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70 ans de croissance et de réforme pour devenir une grande nation commerciale

2019-11-18 La Chine au présent LIU HONGKUI

La croissance et la réforme sont les facteurs fondamentaux derrière le développement et la croissance du commerce extérieur de la Chine, qui se poursuit depuis maintenant 70 ans. Après la fondation de la République populaire de Chine, un système économique et commercial socialiste indépendant, avec une planification hautement centralisée, a été établi. Un événement considéré comme un progrès important dans son histoire. Au cours des 40 années de réforme et d’ouverture, les produits de base exportés par la Chine se sont diversifiés et la structure des exportations s’est peu à peu apparentée à celle observée dans les économies développées. La structure des marchandises importées reflète certains progrès qui ont été atteints en Chine, à savoir : le développement en profondeur du processus d’industrialisation, l’amélioration des capacités nationales de fabrication et de traitement, l’optimisation des systèmes industriels, ainsi que de l’élévation du niveau de vie des habitants.

1949-1978 : mise en place d’un système de commerce extérieur indépendant

Avant 1949, les assises économiques de la Chine étaient très faibles et il manquait dans le pays un système industriel complet. Le commerce extérieur était dominé par les produits agricoles, les matières premières et les ressources naturelles, et le pays ne disposait pas d’un système de commerce extérieur indépendant. Par exemple, avant 1949, il n’existait qu’environ 4 600 entreprises impliquées dans le commerce extérieur dans les divers ports chinois, employant approximativement 35 000 salariés et cumulant un capital de 130 millions de yuans seulement. Seul un petit nombre de grandes entreprises affichaient un capital supérieur à 100 000 yuans à l’époque.

De 1950 à 1959, l’économie nationale et la production industrielle de la Chine se sont progressivement redressées et développées, et son commerce extérieur a suivi la même tendance. La République populaire de Chine, tout juste fondée, s’est efforcée d’établir un système de commerce extérieur indépendant. En novembre 1949, la Chine a créé le ministère du Commerce, qui comprenait le Département du commerce extérieur. En décembre 1950, la Chine a promulgué le Règlement provisoire sur le commerce extérieur, puis la Loi douanière provisoire. En 1952, la Chine a établi le ministère du Commerce extérieur, à dessein de gérer le commerce extérieur de manière centralisée et uniforme, d’examiner et d’approuver uniformément l’inscription au registre des diverses entreprises de commerce extérieur et de mettre en œuvre une gestion classifiée des produits d’importation et d’exportation.

Entre 1950 et 1959, le volume total des importations et des exportations chinoises est passé de 1,13 milliard à 4,38 milliards de dollars : le total des exportations a augmenté de 550 millions à 2,26 milliards de dollars, alors que le total des importations a augmenté de 580 millions à 2,12 milliards de dollars. Cette croissance significative du commerce extérieur a joué un rôle essentiel dans la reprise et le développement de l’économie chinoise.

De 1960 à 1969, le développement économique chinois a souffert, dans une certaine mesure, en raison de divers facteurs défavorables rencontrés aussi bien sur le territoire national qu’à l’étranger. Le commerce extérieur s’est développé en dents de scie, et l’import-export a connu une croissance lente.

À compter des années 1970, des changements positifs ont commencé à se produire dans l’environnement international, au profit de la Chine. Par ailleurs, les pays développés se sont mis à établir des relations diplomatiques avec la Chine. En 1971, la Chine a retrouvé son siège légitime à l’ONU. En 1972, la Chine et les États-Unis ont noué des relations diplomatiques. En 1975, la Chine a établi des relations économiques et commerciales officielles avec la Communauté européenne. Entre 1970 et 1978, le taux de croissance du commerce extérieur chinois a augmenté considérablement. Le volume total des importations et des exportations est passé de 4,59 milliards à 20,64 milliards de dollars, soit cinq fois plus, enregistrant un taux de croissance annuel moyen de 10,91 % : d’un côté, la valeur totale des exportations a augmenté de 2,26 milliards à 9,75 milliards de dollars, soit cinq fois plus, avec un taux de croissance annuel moyen de 10,79 % ; de l’autre, la valeur totale des importations a augmenté de 2,33 milliards à 10,89 milliards de dollars, soit cinq fois plus, avec un taux de croissance annuel moyen de 11,02 %.

