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Neuf mesures majeures dans le cadre de la bataille décisive contre la pauvreté

2019-10-25 La Chine au présent HUANG CHENGWEI

Depuis le XVIIIe Congrès du Parti communiste chinois (PCC), la Chine est entrée dans une nouvelle phase de réduction de la pauvreté. Considérant la lutte contre la pauvreté comme une tâche fondamentale et un indice révélateur de la construction globale d’une société de moyenne aisance, le Comité central du PCC, avec le camarade Xi Jinping comme noyau dirigeant, déploie une série de grands projets dans ce domaine, conjuguant les forces de tout le Parti et de toute la société.

Grâce à ces efforts, des progrès historiques ont été accomplis dans la lutte contre la pauvreté ces six dernières années : de nouveaux systèmes ont été établis pour améliorer la prise de responsabilités, les politiques, l’investissement, la mobilisation, la surveillance et l’évaluation ; en outre, la question de l’identité des acteurs et des bénéficiaires, ainsi que les méthodes d’octroi et de retrait des aides, ont fondamentalement été résolues. Sur la base du seuil de pauvreté officiel, le nombre d’habitants pauvres en milieu rural est passé de 98,99 millions en 2012 à 16,6 millions à la fin de l’année dernière, et le taux de pauvreté est tombé de 10,2 % à 1,7 %. Au cours de la même période, sur les 128 000 villages défavorisés à travers le pays, 102 000 sont sortis de la pauvreté ; de même que 436 districts des 832 districts pauvres. Par ailleurs, se nourrir et s’habiller sont des besoins élémentaires aujourd’hui assurés pour l’ensemble de la population. De plus, les difficultés liées au transport, à l’alimentation, à l’accès à l’eau courante et à l’électricité, à la communication, à l’éducation, à la santé et au logement ont été en grande partie réglées dans la plupart des régions.

En avril 2019, le secrétaire général du PCC, Xi Jinping, a présidé un symposium à Chongqing, lors duquel il a prononcé un discours important sur les « deux assurances et trois garanties » (besoins alimentaires et vestimentaires, couplés à l’accès à l’école obligatoire, aux soins médicaux et au logement) et les questions non résolues dans ces domaines. L’organisation de cette rencontre a souligné le fait que la Chine est entrée dans une période cruciale de sa bataille décisive contre la pauvreté. Dans cette période-clé, des résultats décisifs devraient être obtenus et venir consolider la confiance dans la victoire face à la pauvreté. Nous devons également comprendre pleinement les âpres défis qu’il faut encore relever et adopter des mesures plus efficaces, afin de réduire radicalement la pauvreté et de s’assurer une victoire globale contre la pauvreté.

Les difficultés à surmonter pour vaincre la pauvreté

Malgré les avancées de ces dernières années, la Chine doit encore trouver des solutions aux problèmes persistants qui l’empêchent directement de réaliser ses objectifs de lutte contre la pauvreté. Premièrement, la tâche consistant à éliminer la pauvreté absolue dans certaines zones demeure difficile. Dans les « trois régions et trois préfectures » (zones dans l’ouest de la Chine reconnues comme profondément défavorisées), le taux de pauvreté s’élève en moyenne à 8,2 %, et ce chiffre dépasse la barre des 10 % dans 98 districts extrêmement pauvres. La lutte contre la pauvreté sera donc une tâche des plus ardues, exigeant des efforts plus soutenus. Deuxièmement, des lacunes restent à combler dans les « trois garanties » susmentionnées. Côté éducation, on déplore encore des cas de décrochage scolaire, le manque d’internats dans les cantons et bourgs, ainsi que l’absentéisme chez les enfants de travailleurs migrants. Côté santé, certaines personnes pauvres ne cotisent pas à l’assurance maladie de base et ne se font pas soigner à temps lorsqu’ils sont atteints de maladies communes ou chroniques. Par ailleurs, les établissements de santé ne sont pas assez nombreux dans les zones défavorisées. Certains villages sont même totalement dépourvus de centres de soins et de médecins. Côté logement, de nombreuses familles démunies vivent dans des bâtisses en état de délabrement et beaucoup ne font pas encore l’objet d’une procédure de relogement. De nombreux habitants pauvres n’ont pas accès à l’eau potable.

En outre, certains points méritent encore d’être améliorés dans le travail de lutte contre la pauvreté : prise de responsabilités insuffisante qui sape la mise en œuvre, pratiques bureaucratiques et formalistes, falsifications des données, relâchement des efforts dès que les personnes démunies sortent de la pauvreté, détournement des fonds d’aide…

Des problèmes qui exigent une résolution sur le long terme sont peu à peu mis en évidence. Il convient, par exemple, de consolider les assises du développement industriel, de renforcer le suivi des ménages pauvres relogés dans des habitations neuves et de réveiller davantage la force endogène des démunis.

