menu
menu
seacher

Les jeunes chinois disent "non" à la pression du mariage

2019-08-20 Shanshan Zhu

Début août, le Comité de Shanghai de la Ligue de la jeunesse communiste chinoise a publié un rapport sur l'âge moyen pour un premier mariage concernant les résidents de Shanghai, rapporte China Daily.

Selon ce rapport, l'âge moyen d'un premier mariage à Shanghai est en augmentation depuis 2010, s'élevant à 30 ans pour les hommes et 28 ans pour les femmes, contre 28 et 26 ans en 2010.

En Chine, c'est aussi Shanghai qui enregistre le taux de mariage le plus bas du pays avec 0,435 pour 100 habitants en 2018 (selon le ministères des Affaires civiles) alors qu'au niveau national, le taux est de 0,72 % pour la même année.

Pour la professeur Xue Yali, du Centre d'études familiales de l'Académie des Sciences sociales de Shanghai, l'âge moyen du premier mariage est en corrélation avec le niveau de développement du lieu d'habitation : plus l'endroit est développé, plus l'âge moyen du premier mariage est élevé. Et c'est une tendance mondiale.

« L'élévation du niveau d'éducation, l'augmentation de la charge de travail et du stress, la concurrence féroce dans la société, l'influence d'avoir un enfant sur une carrière et le coût élevé du mariage contribuent à une tendance croissante d'un mariage tardif », ajoute-t-elle.

Selon le rapport de Shanghai, parmi les 4 902 sondés, 9,21 % ont indiqué ne pas vouloir se marier du tout, c'est à dire près d'une personne sur 10 déclare vouloir rester célibataire. Un phénomène qui prend de l'ampleur chez les jeunes nés à partir de 1990 (appelés en Chine les "post-90").

Selon un article de South China Morning Post, la tendance de cette génération, qui n'est pas pressée de se passer la bague au doigt, est le résultat d'immenses changements sociaux et économiques qui ont bouleversé la tradition chinoise. Certains chercheurs pensent que les conséquences de l'émergence de cette « société de célibataires » seront non seulement d'ordre individuel mais également national.

D'après le Bureau chinois des statistiques, le taux de mariage du pays a chuté de 9,9 ‰ en 2013 à 7,2 ‰ en 2018. Au total, cela représente 13,47 millions de mariages enregistrés en 2013 contre 10,11 millions l'an dernier.

Pour Wang Jufen, chercheuse spécialisée dans le développement des femmes à l'école du développement social et politique publique de l'université Fudan à Shanghai, le taux de mariage en baisse indique que les femmes chinoises sont mieux éduquées et donc plus indépendantes financièrement. « Les femmes sont moins dépendantes d'un homme financièrement, contrairement aux générations antérieures qui l'étaient par le mariage ».

Par ailleurs, un filet de protection sociale plus développé contribue également à réduire la nécessité pour les jeunes de se marier et de fonder une famille. Car autrefois, les couples fondaient une famille pour avoir des enfants qui prenaient soin d'eux dans leurs vieux jours et étaient garants du maintien de la lignée familiale, explique Gui Shixun, directeur de l'Institut de recherche démographique de l'École normale de l'Est de la Chine. Les couples se mariaient parce qu'ils projetaient d'avoir un enfant ou parce qu'ils attendaient déjà un enfant. Aujourd'hui, les assurances sociales et médicales, que ce soit dans les villes ou les campagnes chinoises, couvrent la plupart des résidents, rendant le mariage moins primordial. « Avec le développement rapide de l'économie et de la société chinoise, la vision des jeunes du mariage et le choix d'un partenaire change. »

Photo : WU Junjie/CNS

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la newsletter de Chine-info !

Commentaires

Rentrez votre adresse e-mail pour laisser un commentaire.