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La Chinese Tech : Meituan face à la polémique, ByteDance vers l'e-commerce, funstory.ai au secours de la web-littérature, et la nouvelle offensive de Didi

2020-09-10 Chine-info HU Wenyan

Chaque semaine, la rédaction vous propose un focus sur les dernières actualités de la tech chinoise, en passant à la loupe les géants du Net ainsi que de jeunes pousses technologiques.

La coqueluche des investisseurs Meituan dans le collimateur de l’opinion publique chinoise

« Livreurs de repas, empêtrés dans le “système” », l’enquête du magazine chinois Renwu qui a enflammé les réseaux sociaux chinois © Capture d’écran

Le contraste est saisissant. Alors que la plateforme de livraison de repas Meituan a vu ses actions grimper en flèche pour atteindre une valorisation de 200 milliards de dollars le 24 août, les conditions de travail de ses livreurs restent difficiles: ces derniers roulent souvent à un rythme effréné, bravant même la sécurité routière pour ne pas perdre 0,1 yuan (0,015 dollar) par repas livré. Derrière cette obsession de la vitesse se cache une réalité cruelle : si le taux de livraison à temps était inférieur à 98 %, la rémunération de chaque course serait réduite automatiquement de 0,1 yuan. En conséquence : tandis que Meituan se flatte de sa rapidité des livraisons, les accidents impliquant ses livreurs de repas se multiplient, comme le détaille l’enquête publiée par le magazine Renwu le 9 septembre. Les livreurs y dénoncent leurs conditions de travail précaires, aggravées par l’algorithme d'Intelligence Artificielle développé par la plateforme pour gagner en efficacité. En s’interrogeant sur un modèle économique soumis à de multiples algorithmes à l’époque du big data, cette investigation a suscité des débats enflammés sur les réseaux sociaux chinois. « Nous avons inventé un algorithme qui va finir par nous dévorer », soupire un internaute en commentant l’article.

ByteDance accélère sur le paiement en ligne en talonnant Alibaba et Tencent

ByteDance, maison mère de TikTok, a de quoi faire frémir ses concurrents chinois. Le géant a confirmé le 3 septembre avoir racheté la plateforme de paiement UIPay, qui détient une précieuse licence de la banque centrale chinoise depuis 2014. Par l’intermédiaire d’UIPay, l’entreprise fondée par Zhang Yiming a réussi à mettre dans la poche sa troisième licence financière, après avoir obtenu celles de l’assurance et du microcrédit. Pour les médias chinois, cette acquisition serait la dernière étape à franchir pour la firme avant de s’attaquer au marché de l’e-commerce. Si ByteDance, réputée pour ses multiples plateformes de vidéos courtes, a déjà ébranlé Tencent, leader dominant du secteur des réseaux sociaux, elle ne se contente pas de son modèle économique basé sur les publicités, et cherche à monnayer son influence digitale en vendant directement des produits, dans le sillage du géant d'e-commerce Alibaba.

Funstory.ai, la startup de traduction automatique cible la web-littérature et réussit une levée de fond de plusieurs centaines de millions de yuans

Joy of life, série télévisée adaptée du web-roman de l'écrivain Maoni © Compte officiel Weibo

Les chiffres sont vertigineux : la Chine compte 17 millions d'écrivains de web-littérature et 53,2 % des internautes en liraient. Véritable pilier de l’industrie culturelle, de nombreuses œuvres de web-littérature, adaptées en séries télévisées et en jeux vidéo à succès, ont conquis les écrans chinois, mais subissent une douche froide à l’étranger – seulement 300 web-romans ont été traduits et publiés en dehors du pays – en partie à cause du coût faramineux de traduction. Mais sous le coup d’une nouvelle réglementation instaurée en 2019, le secteur de la web-littérature roule au ralenti et cherche de nouveaux terrains de croissance à l’étranger. Le spécialiste de la traduction par Intelligence Artificielle, funstory.ai, qui se targue de pouvoir traduire un roman en 15 minutes, y décèle des opportunités et réussit tout récemment à lever des centaines de millions de yuans, dans un deuxième cycle de levée de fonds (36kr).

Deux ans après l’explosion du scandale de sécurité, Didi lance une nouvelle offensive

Une nouvelle guerre des VTC se déclare en Chine. Début septembre, le géant de VTC Didi a lancé une nouvelle offensive en annonçant deux nouveaux projets : le retour de la filière Kuaidi spécialisée en taxis et la plateforme de VTC Huaxiaozhu dédiée aux petites et moyennes villes. En pleine expansion internationale, Didi serait demeuré jusqu’ici relativement discret sur le marché chinois, suite aux deux meurtres commis d’affilée par ses chauffeurs en 2018. La plateforme chinoise, sous les feux des critiques, a été obligé de mettre un coup d’arrêt à ses ambitions de croissance. La mésaventure de Didi aurait donné une véritable bouffée d’oxygène à ses concurrents: VTC Dida, bénéficiaire depuis 15 mois, préparerait son introduction en bourse, ce qui sonne comme une alerte pour Didi, qui reste pour le moment champion du secteur.


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