Le commerce extérieur a joué un rôle clé dans la promotion de la production industrielle chinoise. La Chine a importé une grande quantité de machines et d’équipements, a introduit de nombreuses technologies avancées et a fait venir bon nombre de matières premières et pièces industrielles, ce qui a joué un rôle non négligeable dans la mise en place et l’optimisation du système industriel chinois. De 1953 à 1962, la part représentée par les machines et équipements dans les importations atteignait 40 %. De 1972 à 1977, la Chine a fait entrer sur son territoire 222 articles de catégorie technologies, machines et équipements, en provenance d’une dizaine de pays développés tels que les États-Unis et le Japon, d’une valeur totale estimée à 3,96 milliards de dollars. Les matières premières industrielles représentaient une proportion élevée des importations chinoises, et cette proportion avait tendance à augmenter d’année en année. Au début des années 1960, les matières premières industrielles ont pris le pas sur les machines et équipements, et ont bientôt occupé la plus grande part des importations chinoises. Passé les années 1960, cette part des matières premières a même dépassé la barre des 50 %.

Au fil de l’amélioration du système industriel, les avantages comparatifs des exportations chinoises ont changé et la structure des exportations a été optimisée de jour en jour. De 1953 à 1970, la part des produits manufacturés industriels dans les exportations chinoises a grossi, de 2,11 % à 10,5 %. Dans les années 1970, cette proportion a continué d’augmenter, jusqu’à atteindre 45,3 % en 1978.

Globalement, le commerce extérieur de la Chine au cours des 30 années qui ont précédé la réforme et l’ouverture a permis d’atteindre des résultats remarquables, notamment la reprise, le développement et l’optimisation structurelle. Il a garanti l’équilibre de base de la balance des paiements chinoise et assuré le budget équilibré du pays, tout en stimulant le développement stable de l’économie nationale.

1979-2019 : croissance à grande vitesse et modernisation structurelle

En 1978, la 3e session plénière du XIe Comité central du Parti communiste chinois (PCC) a décidé de recentrer son travail sur la construction économique du pays. La Chine est alors entrée dans une nouvelle ère de réforme et d’ouverture, et le commerce extérieur s’est engagé sur la voie rapide de la croissance et de la modernisation structurelle. Pour encourager le développement du commerce extérieur, la Chine a progressivement mis en application sa politique d’ouverture sur l’extérieur, en commençant par les zones côtières. En mai 1980, le Comité central du PCC et le Conseil des affaires de l’État ont ensemble pris la décision de créer quatre zones économiques spéciales à Shenzhen, Zhuhai, Shantou et Xiamen. En avril 1988, la province de Hainan a été ajoutée à la liste. Depuis lors, la Chine a approuvé la création de 15 villes côtières ouvertes aux investissements étrangers et dotées d’une certaine autonomie en matière de commerce extérieur. Dans ces villes côtières ouvertes, de 1984 à 1986, la Chine a aménagé 14 zones nationales de développement économique et technologique. Et leur nombre a continué de croître. En septembre 2015, la Chine avait établi 219 zones de ce type.

Depuis le XVIIIe Congrès du PCC, la Chine a accéléré son ouverture sur l’extérieur. Afin de se conformer aux règles et normes du commerce international, elle a approuvé la création de 12 zones pilotes de libre-échange entre 2013 et 2018. En octobre 2017, le président chinois Xi Jinping a souligné dans son rapport au XIXe Congrès du PCC que la Chine accorderait plus de pouvoirs aux zones pilotes de libre-échange, afin qu’elles puissent mener d’autres réformes et se lancer dans l’ouverture de ports de libre-échange. Ces mesures de réforme ont considérablement favorisé le développement du commerce extérieur de la Chine.

