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Rencontre avec l'un des derniers disquaires de Pékin

2019-09-06 Xinhua

Des vinyles, des CD, des cassettes ... A l'ère du numérique, ces mots ont un petit air désuet, mais pas pour An Peng, qui a réalisé son rêve de tenir un magasin de disques à Pékin. Et ce rêve dure depuis 20 ans.

Chez ce disquaire, l'un des derniers de la capitale, des clients parcourent les étagères pleines de disques tandis que d'autres, assis dans un canapé, écoutent les yeux fermés les vinyles qu'ils ont choisis et qui tournent sur la platine du magasin.

Le bras de la platine glisse sur la galette noire, plongeant le magasin de 20 mètres carrés dans l'atmosphère de la musique classique, emportant les clients présents.

Ces dernières années, la consommation de musique en ligne a explosé et il est difficile de trouver un magasin de disques comme celui de M. An.

Son magasin, Cool Music, est situé dans la rue Dongsi, une vieille rue du centre-ville de Pékin.

"Les gens poussent rarement la porte d'un magasin pour acheter des disques de nos jours. Ils préfèrent ouvrir des applications sur leur téléphone portable et écouter de la musique de cette façon", déplore-t-il.

Lorsqu'il était enfant, la musique était son passe-temps favori et son rêve a toujours été d'ouvrir un magasin de disques.

En 1999, An Peng, âgé alors de 23 ans, a ouvert à Pékin son premier magasin de disques. "C'était le moment idéal pour le marché du disque", explique-t-il. Son premier magasin, d'environ 500 mètres carrés, a ouvert ses portes dans le quartier animé de Dongdan.

Au fil des ans, le magasin de M. An a déménagé à cinq reprises et s'est finalement installé là où il se trouve encore aujourd'hui.

"Dans une certaine mesure, la taille de mon magasin reflète les hauts et les bas du marché du disque", sourit M. An.

"Il y avait des milliers de magasins de disques à Pékin, mais maintenant, il n'en reste plus que quelques-uns, qui résistent difficilement", constate-t-il.

Avec un loyer qui ne cesse d'augmenter, An Peng reconnaît qu'il ne fait pas un bénéfice énorme avec son magasin. "C'est la passion qui compte", répond-il lorsqu'on lui demande les raisons de sa persévérance. "Je ressens une immense satisfaction lorsque je partage une belle musique avec d'autres."

Certains disent que les ventes d'albums sont inversement proportionnelles à la croissance des services de streaming, mais il y aura toujours des fidèles qui préféreront écouter de la musique d'une manière traditionnelle.

"Les vrais fans ne sont jamais partis", affirme An Peng, constatant que certains clients suivent son magasin depuis 20 ans, venant même d'autres villes, ou même d'autres pays. "Certains clients étrangers viennent chez moi pour des disques classiques."

M. Ma, un habitué du magasin, est un ami depuis plus de dix ans. Il vient tous les mois pour écouter de la musique.

"J'étais lycéen la première fois que je suis entré à Cool Music. Maintenant, je viens ici de temps en temps avec mon fils adolescent", explique M. Ma, ajoutant que son fils est aussi un amateur de musique.

"Entre trouver un bon album dans un magasin et l'acheter en ligne, il y a une vraie différence", explique M. Ma. "Je peux bavarder et échanger des avis avec An Peng et d'autres amateurs de musique. La musique nous unit."

"Certains disent que les disques vinyles finiront par disparaître et seront remplacés par la musique dématérialisée, mais je n'y crois pas", affirme An Peng, ajoutant que seuls les disques offrent la forme de musique la plus pure et la plus vraie.

Il a même constaté que le nombre des amateurs de disques avait augmenté dans son magasin, de plus en plus d'adolescents découvrant l'attrait du vinyle.

Quant à l'avenir, il n'est pas inquiet. "Ce sont les magasins de vidéo qui ont disparu. Les magasins de disques existeront toujours." Il en est certain et il continuera à tenir son magasin, à alimenter sa passion pour la musique et à poursuivre son rêve.

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