L’efficacité en matière de réduction de la pauvreté dépendra directement de la capacité du pays à résoudre radicalement ces problèmes en temps opportun. Pour ce faire, il est essentiel d’agir conformément aux grandes théories de Xi Jinping sur le travail de lutte contre la pauvreté et d’adopter des mesures globales classées par ordre de priorité, en vue de traiter les failles les unes après les autres.

Neuf mesures majeures pour résoudre les problèmes

1. Engager la responsabilité de tous les cadres dans le travail de mise en œuvre. L’ensemble des autorités des différentes régions doivent suivre les décisions du Comité central du PCC. La responsabilité de tous les cadres, quelle que soit leur position dans la hiérarchie, doit être engagée conformément à leur fonction. Il faut appliquer ce système de responsabilité pour former une grande force découlant de l’implication des secrétaires du comité du Parti à tous les échelons (province, district, ville, canton et village) et de la mobilisation de tout le Parti dans la lutte contre la pauvreté. Il est nécessaire de maintenir les efforts de lutte, d’affecter toutes les troupes à cette cause et de poursuivre le combat jusqu’à la victoire totale contre la pauvreté.

2. Intensifier le travail de lutte dans les zones extrêmement pauvres. Il faut élaborer et mettre en application des plans de lutte contre la pauvreté dans les « trois régions et trois préfectures » ainsi que dans les autres endroits frappés par la pauvreté absolue, et s’assurer du bon avancement des projets. Dans les districts et villages où le taux de pauvreté est élevé, il y a lieu de renforcer l’analyse des données et les enquêtes sur le terrain afin d’examiner une à une les causes de la misère. Parallèlement, il convient de renforcer le travail et l’investissement pour accélérer les résultats. Les nouveaux fonds, projets et mesures pour la réduction de la pauvreté visent principalement à éradiquer la pauvreté dans les zones extrêmement pauvres. Mais une fois que ces districts et villages défavorisés parviennent à se débarrasser de la pauvreté, il faut encore coordonner les ressources pour hâter l’avancement des travaux engagés.

3. Traiter les questions en suspens dans la réalisation des « deux assurances et trois garanties ». Conformément à l’approche « planification au niveau central, responsabilité au niveau provincial et mise en œuvre au niveau des districts et villes », il est indispensable d’engager la responsabilité de toutes les parties. Le groupe dirigeant du Conseil des affaires d’État pour la réduction de la pauvreté et le développement renforcera la coordination générale et l’orientation du travail. Le Comité central, les organes étatiques et les autorités compétentes doivent déterminer la priorité des projets, fonds de garantie et mesures. Toutes les autorités concernées s’attaqueront prioritairement aux lacunes en ce qui concerne les « deux assurances et trois garanties », en élaborant des plans, en clarifiant les normes et en définissant les politiques de soutien, ainsi qu’en renforçant la direction du travail local. Plus particulièrement, les gouvernements et comités du Parti au niveau des provinces, régions autonomes et municipalités assument la responsabilité générale de combler ces lacunes dans leurs juridictions respectives. Pour ce faire, ils renforcent le leadership organisationnel, élaborent des plans, actualisent les normes, coordonnent les ressources et conjuguent leurs efforts. Les gouvernements et comités du Parti au niveau des districts et villes ont la responsabilité principale de mettre en œuvre la lutte contre la pauvreté. Pour ce faire, ils vont s’enquérir de la situation sur le terrain, ils élaborent des plans d’action, ils coordonnent le travail relatif au déploiement du projet, à l’utilisation des capitaux, à la répartition des effectifs et à la mise en application, afin de pouvoir dresser des comptes-rendus au cas par cas. Il faut définir précisément les normes d’assistance aux pauvres, tout en planifiant et en intégrant les ressources.

4. Résoudre un à un les problèmes qui persistent dans le travail. Il faut mettre en place un système efficace de responsabilités, en établissant avec précision des normes de réduction de la pauvreté. Il convient de se prémunir contre tout écart aux mesures politiques lors de la mise en œuvre et de régler, en temps voulu, les lacunes qui demeurent dans l’accès à l’éducation, aux soins médicaux de base, au logement et à l’eau potable. Il y a lieu d’éviter à tout prix les pratiques formalistes et bureaucratiques, d’éviter d’imposer la responsabilité excessive et de réduire la charge de travail des cadres aux échelons de base. Il est urgent de mieux prévenir le risque de retour à la pauvreté, en s’efforçant d’améliorer la gestion des fonds affectés aux projets en la matière ainsi qu’en résolvant les irrégularités et non-conformités. Il est aussi nécessaire de combler les lacunes qui s’observent dans la coopération entre l’est et l’ouest de la Chine en matière de lutte contre la pauvreté.

