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La République Populaire de Chine fête son soixante-dixième anniversaire

2019-10-01 Chine-info Emmanuel Lincot

Célébrant le soixante-dixième anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, les commémorations grandioses du 1er octobre sur la place Tiananmen et dans le reste du pays exaltent les nombreuses réalisations de la société chinoise. Jamais la notion de « renaissance » (fuxing) ne semble y avoir trouvé un tel écho.

En soixante-dix ans, la Chine aura connu bien des vicissitudes et des transformations radicales. Celles liées à des phénomènes de ruptures tout d’abord : un État-continent qui s’élève au rang de grande puissance industrielle en tournant le dos à une société rurale et archaïque, et une population dont l’espérance de vie est désormais comparable à celle des pays occidentaux avec un niveau d’éducation qui n’a jamais cessé de croître. Jamais le développement humain (hygiène, éducation, vie matérielle…) n’a connu ailleurs qu’en Chine de telles phases d’accélération. D’un pays misérable, la Chine est devenue pour nombre d’observateurs issus du Tiers-Monde une référence. Et pour cause: cette résilience chinoise n’est pas le fait d’un quelconque miracle mais bien du travail et de son peuple et des choix stratégiques de ses dirigeants. Ceux de Mao Zedong, en premier lieu, dont l’obsession est de donner à la Chine, dans le contexte de la guerre froide, les seuls atouts possibles lui permettant de se faire respecter. Ainsi, Pékin se dote-t-il, en 1964, de l’arme suprême : la bombe nucléaire. La même année, la France du général De Gaulle reconnaît Pékin. Sept ans plus tard, la République populaire de Chine intègre le Conseil de sécurité de l’ONU. Le mantra de la politique étrangère chinoise repose sur deux principes fondamentaux : indépendance et souveraineté. Les successeurs de Mao Zedong les ont respectés à la lettre en les étendant à tous les secteurs de l’activité. Économiques notamment dont Deng Xiaoping est passé maître avec la création des premières Zones Économiques Spéciales (ZES). Situées pour les premières sur le littoral, elles ont ensuite innervé les régions de l’ouest pour maintenir une dynamique de croissance nationale. Continuum remarquable dans les choix de politique économique au nom d’une cohésion d’ensemble à laquelle la nation est plus que tout attachée, et au nom d’un héritage marxiste qui n’est pas un vain mot pour les autorités centrales : l’égalité. L’inauguration de la ligne ferroviaire Pékin-Golmud-Lhassa, en 2006, est l’un de ces nombreux symboles qui exaltent l’unité nationale ou la fierté recouvrée aux yeux de l’étranger, et de l’Occident plus particulièrement, comme le rappellent avec force les Jeux Olympiques de Pékin, en 2008.

Avec les « Nouvelles Routes de la soie » lancées en 2013 par le Président Xi Jinping, la Chine part à la conquête du monde. À l’intérieur, priorité est donnée aux mégazones industrielles : delta de la rivière des Perles et du Yangzi d’une part, région Pékin-Tianjin-province du Hebei de l’autre. En son cœur, Xiong’an, consacrée à l’intelligence artificielle, devient symbole de la nouvelle ère du socialisme, annoncée en 2017 par le Président Xi Jinping. Le réseau de train à grande vitesse atteint en 2019 30 000 kilomètres (contre 10 000 kilomètres en 2006).

Le président chinois Xi Jinping lors du défilé du 1er octobre 2019 © LI Tao/Xinhua

Le projet des Nouvelles Routes de la soie autrement appelé « OBOR » (One Belt One Road – en chinois « Yi dai Yi lu ») traduit une ambition d’influence globale et normative. Dans le domaine des infrastructures et des technologies high tech, il s’affirme peu à peu à travers un vaste réseau prenant en écharpe l’Eurasie et projetant ses ramifications en Asie du sud et du sud-est ainsi qu’en Afrique. C’est dans ce contexte qu’est né, en 2017, le « Plan de développement de la nouvelle génération d’Intelligence Artificielle (IA) ». Que ce soit par le truchement de sa recherche fondamentale et appliquée, ou dans le but de se placer en tête de la connaissance globale dans les secteurs clés des sciences cognitives, de la neurobiologie et de la « neurologie computationnelle », de la logique mathématique et des logiciels complexes, l’IA est devenue un des secteurs prioritaires de la Chine d’aujourd’hui.

Parade militaire Place Tiananmen à Pékin le 1er octobre 2019 © ZHEN Zhenhua/Xinhua

Ce programme a également pour ambition de renouer pour la Chine avec son passé glorieux en matière scientifique. Ainsi, rappelle-t-on, dans les programmes scolaires notamment que la Chine ancienne fut à l’origine des «Quatre Grands Inventions» (Si Da Fa Ming) : la poudre, le compas, le papier et l’imprimerie. Dans ce contexte, le Président Xi Jinping aura à cœur non seulement de célébrer le prestige de la culture impériale chinoise mais d’affirmer aussi que la diffusion de la culture de son pays à l’international est une composante essentielle au développement de sa politique. Cette dernière, dans le domaine culturel, a marqué une offensive par la création d’un réseau institutionnel : les Instituts Confucius. Au nombre de 510 en 2016, le premier a vu le jour douze ans plus tôt à Samarkand, en Ouzbékistan. Mais cette offensive ne se limite pas à l’éventail très large de la culture. De nombreux experts spéculent sur le défilé militaire qui aura lieu lors des commémorations sur la place Tiananmen. Il mettra très certainement en avant la puissance militaire chinoise. Les autorités chinoises l’ont déjà annoncé, le défilé sera le plus important de l’histoire de la République populaire de Chine. Ce défilé sera l’occasion pour la Chine de démontrer la modernisation quantitative et qualitative de l’arsenal balistique chinois. Une façon de rappeler à qui veut l’entendre que la Chine du Président Xi Jinping entend également, et dans la continuité de ses prédécesseurs, protéger par les moyens les plus appropriés ses intérêts vitaux…

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