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Le photographe Roland Michaud est mort

2020-06-05 Chine-info Emmanuel Lincot

« Il ne faut voir chez les autres que ce qui est meilleur que chez soi... » : cette déclaration tenait lieu de devise pour celui qui, sa vie durant, d’abord seul puis en compagnie de son épouse Sabrina, elle-même photographe, ou de son frère, devait parcourir l’ensemble des pays d’Islam, de l’Inde et de la Chine, ses trois passions. C’est en 1965 qu’il se rend d’abord en Chine puis ses séjours s’y multiplient à partir des années 80, jusqu’à s’y rendre quatorze fois. La Chine qu’il photographie semble appartenir à une époque révolue, un temps d’avant les menaces terroristes et, surtout, d’avant la fermeture générale des frontières liée à l’épidémie de Covid-19. Un temps, aussi, où l’Asie était moins une destination touristique prisée qu’un continent riche en mystères et en leçons de sagesse pour les Occidentaux. Toujours poétiques et harmonieuses, les images de Roland Michaud se voulaient porteuses de valeurs humaines universelles : pour lui, il s’agissait de montrer que « le paysan chinois et celui des Cévennes sont un même homme ». Son premier livre sur la Chine est publié à l'Imprimerie Nationale en 2000 sous le titre La Grande Muraille de Chine.

Il est accompagné de textes écrits par un militaire de carrière, Michel Jan, et retrace à travers les âges et les régions traversées les grandes étapes historiques de cet édifice majeur. Huit ans plus tard, après avoir été accompagné dans maintes provinces de Chine par le peintre Da Hai, le couple Michaud publie un autre livre édité cette fois-ci avec des textes du sinologue Cyrille Javary. La Chine dans un miroir est déjà une synthèse comparative entre cette Chine rurale qui progressivement s’efface au profit des villes et les autres régions de l’Asie que les Michaud auront arpenté durant près de soixante ans. Cet ouvrage leur vaudra de recevoir le Prix des lecteurs du magazine Chine Plus (catégorie culture). Le couple de photographe-voyageurs se voit attribuer en 2015 le Prix International Planète Albert Kahn (catégorie Photographie) pour l’ensemble de son œuvre. Elle constitue une mémoire photographique unique en son genre d’autant que tout au long de sa carrière, le couple était resté fidèle à la photographie argentique. L’un des derniers photographes humanistes est mort. Reste son œuvre à revoir ou à découvrir.

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