menu
menu
seacher

Les femmes urbaines chinoises de plus en plus carriéristes

2019-05-01 LE 9 An'an Ding

Partagées entre ambitions professionnelles et aspirations personnelles, les urbaines chinoises tendent plus à entreprendre qu’à vouloir procréer, se plaignent les médias chinois.

Telles sont les conclusions d’une enquête publiée en septembre dernier par la Fédération des femmes de Shanghai, en collaboration avec l’Institut de recherche sociologique de l’Académie des sciences sociales de Shanghai : les Shanghaiennes sont de plus en plus carriéristes. Des enfants, oui mais pas trop non plus. Et cela malgré une régulation des naissances assouplie. À travers cette enquête, la Fédération des femmes de Shanghai a voulu dresser un portrait des femmes urbaines chinoises en 2018. Car la place de la femme en Chine a bien évolué ces dernières années. Leurs aspirations et désirs aussi. Bon nombre de femmes trouvent désuète la dichotomie entre l’homme travaillant et l’épouse au foyer à temps plein. L’épanouissement professionnel se généralise. Les urbaines gagnent leur indépendance financière, élargissent leurs réseaux sociaux…

La fibre entrepreneuriale des Shanghaiennes

Selon cette étude, les femmes urbaines ont un appétit grandissant pour l’aventure entrepreneuriale. L’époque est propice : les investissements et les supports financiers en faveur des femmes entrepreneurs vont crescendo. En 2016, 2 211 start-up shanghaiennes ont réussi à obtenir des financements, pour une valeur totale de 456 millions de yuans. 31 % de ces start-up étaient tenues par des femmes. Ordre de grandeur similaire à celui de l’hexagone, où en 2016, 36 % du milieu de l’entrepreneuriat était féminin. À la fin de juin 2017, 77 000 femmes ont obtenu des prêts professionnels à Shanghai. Le Paris de l’Orient est la ville chinoise où les urbaines ont le plus la fibre entrepreneuriale.

Cette féminisation de l’entrepreneuriat est le fruit d’efforts commencés il y a plus de 10 ans. Des programmes promouvant les carrières professionnelles des urbaines ont été mis en place. Entre autres activités, des entrepreneures aux parcours d’exception se déplacent dans les universités. Elles incitent les jeunes étudiantes à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale et leur donnent goût à la réussite professionnelle.

D’après la Fédération des femmes de Shanghai, poursuivre la généralisation de l’entrepreneuriat féminin nécessite la reconnaissance de la société, le support et la compréhension de la sphère familiale. Cette Fédération préconise d’améliorer les ressources publiques encourageant les initiatives féminines, telles que les plateformes traitant de sujets techniques comme le droit, la sous-traitance, etc.

Sources : Fédération des femmes de Shanghai, Institut de recherche sociologique de l’académie des sciences sociales de Shanghai

90 % des femmes embauchées en moins de 6 mois

Les carrières professionnelles des urbaines se portent bien, voire même très bien. L’enquête révèle que 96,4 % des femmes interrogées sont embauchées en moins de 6 mois. En France, les femmes restent en moyenne 13,3 mois au chômage (Pôle Emploi, 2018). De plus, lointain semble le temps où le secteur public était omniprésent. Aujourd’hui, environ 60 % des femmes travaillent dans le secteur privé. Les opportunités professionnelles ne s’arrêtent pas non plus à l’embauche. Car plus de 40 % de ces femmes ont déjà été nommées à une position supérieure et un nombre similaire de femmes estiment pouvoir être promues dans le futur. Près de 90 % des femmes s’entendent bien avec leurs collègues de travail et leur direction. Aufinal, près de 80 % des travailleuses sont satisfaites de leur emploi.

Sources : Fédération des femmes de Shanghai, Institut de recherche sociologique de l’académie des sciences sociales de Shanghai

De nouvelles aspirations familiales ?

Fini, les aspirations traditionnelles et le goût pour une famille nombreuse : 75 % des chinoises urbaines ne souhaitent pas avoir 3 enfants. Elles ont d’ailleurs plusieurs revendications pour améliorer leur vie familiale, comme la mise en place d’une allocation économique à la naissance du second ou troisième enfant, l’allongement de la durée du congé maternité, la mise en place d’un congé paternité ou encore un allègement fiscal pour les foyers avec 2 ou 3 enfants.

L’ambition et le niveau d’étude des mères se répercutent sur leurs enfants, et notamment sur le niveau universitaire de ces derniers. Ainsi 62,8 % des mères souhaitent que leur progéniture obtienne une licence, 21,9 % un master, 4 % un doctorat.

Pour réaliser cette étude, environ 1 300 Shanghaiennes ont été interrogées. Plus de 1 000, soit environ 80 %, sont déjà mariées et ont des enfants. Quelle généralisation peut-on faire de cette enquête menée à Shanghai, le centre économique de la Chine ? Ces résultats sont-ils suffisamment représentatifs pour influencer la politique publique à l’échelle nationale ou tout du moins dans les mégalopoles ?

Photo :© QIN Tingfu/Xinhua

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la newsletter de Chine-info !

Commentaires

Rentrez votre adresse e-mail pour laisser un commentaire.