjiang permettra aux visiteurs de se rendre compte des changements variés qui se produisent pour tous les groupes ethniques locaux. Du fond de leur cœur ils défendent l’union nationale et construisent leurs magnifiques villes avec confiance, faisant rayonner cette terre ancienne d’une vigueur et d’une vitalité nouvelles.

Nouvelles tendances

Le « Bazar du dimanche » dans le village de Kadamjay, canton de Janbaz, district de Peyziwat, voit passer un afflux important de clients sous le chaud soleil. Le parking est plein et le marché est bondé, en plus d’une variété de produits de base et de mets raffinés.

Rahile Hesen, qui vend des vêtements pour femmes, a teint ses cheveux et s’est maquillée. Elle est élégante dans sa chemise, son gilet, son jean et ses bottes. « Les produits proviennent de la ville de Kasghar. Il s’agit des dernières tendances. Plus ils sont à la mode, mieux ils se vendent », explique la jeune femme de 25 ans, dans un mandarin courant.

Patigul Tash, qui tente de vendre de la poudre de protéines en criant ses avantages à haute voix, vient du district de Merkit situé à plus de 100 km. Elle tend rapidement un flyer à ma vue. « Les agriculteurs peuvent-ils accepter de tels produits ? » « De plus en plus d’agriculteurs l’acceptent. J’ai installé un stand ici depuis un an et toutes les personnes qui viennent ici sont des clients fidèles », répond-elle joyeusement.

C’est couvert de sueur que je sors du bazar, avant de me promener dans le village et d’arriver finalement devant la maison de Kiremjan Ghopur, qui est en train de la rénover. Il m’invite chaleureusement chez lui.

Sa maison compte neuf pièces, pour une superficie totale de 250 m2. Le plafond est bleu, les meubles sont peints en blanc, et le plafond extérieur et le casier à raisins sont tous en acier. « La décoration a coûté plus de 100 000 yuans. Nous avons démoli le kang (lit de briques chauffé par-dessous), maintenant la maison est plus propre. » Son mandarin est teinté d’un léger accent de Shanghai.

De fait, il a commencé à vendre des barbecues à Shanghai en 2002, et s’est constitué un groupe d’amis sur place. Chaque année, il revenait au village pour un certain temps. « Maintenant, je peux héberger mes amis chez moi. » Il a présenté les avantages de migrer vers d’autres villes pour travailler : gagner plus d’argent, élargir ses horizons, se faire des amis, etc. « Les habitants du village préféraient rester à la maison, mais maintenant, ils veulent partir travailler. Il y a des dizaines de personnes qui travaillent hors du village, certaines allant à Ürümqi, dans le département autonome kazakh d’Ili et à Shanghai. Notre vie va s’améliorer de plus en plus », affirme-t-il.

De plus en plus de femmes se maquillent, de plus en plus de paysans migrent vers d’autres villes, plus de personnes d’ethnies minoritaires parlent le mandarin, les habitants ont plus de parents de différentes ethnies, les gens ont davantage d’activités culturelles rurales… Murat Gheniyat, directeur de l’Institut de recherche en philosophie de l’Académie des sciences sociales du Xinjiang, a observé ces changements encourageants dans le sud de la région autonome. « C’est la véritable émancipation de l’esprit : la stabilité sociale et le développement économique ont profondément transformé la pensée et le comportement des gens », précise-t-il.

Nouveaux aspects

Salam Qadir, un citadin de Kasghar âgé de 27 ans, vient de rentrer chez lui après avoir terminé un projet de deux mois dans un emploi en milieu rural. « S’imprégner de nouvelles choses élargit les horizons et ouvre l’esprit. Au cours des deux dernières années, les zones rurales et les agriculteurs ont connu les plus grands changements, tandis que les villes du sud du Xinjiang se sont modernisées », explique-t-il, en me guidant dans la ville antique de Kasghar.

Le café « Montagne » dans la ville antique est empli d’un arôme puissant. « Nous servons du café fraîchement moulu. Outre les touristes, notre clientèle inclut également les habitants locaux. Désormais, même les personnes âgées de la vieille ville viennent prendre un café. » Le propriétaire des lieux, Mirehmet Turahun, précise ainsi que plusieurs cafés se sont ouverts cette année et que les affaires se portent bien.

Obulqasim, 80 ans, se réchauffe près d’un chauffage électrique devant son magasin d’objets d’art en cuivre. « C’est mieux qu’un poêle. C’est écologique et cela ne pollue pas. » La chaîne stéréo du magasin joue de la musique en fond. Derrière cet homme, qui s’investit dans l’artisanat traditionnel depuis 67 ans, se cache une étonnante collection d’objets d’art en cuivre. La scène, aux reflets brillants, fait presque penser à une peinture à l’huile.

