menu
menu
seacher

Génération multimédia : les 5 artistes chinoises à suivre sur Instagram

2020-05-13 Chine-info HU Wenyan

Alors que la Chine s'ouvrait sur l’extérieur il y a quarante ans, les artistes chinois ont également fait leur apparition progressivement sur le marché de l'art international. Si les générations précédentes ont marqué l’esprit par leurs œuvres résolument politiques, les jeunes artistes, nés à partir des années 80, se taillent une place sur le marché de l’art par leur maîtrise du multimédia et la diversité des styles. L’époque où l'art était avant tout politique et idéologique est révolue, mais l'inégalité de genre demeure même dans le milieu artistique : aujourd’hui, les femmes ne représentent que 10 % des artistes à succès de cette nouvelle génération (The Art Newspaper). Pourtant, les artistes féminines talentueuses et ambitieuses partagent volontiers leur travail, maîtrisent les outils numériques et savent comment rester à la porté du public. Voici 5 artistes chinoises à suivre sur Instagram. Exploration.

Lu Yang 陆扬

@luyangasia

À la question « Pourquoi vous vous intéressez aux sujets liés au corps ? », Lu Yang, artiste shanghaienne née en 1984, répondait en 2015 à New York Times : « Le corps est magnifique, parce qu’il est absolument objectif. Il n’y a pas de vrai ni de faux corps. Dans mes œuvres, je n’indique pas de valeurs ni d’objectifs aux choses. » Tout est dit ou presque. L’art pour l’art donc. Diplômée de la prestigieuse Académie des arts de Chine, Lu Yang manie à merveille divers supports : vidéos, animations, peintures numériques, installations, photographies et musique électronique. Pionnière des artistes de la nouvelle génération chinoise, elle s’est fait notamment remarquer en 2013 par son projet fantastique Uterus Man, mettant en exergue un super héros androgyne dont les supers pouvoirs sont liés à la procréation féminine.

Pixy Liao 廖逸君

@bloodypixy

Artiste chinoise ? Pixy Liao, lauréate 2018 du prix Jimei x Arles - Madame Figaro Women Photographers Award, est très à l'aise avec cette étiquette collée sur son dos. Mieux, elle la revendique. « Si je n’étais pas née en Chine mais dans un pays européen plus égalitaire, je n’aurais pas pensé à faire des œuvres pareilles », explique la photographe de 41 ans. Née à Shanghai, elle part faire des études en 2005 aux États-unis, où elle n’a cessé de s'interroger sur les clichés sur les femmes et les couples dans la société. Son projet en cours, Une relation expérimentale, commencé en 2007, met en scène le quotidien de son couple qu’elle forme avec un Japonais de cinq ans son cadet. Un quotidien où les rôles habituels attribués à la femme et à l’homme sont inversés. Sous son « female gaze » un brin provocateur et gouailleur, se dévoile un homme-objet.

Hu Yinping 胡尹萍

@hu_yinping

Hu Yinping est représentative d'une génération de « jeunes qui ont grandi dans des petits villages » (小镇青年) en Chine, qui font des allers-retours entre la vie urbaine et la vie campagnarde en observant le mythe et la réalité de ces deux mondes. Née en 1983 dans un petit village du Sichuan, cette spécialiste de sculpture vit et travaille à Pékin. Diplômée de l'Académie centrale des beaux-arts de Chine, elle n'hésite pas à dépasser les frontières dans son exploration artistique. Pour elle, « la galerie n’a pas de propriété exclusive de l’art, qui est omniprésent dans la vie. » Pratiquante de cet adage, elle est tour à tour observatrice, activiste, sociologue et artiste. Son projet phare, Xiao Fang, en témoigne. En 2015, pour aider sa mère qui refuse tout soutien financier de la part de ses enfants, Hu lui ment sur l’existence d’une amie au nom de Xiao Fang, qui serait prête à lui acheter des chapeaux tricotés main. Ainsi Xiao Fang valorise la créativité de la mère de l’artiste et l’encourage à suivre son intuition pour créer librement ses chapeaux. Dans cette aventure conçue par Hu, sa mère réussit à maîtriser des outils numériques et à reprendre confiance en elle.

Wang Newone 王新一

@lure_wangnewone

« Wang Newone naît en ligne en 2014 mais biologiquement, l’artiste visuelle a vu le jour en 1985 à Shanghai. » Cette présentation en dit long sur son rapport particulier avec le virtuel et le réel, le passé et le futur. Truffé d’images 3D et d’animations avec effets spéciaux, son compte Instagram nous tend une invitation vers le futur et le fantastique. Il est d'autant plus impressionnant que l’artiste s’est spécialisée en peinture traditionnelle chinoise durant ses études à l’université. Si Wang Newone ne s’est pas servie de ces techniques, vieilles de milliers d’années, elle reconnaît pourtant qu’au niveau esthétique, il n’existe pas de différence entre la tradition et le futurisme. Pour elle, « la beauté de la forme est éternelle, peu importe le passé ou le futur. »

Zhang Xinyi 张心一

@zhangxinyistudio

Avant de tâtonner dans l’art contemporain, la jeune artiste Zhang Xinyi a fait des études de scénographie et a travaillé pendant quelques années dans la pub. Née en 1987 dans le Shandong, cette doctorante à l'Académie centrale des beaux-arts de Chine a déjà fait sensation sur internet, en créant des emojis basés sur des peintures classiques mondialement connues. En 2016, elle s’est notamment fait remarquer dans les milieux artistiques par son exposition personnelle intitulée Icon. Ce mot anglais, courant dans la religion et l’informatique, incarne à la fois une représentation de personnages saints et d’images symbolisant un élément. Transformer le classique en emojis : vulgarisation artistique ou manque de créativité de la nouvelle génération ? Une question difficile à répondre, mais la démarche de Zhang Xinyi est déjà un pavé dans la mare.

Photos © capture d'écran Instagram


Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la newsletter de Chine-info !

Commentaires

Rentrez votre adresse e-mail pour laisser un commentaire.