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[Exclusif] Comment la Chine tente d’éviter une 2e vague de l’épidémie

2020-09-16 Chine-info Camille-Yihua Chen

Quels que soient leurs motifs de déplacements en Chine, les personnes qui arrivent de l’étranger doivent tous, sans exception, respecter les mesures de mise en quarantaine.

Bien qu’elle ait obtenu des résultats extrêmement positifs dans sa lutte contre la Covid-19, la Chine continue à appliquer des mesures de prévention draconiennes. Notamment à l’égard des personnes qui arrivent de l’étranger, comme en témoigne ma propre expérience.

Munie d’un visa de trois mois, j’ai pris le vol CA 934 d’Air China pour un trajet Paris-Pékin le 2 septembre. Chose surprenante : les repas qu’on nous a servis pendant le vol étaient... très froids, comme tout droit sortis d’un congélateur. Chaque passager avait droit à un menu simple, avec un petit pain, un sachet de légumes salés, une barre de chocolat et un yaourt. Selon une hôtesse de l’air, il s’agissait d’aliments préalablement soumis à un traitement anti-bactérien. Les personnels de l’équipage – hôtesses de l’air, stewards, etc. – étaient tous vêtus d’une combinaison de protection, tandis que les passagers devaient tous sans exception porter un masque, et ceci sans interruption durant les 9h et 20 mn de vol.

Mais les choses sérieuses ont réellement commencé lorsque nous sommes arrivés en Chine. Au lieu de se poser à Pékin, sa destination finale, notre avion a atterri à Tianjin, ville située à environ 110 km de la capitale chinoise. C’est à Tianjin que tous les passagers du vol CA 934 doivent passer 14 jours confinés dans un hôtel, avant de poursuivre leur trajet vers Pékin.

Contrôles à l’aéroport

Une fois arrivés à l’aéroport de Tianjin, nous avons été dirigés vers une zone spéciale dédiée aux contrôles sanitaires. Les uns après les autres, nous avons dû répondre à un questionnaire sur nos antécédents médicaux, notre état de santé actuel, nos précédents déplacements à l’étranger au cours des six derniers mois, etc. Le personnel soignant a pris notre température puis nous a photographiés. À la suite de quoi, chacun d’entre nous a dû se soumettre à un test de dépistage PCR – lequel est effectué au moyen d’une tige de 15 cm qu’on nous enfonce dans la narine.

Environ une heure et demie plus tard, un autocar est venu nous chercher devant une sortie de l’aéroport pour nous emmener à l’hôtel Liyumen Grand Hotel. Situé à Binhai, un nouveau quartier à environ deux heures de voiture de l’aéroport : Liyumen Grand Hotel est le lieu où nous devons rester confinés pendant 14 jours.

Aucun contact avec l’extérieur

C’est un hôtel 4 étoiles à deux étages, construit dans le style traditionnel chinois avec une cour intérieure et de jolis balcons à l’ancienne. À l’arrivée, nous avons reçu une note de trois pages énonçant les 21 mesures de précaution à respecter. En voici les plus importantes :

1) Une prise de température deux fois par jour, le matin à 9h et l’après-midi à 15h. Les résultats sont à envoyer à l’équipe médicale via Wechat. En cas d’oubli, un rappel nous est envoyé, également via Wechat.

2) L’interdiction de quitter sa chambre ou d’aller discuter dans la chambre de son voisin, sous peine de voir sa période de confinement se prolonger.

3) L’interdiction pour un couple de vivre dans la même chambre.

4) Le nettoyage régulier, par nous-mêmes, des meubles et du WC de notre (spacieuse) chambre avec des produits sous forme de cachets à dissoudre dans l’eau et un chiffon prévu à cet effet.

5) Un test PCR à passer 24 heures avant la fin du confinement, moyennant 120 yuans par test et par personne.

Une équipe de restauration nous livre trois repas par jour : le petit-déjeuner à 6h, le déjeuner à midi et le dîner à 18h. Les repas sont déposés devant notre porte, sur une table ronde enveloppée d’un grand sac noir. Ils sont délicieux et abondants mais, faute de pouvoir faire du sport à l’extérieur, je manque d’appétit et je mange très peu. Situation qui m’indispose : alors que la télévision diffuse plusieurs fois par jour un message sur la lutte contre le gaspillage alimentaire, devenu un fléau national, je me vois contrainte de jeter 80 % des aliments qui me sont livrés...

Je suis venue en Chine pour voir mon père qui, gravement malade, est hospitalisé dans un hôpital de Pékin. Dès mon arrivée à Liyumen Grand Hotel, j’ai fait valoir des raisons humanitaires auprès de la direction de l’hôtel dans l’espoir d’être dispensée du confinement et d’aller directement à Pékin le plus tôt possible. La direction de l’hôtel, quant à elle, a tenté d’obtenir auprès des autorités sanitaires de Tianjin et de Pékin une autorisation spéciale pour moi. Sans succès : en cette période si spéciale, l’intérêt général de la nation prime sur l’intérêt individuel.

Camille-Yihua CHEN est auteure, spécialiste des questions économiques et rédactrice en chef adjointe à Mandarin TV.

Photo © CHENG Min/Xinhua

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