Un salon de beauté et de coiffure est inondé de lumières projeté par des néons. Et lorsque l’on demande à la propriétaire quels produits se vendent le mieux, elle répond dans un sourire : « Les produits de beauté et de coiffure sont très populaires. De nos jours, les filles se maquillent souvent avant de sortir. »

Alors qu’un grand marché nocturne vient d’être construit à Kasghar, celui de la ville antique est appelé le « Vieux marché nocturne » par Salam. Autrefois, j’ai visité à plusieurs reprises ce marché nocturne, cette fois-ci j’ai découvert de nombreux nouveaux visages. La vendeuse de collations faites à base de poumon de mouton appartient à l’ethnie hui, alors que le vendeur de fondue chinoise épicée est un nouvel arrivant sur le marché qui se fait appeler Tang. He Ping, une fille han, explique que de nombreux habitants, appartenant à des ethnies minoritaires, adorent son tofu frit et qu’un grand nombre de clients l’ont ajoutée sur WeChat. Cui Yuying, qui vend des écrevisses et des crabes, discute avec le propriétaire ouïgour d’un stand à proximité et l’aide à arranger la vaisselle joyeusement.

« C’est une scène vivante de l’union nationale », lance Salam dans un excellent mandarin, suscitant l’admiration du vendeur de nouilles froides, qui prévoit lui aussi d’apprendre le langage parlé et écrit chinois standard.

Une union nationale qui apparaît plus que jamais indispensable. Dans les zones rurales du sud du Xinjiang, chaque famille a établi des liens étroits comme de proches parents avec des gens d’autres ethnies. Plus ils se rencontrent, plus leurs liens affectifs deviennent forts.

Nouvelles aspirations

Avec l’amélioration du niveau de vie, il y a une demande croissante pour une vie spirituelle plus riche. Toutes les communautés rurales que j’ai récemment visitées proposent des activités culturelles riches et colorées.

Dans le village de Towanki Markit, dans le bourg d’Algha du district d’Uchturpan, les villageois présentent des danses sur une place publique et des défilés de mode dans le parc écologique. Une pièce de théâtre y est organisée toutes les semaines et un concours de littérature et d’art est organisé tous les mois. Les villageois ont remporté le premier prix du concours de danse sur les places publiques organisé par le district.

Dans le village de Yingitur, dans le canton de Hanikatam du district de Kupa, les habitants ont mis en place une troupe de spectacle, de plus en plus populaire après une tournée de plus d’un an.

Chaque nuit, le village de Gulmele, du canton d’Anakul, dans le district de Maralbeshi, s’anime. Les habitants quittent leurs maisons pour se détendre dans le parc sur les berges de la rivière. Arzigul Imin y amène son fils tous les soirs et prend plaisir à regarder l’enfant jouer avec entrain. « Maintenant, notre vie est beaucoup plus douce ! » Muqamhan Yusuf renchérit : « Nos maisons sont maintenant devenues des “maisons avec vue sur la rivière”, et nous n’avons plus rien à envier aux citadins ! »

L’ensemble du village vient de sortir de la pauvreté. « Les habitants du sud du Xinjiang jouissent des politiques pour le bien-être de la population des meilleures et des plus étendues du pays », déclare avec émotion Liu Yi, premier secrétaire de la cellule du Parti du village issu de l’Administration des sports de la région autonome ouïgoure du Xinjiang. Depuis le IXe Congrès du Parti de la région autonome ouïgoure du Xinjiang, le travail visant à resserrer les liens entre le gouvernement et la population s’est intensifié, apportant les avantages des politiques du gouvernement à tous les foyers. Les habitants sont donc plus motivés pour contribuer au développement local.

À la fin de l’année dernière, Abduhekim Raziq a organisé son mariage au centre de services de son village, le village de Karamet, dans le canton de Tusala, dans le district de Hotan. Le mariage était simple et solennel, plein de saveurs modernes. « L’endroit a été fourni par le village. J’ai juste invité ma famille et mes amis. Nous avons préparé le pilaf, les fruits et les pâtisseries. » Le marié, vêtu d’un costume, tenait la main de la mariée, tandis que les gens dansaient et chantaient, envoyant des bénédictions. « Je suis heureux de voir que mon mariage est rempli de chants et de danses festifs, pleins de rires et de bonheur ! »

*SUI YUNYAN est journaliste pour Xinjiang Daily.

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