Suivez-nous | français

Camille Yihua Chen

[Camille Yihua Chen] Le bitcoin a-t-il encore un avenir en Chine ?

Camille-Yihua Chen 2017-10-18 03:47:05

Crédit photos: CNS

Conséquence des durcissements réglementaires de la part de Pékin : les plateformes chinoises d’échanges de crypto-monnaies ont, les unes après les autres, suspendu leurs activités d’achat et de vente. Un phénomène très révélateur des préoccupations majeures de Pékin, plus que jamais soucieux de stabilité politique, sociale et financière.

Le bitcoin n’est plus le bienvenu en Chine. Pas plus que les autres crypto-monnaies plus récentes – de l’ethereum au litecoin en passant par le dogecoin. Ainsi le 30 septembre, BTC China – la plus ancienne et la plus importante plateforme chinoise d’échanges de bitcoin en termes de volume – a cessé toute transaction en monnaies virtuelles1 . Le même jour, ses concurrents tels que BTCTrade, LHang.com, ETCWin ou encore dahonghuo.com, ont suivi le mouvement2 . Et d’ici le 31 octobre, huobi.com et OkCoin – respectivement deuxième et troisième entreprise d’échanges de devises cryptographiques du pays – vont à leur tour mettre fin à toute activité d’échange de monnaies virtuelles.

« Le bitcoin n’a pas le même statut juridique que la monnaie »

L’arrêt des échanges de crypto-monnaies sur les plateformes chinoises – qu’il soit effectif ou programmé – résulte, en fait, d’une décision émanant du plus haut sommet de l’Etat chinois. Dans son communiqué publié le 4 septembre, un consortium de sept organismes publics de haut niveau3 – dont la Banque centrale chinoise et le Bureau du groupe chargé de la sécurité du cyber-espace et de la technologie de l’information du Parti communiste chinois, placé sous l’autorité directe du président Xi Jinping – a rendu officiellement illégales les ICO (Initial Coin Offering), c’est-à-dire les levées de fonds réalisées en crypto-monnaies. Pour les auteurs du texte, « les monnaies virtuelles utilisées lors de levées de fonds n’étant pas émises par l’autorité monétaire […] ne possèdent pas le même statut juridique que la monnaie4» ; en outre, « ces derniers temps, les ICO ont considérablement augmenté sur le marché intérieur, avec une recrudescence d’opérations spéculatives pouvant être assimilées à des activités financières illégales, ce qui a porté gravement atteinte à l’ordre économique et financier5» . La conclusion des autorités chinoises est sans appel : « A compter d’aujourd’hui, toute opération d’ICO doit immédiatement cesser. » Le 13 septembre, l’Association nationale de finance internet6 , la NIFA, est elle aussi montée au créneau. « Il convient de noter que le bitcoin et les autres monnaies soi-disant "virtuelles" sont de plus en plus l’instrument d’activités criminelles telles que le blanchiment d’argent, le trafic de drogues, la contrebande et des levées de fonds illégales », écrit-elle sur son site. Et la NIFA d’inviter ses adhérents (banques, maisons de courtage, compagnies d’assurance, sociétés de gestion de patrimoine…) à s’abstenir de participer aux opérations liées aux monnaies virtuelles qui, selon elle, n’ont « aucun fondement légal en Chine ».

En réalité, dès fin 2013, les autorités chinoises se montraient déjà méfiantes à l’égard des monnaies virtuelles. Mais pourquoi ont-elles attendu début septembre 2017 pour se résoudre enfin à frapper fort ?

Instrument d’investissement, de spéculation ou d’activités criminelles ?

Le bitcoin est une monnaie virtuelle inventée en 2009, en pleine crise de confiance dans les banques centrales qui faisaient alors tourner la planche à billets à leur guise... Son unité de compte est le bitcoin, limitée à 21 millions d'unités, ce qui garantit sa rareté – un peu à l’image de l’or – et permet de se prémunir en principe contre l’inflation. Toutes les transactions sont vérifiées par les nœuds du réseau ; elles sont consignées dans un registre public appelé « blockchain » et réputé infalsifiable. Le système fonctionne sans autorité centrale ni administrateur unique, mais de manière décentralisée grâce au consensus de l'ensemble des nœuds du réseau. C’est sans doute la facilité d’utilisation du bitcoin qui explique sa rapide expansion dans le monde, notamment en Chine.

