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Interdiction de pêcher : le renouveau du fleuve Yangtsé

2019-03-07 Xinhua

Crédit photo: CNS

Zhu Changhong est pêcheur. C'est son père qui lui a appris le métier. Mais à 53 ans, il doit faire ses adieux à son bateau et à son équipement : il est désormais interdit de pêcher sur un bras de 58 km du fleuve Yangtsé, afin de protéger le marsouin aptère.

L'interdiction est tombée début 2019, et Changhong soupire : "nous pêchions sur le fleuve depuis des générations. C'est le gagne-pain de notre famille". Il se rappelle pourtant, autrefois, qu'il aimait observer les marsouins près du rivage, en quête de petits poissons.

Mais au fil du temps, ces cétacés d'eau douce - parmi les derniers au monde - ont peu à peu disparu, terrifiés par l'afflux de bateaux de pêche.

"J'ai vu de marsouins qui avaient succombé aux blessures infligées par les pâles des navires ", se rappelle Changhong, avant d'expliquer que lui-même, ainsi que le millier de pêcheurs du village de Datong, dans la province de l'Anhui (est), comprenaient les raisons de l'interdiction. Les autorités locales, conscientes des enjeux, ont par ailleurs fait le nécessaire pour les aider à retrouver un emploi.

Afin de protéger les stocks halieutiques du Yangtsé, une interdiction annuelle est en vigueur depuis 2003. Cette interdiction laisse les pêcheurs sans activité trois mois par an. Elle a d'ailleurs été étendue à quatre mois en 2016, entre le 1er mars et le 30 juin.

La section de rivière où Zhu Changhong réside a été transformée en réserve naturelle nationale pour les dauphins d'eau douce de Tongling en 2000, afin de protéger l'espèce. Une espèce sur le point de s'éteindre, avec une population de seulement 1.000 individus dans la voie principale du Yangtsé, selon des recherches menées en 2017.

"Je m'attendais à ce qu'une interdiction complète de pêcher survienne tôt ou tard", dit Changhong. Mais quand ce jour est finalement arrivé le 1er janvier, le pêcheur n'a pu contenir ses larmes. Son bateau de 12 mètres, acheté il y a cinq ans, resterait désormais amarré au port.

Zhu Changhong devrait recevoir une compensation de 120.000 yuans (environ 18.000 dollars) pour la perte de son entreprise familiale. Lui et son épouse, ont été recrutés par le bureau administratif de la Réserve nationale, dans une équipe de patrouille chargée de signaler les traces du marsouin aptère, et de déblayer les déchets flottants.

Son nouvel emploi permet à sa famille de continuer à vivre au bord du fleuve, mais d'une manière différente.

"Nous patrouillons sur 10 à 15 km en moyenne chaque jour, et nous ramassons environ 200 kg de déchets", précise l'ancien pêcheur. Le couple gagne 600 yuans par jour.

L'interdiction a d'ailleurs eu une conséquence inattendue : avec moins de navires sur la rivière, les marsouins aptères se sont habitués aux patrouilleurs. "Je peux maintenant m'approcher à trois ou quatre mètres. Cela me rappelle mon enfance", se félicite-t-il. "C'est enrichissant de protéger ces anges du fleuve Yangtsé."

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