De 1979 à 2018, le volume total des importations et des exportations de la Chine est passé de 29,34 milliards à 4 623 milliards de dollars, soit un taux de croissance annuel moyen de 14 %. La Chine a troqué sa 30e place au classement du commerce mondial des marchandises pour se hisser au premier rang. Depuis 2009, la Chine a conservé le statut de plus grand exportateur de marchandises au monde et de deuxième importateur. Entre 1979 à 2018, la valeur totale des exportations chinoises a augmenté de 13,66 milliards à 2 487,4 milliards de dollars, soit 182 fois plus ; la valeur totale des importations chinoises a, elle, augmenté de 15,67 milliards à 2 135,64 milliards de dollars, soit 136 fois plus. Avant le début de la réforme et de l’ouverture, la Chine était, la plupart des années, un pays à la balance commerciale déficitaire. Par la suite, elle est devenue progressivement un pays à la balance commerciale excédentaire.

De 1990 à 2018, la Chine a maintenu son excédent commercial. Le commerce extérieur a permis à la Chine d’accumuler des réserves de change, finançant ainsi l’importation de technologies et d’équipements avancés, ainsi que la rémunération des experts et techniciens étrangers, lesquels ont fortement soutenu le développement économique de la Chine. Ces devises accumulées ont également offert à la Chine la possibilité d’investir à l’étranger. Grâce à ces investissements, d’une part, la Chine a pu tirer parti des technologies de pointe et apprendre de l’expérience des pays étrangers sur le plan de la gestion. D’autre part, elle est aujourd’hui en mesure d’aider les pays et régions sous-développés à améliorer leurs infrastructures, à accélérer leur développement économique et à créer des emplois. Par exemple, les investissements chinois en Afrique ont permis à 100 000 Africains de trouver un poste.

Outre le commerce de marchandises, le commerce de services s’est aussi développé rapidement en Chine. Selon des statistiques chinoises, la valeur totale des importations et exportations de services en 2018 se montait à 5 240,2 milliards de yuans, soit une croissance de 11,5 % par rapport à l’année précédente. Parmi ces données, les exportations de services ont atteint 1 765,8 milliards de yuans, en hausse de 14,6 % ; les importations de services ont atteint 3 474,4 milliards de yuans, en hausse de 10 %.

Nouvelle zone de Lingang dans la zone pilote de libre-échange de Shanghai

En 2001, la Chine a adhéré à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). La part des importations et des exportations de la Chine dans le total mondial a dès lors augmenté de façon régulière. En 1979, les importations et les exportations chinoises de marchandises ne représentaient que 0,87 % du total mondial, les exportations comptant pour 0,82 % et les importations comptant pour 0,92 % dans le total mondial. Cependant, en 2018, la proportion des importations et exportations chinoises dans le commerce de marchandises mondial a atteint 11,77 %, les exportations représentant 12,77 % du total mondial et les importations, 10,79 % du total mondial. La Chine est ainsi devenue la première nation commerciale au monde.

Alors que le volume total du commerce extérieur a augmenté rapidement, la structure des importations et des exportations de la Chine, de son côté, a été optimisée en permanence. Les entreprises à capitaux étrangers ont joué un rôle indéniable dans cette transformation.