Lorsqu’il est arrivé sur le marché chinois, le 9 juin 2011, le bitcoin valait à peine 150 yuans – soit 23 dollars – sur la plateforme de BTC China. Quasiment au même moment, il s’échangeait à 31,91 dollars sur Mt Gox, la plus importante plateforme d’échange de bitcoins de l’époque, basée à Tokyo.

Mais à compter de 2013, le bitcoin prit soudain de l’envol. Surtout, alors que sur Mt Gox il coûtait 265 dollars, sur BTC China il valait 1 994 yuans, soit... 308 dollars. Pour la première fois, le bitcoin était plus recherché par les Chinois que par les étrangers, ce qui contribua à faire basculer vers la Chine le centre de gravité pour les échanges de monnaies virtuelles. Le 22 avril, alors que tout le pays se mobilisait pour collecter de l’argent en faveur des victimes du violent séisme survenu dans la province du Sichuan, Yijijin devint le premier organisme de collecte de fonds à accepter le bitcoin : il en encaissa 233 pour un montant de 220 000 yuans (28 000 euros). L’événement, très médiatisé, finit par faire connaître la crypto-monnaie auprès de tous les Chinois.

Cinq mois plus tard cependant, un scandale éclata aux Etats-Unis, qui fit le tour du monde : le 2 octobre, le FBI procéda au démantèlement de Silk Road, le plus célèbre site de vente et d’achat de drogues. Ross William Ulbricht, son fondateur, fut arrêté pour « conspiration en matière de trafic de drogues, de piratage informatique et de blanchiment d'argent ». Silk Road fonctionnait sur le principe de l’anonymat : les acheteurs pouvaient, sans laisser de traces, y trouver différentes drogues ou y recruter des tueurs à gages. En moins de trois ans d’existence, son chiffre d'affaires atteignit 1,2 milliard de dollars. « L’autre élément clef du succès commercial de Silk Road, c'est l'usage exclusif d'une devise virtuelle, le bitcoin », expliquait Les Echos au moment des faits7 . Ross William Ulbricht fut non seulement arrêté, mais ses 26 000 bitcoins – d’une valeur de 3,2 millions de dollars – lui furent confisqués. De 145 dollars, le cours du bitcoin dégringola à 119 dollars.

En Chine, personne ne semblait se soucier de savoir quel était le lien entre Silk Road, le trafic de drogues et l’utilisation du bitcoin dans les transactions d’achat et de vente. A l’exception, sans doute, des organismes de surveillance... Le 14 octobre, Baidu, le Google chinois, ouvrit en ligne son service de paiement en bitcoin. Le lendemain, le prix de la crypto-monnaie passa de 827,75 yuans à 927,01 yuans. Mais le 26 octobre, un autre scandale défraya la chronique, et cela se passait… en Chine : GBL (Global Bond Limited), une plateforme d’échanges de bitcoins qui avait pignon sur rue, ferma soudain son site, et ses trois principaux responsables prirent la fuite avec l’argent des usagers. Bilan : 500 personnes se retrouvèrent spoliées, pour un total de 20 millions de yuans (3 millions de dollars).

Malgré tout, le bitcoin poursuivit son ascension en Chine. Le 18 novembre 2013 – date hautement symbolique – BTC China s’imposa comme la plus importante plateforme d’échanges de bitcoins du monde, devant Mt Gox. Plus impressionnant encore : les trois principales plateformes chinoises de monnaies cryptographiques – BTC China, huobi.com et OkCoin – représentaient alors 98,4% des échanges mondiaux8 , contribuant à propulser le cours du bitcoin vers un nouveau sommet : 8 000 yuans (1 250 dollars). En l’espace de deux ans, le bitcoin vit son prix multiplié par 53 sur le marché chinois ! Ce qui fit dire à un organisme de recherche chinois que, en tant qu’outil de placement, le bitcoin avait le meilleur retour sur investissement.