5. Maintenir les efforts, même après la sortie de la pauvreté. La politique de réduction de la pauvreté doit rester inchangée : il faut maintenir le cap de la politique déployée tout au long du travail. Même si un village parvient à s’extirper de la pauvreté, le groupe de travail qui y est affecté doit continuer de fournir une assistance. Les fonds investis doivent rester tout aussi élevés : il faut continuer d’amplifier les fonds investis dans la lutte contre la pauvreté et le degré de supervision de ces fonds, afin de renforcer l’intégration des investissements dans l’agriculture.

6. Réduire radicalement la pauvreté et consolider les résultats afin d’empêcher le retour à la misère, en adoptant une approche multidimensionnelle. Il faut appliquer strictement les normes et procédures concernant les listes identifiant les districts, villages et individus pauvres, et veiller à aider véritablement ceux qui en ont le plus besoin. Il convient d’assurer un suivi en dressant un bilan des résultats obtenus et d’exploiter un mécanisme de surveillance et d’alerte pour contrecarrer la réapparition de la pauvreté. Il faut mettre en place un contrôle régulier et une gestion dynamique des populations qui vivent sous le seuil de pauvreté, qui viennent tout juste de sortir de la pauvreté ou qui sont pauvres et marginalisées, afin d’intégrer sans attendre aux campagnes d’aide les habitants qui sont nouvellement ou de nouveau frappés par la misère. Il est nécessaire d’établir un mécanisme à long terme pour réduire la pauvreté de manière soutenue, en renforçant le secteur industriel, en augmentant les moyens mis dans la formation, en promouvant la réorientation professionnelle vers les secteurs prometteurs, en continuant de prêter assistance aux populations relogées, l’objectif étant que ces pauvres trouvent une source stable de revenus leur permettant d’élever leur niveau de vie. Il faut allier davantage la lutte contre la pauvreté au renforcement des capacités et à la formation, pour faire en sorte que la réduction de la pauvreté soit portée par une force endogène durable.

7. Approfondir la coopération en matière de lutte contre la pauvreté entre l’est et l’ouest du pays et accroître l’assistance ciblée alouée par les entités du Comité central aux endroits pauvres désignés. Il faut accroître encore l’assistance et accélérer le versement des allocations, et veiller à ce que le nombre d’objectifs atteints soit en constante augmentation. Il convient de bien cibler les difficultés pour ajuster les mesures d’aide en conséquence, afin d’aider les zones bénéficiaires à bénéficier véritablement des « deux assurances et trois garanties ». Il est nécessaire de s’attaquer au fléau de la pauvreté absolue pour rendre la réduction de la pauvreté plus efficace. Chacun doit miser pleinement sur ses avantages propres pour trouver de nouveaux moyens d’assistance. Le projet de réduction précise de la pauvreté « 1 000 entreprises pour aider 1 000 villages » est à promouvoir, dans le but d’approfondir la lutte contre la pauvreté via la consommation, tout en mobilisant largement les organisations sociales et les citoyens pour cette cause.

8. Stimuler le renforcement des capacités. Il faut renforcer la formation des cadres à tous les échelons, afin d’améliorer leur aptitude dans le contexte de la réduction précise de la pauvreté. Il est nécessaire de cultiver l’esprit d’entreprise dans les villages pauvres, pour que la main-d’œuvre qualifiée décide de rester ou revenir sur sa terre natale, et pour que les personnes démunies sortent une bonne fois pour toutes de la pauvreté.

9. Renforcer la communication générale autour de la réduction de la pauvreté. Dans les districts, villes, cantons et villages où des résultats significatifs ont été obtenus dans la lutte contre la pauvreté, il faut dresser une synthèse résumant le travail mené, afin de fournir des ressources permettant de passer à la prochaine étape. Il convient de promouvoir vigoureusement les grandes réalisations, les expériences réussies et les modèles avancés en matière de réduction de la pauvreté, d’annoncer publiquement les normes et objectifs, et de sceller plus fermement les consensus entre les différentes sphères de la société. Il est indispensable d’améliorer les mécanismes de lutte contre la pauvreté, notamment en rehaussant la capacité à identifier, analyser et régler les problèmes sensibles dans l’opinion publique à ce sujet. Et pour finir, il reste à planifier le travail de réduction de la pauvreté après 2020.

HUANG CHENGWEI : chercheur et directeur du Centre national d’éducation et de communication pour la réduction de la pauvreté, relevant du Bureau du groupe dirigeant de la lutte contre la pauvreté et du développement du Conseil des affaires d’État

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