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Le succès de « A Little Reunion » dénonce la pression scolaire en Chine

2019-09-09

Alors que le dernier épisode de « A Little Reunion », une série qui suit les tribulations de plusieurs lycéens qui a crée le buzz, a été diffusé fin août, la question de la pression scolaire revient sur le devant de la scène en Chine.

« A Little Reunion » suit le quotidien de trois familles dont les enfants, adolescents, sont en terminale et préparent l’examen de fin d’année, le gaokao (Ndlr : l’équivalent du baccalauréat en France), connu pour être difficile et extrêmement important pour accéder à l’enseignement supérieur. Le gaokao en Chine est l’affaire de toute la famille car les parents sont nombreux à faire des sacrifices sur leur vie professionnelle pour accompagner les enfants dans les révisions.

Depuis sa diffusion, « A Little Reunion » a été plébiscité par le public pour le jeu des jeunes comédiens, le scénario et les dialogues. Mais ce qui a le plus touché les téléspectateurs, ce sont les sujets de société traités tout au long des 49 épisodes de la série : l’éducation des enfants, la dépression qui peut toucher les jeunes adultes, les hommes au foyer, les escroqueries qui ciblent les personnes âgées ou encore le harcèlement sexuel au travail.

Le sujet ayant suscité le plus de discussions sur le net chinois est sans conteste le sujet de l’éducation, où de nombreux internautes disent reconnaître leur propre mère dans les personnages tels que Ton Wenjie – une mère stricte mais sympathique – ou Song Qian, divorcée et mère autoritaire. Dans la série, cette dernière gère quasiment tous les aspects de la vie de sa fille Yingzi, depuis son alimentation et ses loisirs jusqu’aux décisions les plus importantes de sa vie. Son contrôle permanent finit par provoquer chez Yingzi insomnie, dépression et même l’envie de mettre fin à ses jours.

En Chine, le succès de « A Little Reunion » a remis sur le devant de la scène le sujet de la pression scolaire en cette période de rentrée, en témoigne un article publié fin août par South China Morning Post sur le phénomène croissant des cours de soutien chez les écoliers chinois.

Selon un sondage mené par Weibo sur 200 000 parents, plus de 40 % d’entre eux disent n’avoir pas d’autre choix que de recourir à des cours de soutien extra-scolaires pour leur enfant à cause d’une compétition intense exercée dans le système éducatif. Seulement un quart des sondés pensent que les cours de soutien sont vraiment indispensables pour leur enfant. Cette enquête vient confirmer les chiffres d’un rapport publié récemment par le Centre national de l’enfant et l’Académie des Sciences sociales et du journalisme, indiquant qu’en Chine continentale, 60 % des enfants entre 3 et 15 ans suivent des cours extra-scolaires. Ce dernier révèle également que les parents des enfants situés dans cette tranche d’âge dépensent en moyenne 9 200 yuans (environ 1170 €) par an dans les cours de soutien pour faire face à la pression scolaire. Pour les enfants, cela représente en moyenne 88 minutes par jour consacrées aux devoirs et moins de 2h de jeux en extérieur les week-ends.

Pour Wu Hong, chercheur au Think Tank de Dandelion Education à Chongqing, ces résultats reflètent l’inquiétude généralisée des parents qui souhaitent que leur enfant intègre les meilleures universités. « Beaucoup de parents n’ont pas d’idées sur la façon dont leur enfant devrait être éduqué et ne font que suivre aveuglément les autres. Par exemple, je connais une maman qui va envoyer son enfant de 5 ans dans une école internationale en Thaïlande juste parce que plusieurs de ses amis l’ont fait. Je ne dis pas qu’il ne faut pas du tout de cours de soutien, mais aujourd’hui, nous donnons trop de pression aux jeunes enfants et cela ne fait que limiter leur imagination ».

En effet, il ne s’agit pas seulement de cours de soutien classiques mais un large éventail de leçons sur des sujets non prévus par le programme ou en avance sur le programme scolaire. Les parents pensent ainsi aider leur enfant à se concurrencer dans un environnement éducatif compétitif chinois.

Cette forte pression exercée sur les enfants a entre-temps incité le ministère de l’Éducation à délivrer plusieurs directives aux écoles en leur demandant de faire davantage attention au bien-être des élèves, notamment en les encourageant à faire au moins une heure d’exercice physique en extérieur et à respecter 10h de sommeil par jour.

Photos : © compte officiel Weibo de "A Little Reunion"

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