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Le chinois de toutes les couleurs (1) – La leçon de chinois

2020-09-11 Le 9 Joël BELLASSEN

Phénomène de langue

Le lexique des couleurs est une entrée dans une langue donnée riche en interrogations, eu égard au fait que la couleur est au croisement d’un phénomène sensible, physiologique, langagier et culturel, et on en viendra assez vite à se demander si on voit « la vie en rose » et si on est « vert de rage » dans toutes les langues. Disons d’emblée que la façon dont le chinois désigne et voit les couleurs est riche de surprises. Intéressons-nous d’abord à un terme chinois fondamental dans le lexique des couleurs : 青 qīng. Si l’on cède au geste bien naturel de consulter le dictionnaire, cela nous en fera voir de toutes les couleurs… Un dictionnaire de référence nous indique en effet que 青 qīng signifie tout à la fois : « le vert des feuilles d’arbres au printemps », le verdâtre, le bleu azur, le bleu-vert, le blanc laiteux du ciel aux premières lueurs du jour, le teint gris ou pâle d’une personne et, last but not least, …noir ! Il faudra à l’apprenant en chinois quelques connaissances de l’environnement culturel chinois pour faire le bon choix face à des mots composés tels que 青衣 qīngyī, « le vêtement noir » (et non bleu ou vert…), nom sous lequel on désigne un des rôles féminins dans l’opéra chinois, ou encore 青牛 qīngniú, le « buffle noir » (et non « vert »).

On croit pouvoir enfin identifier le faisceau de sens qui se cache derrière qīng en repérant dans le dictionnaire le mot qīngsè, littéralement « couleur qing », mais las ! c’est pour y lire que ce terme désigne « une couleur définie de façon variable selon le contexte : bleu verdâtre ; glauque ; bleu-azur ; bleu marine » !...

Alors, flou conceptuel chinois ? Il conviendrait en fait de méditer l’explication de la tradition chinoise sur cette couleur comme celle « du lointain des montagnes » et de remarquer qu’en effet, par temps clair au printemps et en été, l’humidité de l’air est telle en Chine que les paysages au loin sont d’une couleur qui tire tout à la fois vers le vert sombre, le bleuté, le blanc laiteux et le sombre tout court. Bref, qu’ils sont d’une couleur qing

Le caractère du mois

LA CLÉ DES SIGNES

Le sinogramme 酒 est composé de la clé de l’eau à gauche et de la jarre à alcool. Ce dernier composant est lui-même une des clés de l’écriture chinoise qui renvoie aux boissons fermentées : 醉 (zuì : ivre), 醋 ( : vinaigre), 酱 (jiàng : sauce épaisse de soja).

MOTS

敬酒 jìngjiŭ : porter un toast [marquer du respect par l’alcool]

酒菜 jiŭcài : hors-d’œuvre (accompagnant l’alcool) [légumes à alcool]

酒家 jiŭjiā : restaurant [foyer de l’alcool]

酒意 jiŭyì : griserie [idées alcoolisées]

喜酒 xĭjiŭ : banquet de noces [alcool de réjouissances]

EXPRESSIONS

茶余酒后 chá yú jiŭ hòu : moments de loisirs [après le thé et l’alcool]

花天酒地 huā tiān jiŭ dì : faire la noce [ciel fleuri et sol recouvert d’alcool]

酒肉朋友 jiŭ ròu péngyou : compagnon de plaisirs [ami de l’alcool et de bonne chère]


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