Tout d’abord, en ce qui concerne la structure des exportations, la Chine s’est détournée des produits primaires au profit des produits manufacturés industriels. De plus, la structure des exportations des produits manufacturés industriels s’améliore de nos jours : la proportion des machines et équipements de transport à forte intensité de capital et de technologies augmente, tandis que celle des textiles et produits en caoutchouc diminue. Plus spécifiquement, au stade initial de la réforme et de l’ouverture, les exportations chinoises de produits primaires et de produits manufacturés industriels étaient équitablement réparties, pesant les unes et les autres pour environ 50 %. Ultérieurement, la proportion des exportations de produits primaires a décliné. En 2018, elles ne représentaient plus que 5,4 % du total des exportations chinoises, tandis qu’à l’inverse, la proportion des produits manufacturés industriels a fortement augmenté. En 2018, celle-ci a grimpé jusqu’à 94,6 %, un taux révélateur du niveau d’industrialisation assez élevé qu’a atteint la Chine. En outre, parmi les produits manufacturés industriels exportés, la part des machines et équipements de transport monte en flèche, celle-ci étant passée de 4,7 % en 1979 à 48,6 % en 2018. La part des textiles et autres produits industriels légers ainsi que des produits en caoutchouc, des produits miniers et métallurgiques affiche en revanche une tendance à la baisse, celle-ci étant passée de 22,1 % du total des exportations en 1979 à 16,3 % en 2018. Quant à la proportion de produits chimiques et autres produits connexes, elle est restée fondamentalement stable.

Côté structure des importations, les produits primaires représentent une proportion modérée, tandis que les produits manufacturés industriels représentent une proportion relativement élevée. Parmi eux, les importations de machines et d’équipements de transport constituent le pilier. Au début de la réforme et de l’ouverture, les importations chinoises de produits primaires ont fortement chuté, leur part dans le total des importations totales étant passé de 39,6 % en 1982 à 12,5 % en 1985. Après quoi, ces importations chinoises de produits primaires ont vite connu un rebond et leur proportion a continué d’augmenter pour atteindre 32,9 % en 2018. Une hausse principalement due à l’énorme demande chinoise en matières premières et en énergies, celles-ci étant nécessaires pour maintenir la production industrielle du pays et son secteur de la fabrication orientée vers l’exportation. à contrario, les importations chinoises de produits manufacturés ont augmenté dans un premier temps, leur part dans le total des importations totales étant passé de 60,4 % en 1982 à 80,75 % en 1985, principalement parce que la Chine avait besoin de machines et d’équipements en grandes quantités pour augmenter sa capacité de production industrielle aux premiers jours de la réforme et de l’ouverture. Ces importations de produits manufacturés ont ensuite commencé à décroître, jusqu’à atteindre 67,1 % en 2018. Le déclin enregistré au cours de cette période était principalement imputable à l’amélioration continue du système chinois de fabrication ainsi qu’à l’augmentation conséquente de son autosuffisance en machines, équipements et pièces détachées et composants qui sont destinés au secteur manufacturier.

Enfin, il convient de souligner que les investissements directs étrangers ont joué un rôle décisif dans la reprise rapide et le développement du commerce extérieur de la Chine. Les exportations des sociétés à capitaux étrangers implantées en Chine ont augmenté rapidement dès le début de la réforme et de l’ouverture : leur part dans les exportations totales de la Chine est passée de 0,044 % en 1980 à 58,3 % en 2005. Depuis 2006, ce chiffre est en recul, mais leur proportion reste tout de même élevée. En 2018, elle atteignait encore 41,7 %. Les entreprises à capitaux étrangers ont apporté dans leurs bagages des machines et équipements avancés, ainsi que des concepts de gestion et des techniciens expérimentés, qui ont permis à la Chine de s’intégrer sans tarder au système de production mondial et qui ont contribué à la croissance rapide du commerce extérieur du pays.

En 70 ans, la Chine est devenue une grande nation commerciale mais pas encore une puissance commerciale. À l’avenir, la Chine continuera à élargir son ouverture et à étendre sa coopération économique internationale, à participer à la mondialisation économique ainsi qu’à générer un profit partagé et des résultats gagnant-gagnant en collaborant avec ses partenaires commerciaux.

*LIU HONGKUI est chargé de recherche à l’Institut d’économie de l’Académie des sciences sociales de Chine.

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