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Covid-19 : en Chine, pas de seconde vague

2020-09-28 Le 9 Sacha Halter

La Chine fête sa victoire contre la Covid-19. Aucune seconde vague n’y est à déplorer, la vie reprend son cours. Les Chinois se rassemblent de nouveau dans les lieux publics et le masque n’est plus obligatoire dans les rues. La vigilance des autorités n’a pas pour autant disparue, en témoignent les mesures contre les « cas importés ».

Alors que le nombre des nouveaux cas et des réadmissions à l’hôpital ne cesse d’augmenter en France, beaucoup de pays semblent s’en sortir dans la lutte contre la Covid-19, ou tout du moins réussissent à empêcher l’apparition d’une seconde vague. Parmi eux la Chine, dont certaines mesures drastiques (un moment considérées comme excessives par de nombreux observateurs occidentaux) appartiennent déjà au passé. Si la vigilance ne baisse pas, puisque les autorités se méfient toujours des cas importés, le port du masque n’est plus obligatoire dans les lieux publics. (À Pékin, l’obligation avait été levée dès le 20 août.)

Une cérémonie pour fêter la victoire contre le virus

Le 8 septembre, le président Xi Jinping a décerné une médaille, à quatre grandes figures chinoises de la lutte contre la Covid-19 (qstheory.cn). Zhang Dingyu, directeur de la commission provinciale de la santé du Hubei, dont le chef-lieu est Wuhan ; Cheng Wei, chercheuse et membre de l’Académie des sciences militaires ; Zhang Boli, spécialiste de médecine traditionnelle. Enfin Zhong Nanshan, épidémiologiste de renom dont le rôle était déjà salué lors de l'épidémie de SARS-CoV-1 en 2003 a reçu la médaille de la République, la plus haute distinction. Par sa mise en scène (elle se tenait dans le Grand Hall du peuple à Pékin), la cérémonie avait des airs de victoire contre le coronavirus. Comme le prouvent les chiffres de la Commission nationale de la santé (CNS), la Covid-19 semble effectivement presque éradiquée en Chine. Le nombre de nouveaux cas avait à nouveau augmenté cet été, atteignant même le pic de 276 nouveaux cas pour la seule journée du 30 juillet. Le virus avait refait surface au marché de Xinfadi à Pékin. Il n’y a finalement pas eu de seconde vague : seulement 16 nouveaux cas ont été confirmés le 15 septembre.

Les Chinois plus obligés de porter de masque dans la rue

La loi oblige au port du masque dans les transports en commun et dans les lieux fermés, mais pas dans la rue ni dans les lieux ouverts (64365.com). Pourtant, certaines mesures hier exceptionnelles sont aujourd’hui banalisées. Comme en France, le ministère chinois de l’Éducation encourage les lycées et les universités à pratiquer les cours en ligne (Xinhua). Mais selon Wang Dengfeng, en charge des arts et des sports au ministère chinois de l’Éducation, toutes les conditions sont réunies pour que les cours aient lieu en présentiel. 75 % des étudiants sont de nouveau présents sur les campus, et ils ne doivent pas les quitter sans en informer les autorités au préalable. Ils peuvent donc assister aux cours. Les événements sportifs renouent également avec leur public. Les fans ont pu à nouveau se rendre dans les stades de football (dalian.runsky.com). Le 4 septembre, plus de 1 000 supporters ont pu assister au match opposant le Guangzhou Evergrande au Guangzhou R&F. Même chose pour les concerts. À Wuhan, lieu où l’épidémie avait été détectée en décembre, le média chinois ce.cn rapportait que des milliers de personnes s’étaient rassemblées à un festival de musique techno, au Wuhan Maya Beach Water. Beaucoup ne portaient plus de masque.

Les « cas importés » restent une priorité

Malgré ces assouplissements dans les limites de ses frontières, l’étroite surveillance sanitaire de tous les voyageurs qui se rendent en Chine est toujours en vigueur. La quatorzaine est toujours d’actualité, tout comme les prises de température et l’obligation de passer un test PCR. Ce test doit être effectué dans les trois jours précédant le voyage en Chine et s’applique à toutes les nationalités (Ambassade de Chine en France). Les autorités continuent de re-confiner des quartiers ou des villages entiers dès que de nouveaux cas sont confirmés. C’était par exemple le cas dans le village de Ruili, situé dans la province du Yunnan, à partir du 15 septembre (takefoto.cn). Plus exactement, les autorités y ont pris en charge financièrement le test massif de la ville aux acides nucléiques, après que deux nouveaux « cas importés » sont arrivés en provenance de la Birmanie. Le jour d’après, le 16 septembre, pas moins de 13 800 tests avaient été effectués. Tous se sont révélés négatifs (Beijing Daily).

Compte tenu de la situation sanitaire dans le monde et plus particulièrement en Europe, il est probable qu’il soit de plus en plus compliqué de se rendre en Chine au cours des prochains mois. Pour rappel, la Chine a mis en place le confinement dès le 23 janvier, seulement un mois après l’apparition des premiers cas. En France, le confinement était plus souple, il n’a duré que 55 jours, contre 78 à Wuhan. Il a aussi été décrété presque deux mois après les premiers cas recensés sur le sol français. Le risque de l’apparition d’une seconde vague en Chine n’est pas non plus à écarter. Selon Zhang Wenhong, directeur du département des maladies infectieuses à l'hôpital Huashan de l’Université Fudan, il faudra au moins attendre un an pour faire de vraies prévisions. Une deuxième vague n’est pas à exclure tant qu’un vaccin ne sera pas trouvé (Beijing News).

Photo : un concert dans la ville de Changchun, le 31 août © XU Chang/Xinhua


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