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Une rencontre historique pour relancer le dialogue entre la Chine et le Vatican

2020-02-21 Chine-info Emmanuel Lincot

Alors que la Chine est tout entière occupée à combattre l’épidémie de coronavirus et que cette crise humanitaire y bouleverse l’agenda politique (au point de mener à un report sans précédent de la session annuelle du Parlement, prévue le mois prochain), sa diplomatie n’en reste pas moins active. La preuve par cette rencontre vendredi 14 févrieren marge d’une conférence internationale sur la sécurité à Munich : elle a pour la première fois mis en présence les ministres des Affaires étrangères de la Chine et du Saint-Siège.

Mgr Paul R. Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, et le ministre chinois des affaires étrangères Wang Yi se sont rencontrés. Jamais, jusqu’ici, des responsables officiels du Vatican et de Pékin ne s’étaient officiellement rencontrés à un aussi haut niveau, alors même que le Saint-Siège et la République populaire de Chine n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1951. « C’est aujourd’hui la première rencontre entre des ministres des affaires étrangères de Chine et du Vatican, s’est félicité Wang Yi, selon le Quotidien du peuple. Cela ouvrira davantage d’espace pour les futurs échanges entre nos deux parties ». Selon un communiqué du Saint-Siège, cette rencontre, « dans une atmosphère cordiale », a permis aux deux hommes d’évoquer le « développement positif » des relations entre la Chine et le Vatican, notamment depuis l’accord de septembre 2018 sur la nomination des évêques catholiques en Chine.

Premier pape jésuite de l’histoire, François saura peut-être donner une impulsion nouvelle aux relations entre la chrétienté et Pékin, à l’instar du premier sinologue jésuite que fut l’Italien Matteo Ricci (1552-1610). Hasard du calendrier : l’élection du cardinal argentin Bergoglio sur le siège de Pierre coïncidait à quelques heures près avec celle du chef du Parti Communiste Chinois (PCC), Xi Jinping, à la présidence de la République populaire de Chine. Hua Chunying, alors porte-parole du ministère des affaires étrangères, avait « félicité » au nom de l’État chinois « le cardinal Bergoglio pour son élection en tant que nouveau pape ». En août 2014, le survol du territoire chinois à destination de la Corée du Sud par le Saint Père avait été interprété comme un signe de rapprochement notoire. Au-delà des enjeux diplomatiques rappelons que le Pape François semble bénéficier d’une aura très réelle auprès de la population chinoise. A l’instar du Président Xi Jinping, il est apprécié pour ses initiatives en matière de lutte contre la corruption. Ces assauts d’amabilité entre les chancelleries sont bien davantage qu’un symbole. Ils pourraient donner lieu à une reconnaissance diplomatique entre les deux États.

Photo © DAN Yuqi / Xinhua

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