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La Chinese Tech : l’IPO suspendue d’Ant Group, l’anti-« double 11 » de NetEase Yeation, l’appétit du luxe d’Alibaba...

2020-11-05 chine-info Hu Wenyan

Chaque semaine, la rédaction vous propose un focus sur les dernières actualités de la tech chinoise, en passant à la loupe les géants du Net que de jeunes pousses technologiques.

Son IPO suspendue, Ant Group traverse une zone de turbulence

Coup de théâtre : le 3 novembre, sous la pression des autorités régulatrices, Ant Group, le bras financier de la plateforme d’e-commerce Alibaba, a été contraint de suspendre son double introduction en bourse à Shanghai et à Hongkong, prévue pour le 6 novembre. Néanmoins, l’incertitude planait déjà depuis quelques jours sur la plus grosse IPO de l’histoire. Le 2 novembre, les gendarmes financiers ont publié de nouveaux règlements concernant les emprunts en ligne : les plateformes elles-mêmes doivent fournir au moins 30 % des capitaux dans chaque prêt financé conjointement avec les banques. Cela bouscule le modèle économique d’Ant Group, basé majoritairement sur ses activités très profitables de microcrédits comme Huabei et Jiebei. Pour beaucoup de médias chinois, c’est la tour de vis financier qui aurait provoqué les plaintes virulentes de Jack Ma lors du Bund Summit tenu le 24 octobre. Simple coïncidence ou conséquence de la répression, le 2 novembre, les quatres commissions de régulations ont convoqué les responsables d’Ant Group dont le fondateur d’Alibaba. Du jamais-vu dans l’histoire financière de Chine (Tmtpost).

Sévèrement touchée par les nouvelles politiques régulatrices du secteur en 2018, la plus grosse fintech du monde se définit aujourd’hui davantage comme une entreprise technologique que financière. D’abord nommée Ant Financial, elle a changé cette année son nom en Ant Group, pour contourner les régulations. Mais visiblement, cela ne suffit pas pour les autorités chinoises, très soucieuses de la stabilité financière du pays.

NetEase Yeation, le « MUJI » chinois, se retire des promos « double 11 » et tacle Alibaba

Alors que le mouvement anti-« Black Friday » bat son plein en Occident, les voix contre le consumérisme, que prônent notamment les opérations commerciales du « double 11 » (qui ont lieu tous les ans le 11 novembre, d’où son nom 11/11), demeurent pourtant inaudibles en Chine. Mais la crise sanitaire pourrait changer la donne. Le 4 novembre, la plateforme d’e-commerce Yeation, sous la bannière de NetEase, a annoncé tambour battant qu’il ne participerait pas aux opérations du « double 11 ». Pour le détaillant de produits de haute qualité, l’événement commercial lancé par Alibaba en 2009 encourage la consommation excessive. « C’est le premier “double 11” après l’explosion de la Covid-19. Doit-on continuer à emprunter de l’argent pour satisfaire nos désirs spontanés [...] ? » Dans son communiqué, Yeation épingle en filigrane les services de microcrédits proposés par Ant Group, alors que ce dernier est dans la tourmente, après la suspension de son IPO. Néanmoins, Yeation ajoute qu’elle lancera ses propres bons plans, en dehors du « double 11 ». Cette annonce a suscité beaucoup de polémiques auprès des Chinois. Beaucoup redoutent qu’il s’agisse en réalité d’une stratégie de marketing au nom de l’anti-« double 11 ».

Luxe : Alibaba souhaite entrer au capital de Farfetch, à hauteur de 300 millions de dollars

Selon le média américain The Information, Alibaba est en pourparler avancé pour investir près de 300 millions de dollars dans Farfetch, leader mondial de l'e-commerce pour les produits de luxe basé à Londres. Les deux sociétés envisagent également de créer une coentreprise chinoise. Le groupe de luxe suisse Richemont, propriétaire du concurrent de Farfetch, Yoox Net-à-Porter, souhaite lui aussi investir dans l’entreprise britannique, aux côtés d’Alibaba. Alors que l'empire du Milieu devient le champs de batailles pour les marques de luxe occidentales, les géants de la tech locaux se jettent également dans le grand bain pour se partager le gâteau. Depuis 2014, Alibaba n’a cessé de miser sur le luxe. En témoigne les nouvelles vitrines pour les produits de luxe sur ses plateformes d’e-commerce, comme Luxury Pavilion et Luxury Soho. Force est de constater que l’autre géant d’e-commerce chinois JD, reste aujourd’hui le plus grand actionnaire de Farfetch. Preuve que la concurrence dans le secteur du luxe en Chine n’a jamais été aussi acharnée qu’aujourd’hui.

Didi Chuxing s’attaque au marché néo-zélandais

Dans le sillage de son adversaire américain Uber, le chinois Didi Chuxing avance ses pions dans le monde entier. Le 2 novembre, la plateforme chinoise a annoncé qu’elle était entrée sur le marché néo-zélandais et proposerait depuis ce jour des services de VTC dans la plus grande ville du pays, Auckland. À ce jour, près de 80 % des chauffeurs VTC de la ville se sont déjà inscrits chez Didi. Il s'agit du 11e pays étranger où Didi s'installe. En 2018, l'entreprise chinoise a ouvert plusieurs bureaux en Australie, avant de devenir aujourd’hui la deuxième plateforme de VTC du pays. Suite aux deux meurtres commis d’affilée par ses chauffeurs en 2018 en Chine, Didi, relativement discret sur le marché chinois, poursuit son expansion internationale et connaît un essor sans précédent. Selon le média chinois 36kr , rien que la première semaine d’octobre, les chauffeurs de Didi Chuxing ont réalisé pas moins de 60 millions de trajets dans le monde entier.

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