Tel n’était cependant pas l’avis de Lang Xianping, un célèbre économiste de Hong Kong. En 2015, il avait entrepris de comparer les cours de l’or et du bitcoin – qu’il qualifiait de produit virtuel – sur la période allant du 1er juillet 2010 au 1er juillet 2013. Selon ses calculs, en trois ans, le prix de l’or avait été multiplié par 1,6 et celui du bitcoin par… 25 050 ! « Mais contrairement à l’or, le bitcoin n’a aucune valeur intrinsèque : c’est donc une monnaie purement spéculative, une énorme bulle », avait-il conclu.

La bulle qui s’était formée sur le bitcoin ainsi que les scandales qui l’entouraient ne manquèrent pas d’attirer l’attention des régulateurs chinois. Le 5 décembre, un consortium de cinq organismes publics, dont la Banque centrale chinoise, publia un texte pour alerter sur les risques liés au bitcoin. Que disait le texte ? Que le bitcoin n’était pas une monnaie, mais « un produit virtuel on line ». Le 16 décembre, la Banque centrale chinoise demanda aux organismes financiers de ne pas accepter le bitcoin ni les autres monnaies virtuelles comme moyens de paiement. Conséquence : dans les cinq jours qui suivirent, le cours du bitcoin chuta de 23% en Chine et de 25% sur le marché international.

Toutefois, bien que les régulateurs chinois n’aient pas reconnu au bitcoin le statut de monnaie, le fait même de parler de « produit » montrait qu’ils n’interdisaient pas l’activité de transaction sur les monnaies virtuelles. Ce qui explique, en partie, la poursuite de l’envolée de leurs cours dans les années qui suivirent. Une période qui, cependant, sera émaillée d’autres scandales :

- Le 28 février 2014, MtGox fait faillite. L’ex-principale plateforme d’échanges de crypto-monnaies du monde perd 750 000 bitcoins de ses clients et 100 000 lui appartenant, qui pourraient lui avoir été dérobés par des pirates informatiques. Montant du préjudice : 477 millions de dollars. « Nous avons perdu des bitcoins à cause des faiblesses du système. Nous sommes désolés pour les problèmes causés à toutes les personnes concernées », explique alors le Pdg de MtGox, Mark Karpelès, au tribunal de Tokyo.

- Le 21 janvier 2016, la police hollandaise pénètre par surprise dans quinze endroits différents en Hollande, et arrête une dizaine de jeunes soupçonnés d’avoir utilisé le bitcoin pour se livrer au blanchiment d’argent pour des sites de vente de drogues. Montant en jeu : entre 15 et 20 millions d’euros.

- Toujours en 2016, Bitfinex, plateforme d’échanges de Hong Kong, est elle aussi victime de piratages informatiques. Bilan : disparition de bitcoins pour une valeur de 72 millions de dollars.

Selon l’organisme de recherche chinois Wangyi, non seulement les cas de piratages informatiques sont légion mais, de plus, 45% des plateformes d’échanges ont déjà fait faillite. « Si vous conservez vos bitcoins sur une plateforme, sachez que celle-ci peut mettre la clé sous la porte et s’enfuir avec vos avoirs », alerte-t-il. Beaucoup pointent aussi du doigt la forte volatilité des cours des monnaies virtuelles, laquelle peut réduire à néant les sommes investies. En effet, si les hausses donnent souvent le vertige, les baisses sont tout aussi abyssales : Drew Llewellyn, un investisseur anglais, confie à BBC que ses bitcoins achetés en 2011 ont, certes, atteint un pic de 1 100 dollars, mais ont également subi une forte chute à 18 dollars.

« Le sort de Drew Llewellyn est semblable à ceux de nombreux investisseurs chinois », commente un journaliste de l’édition chinoise de BBC.

En octobre 2016, les régulateurs chinois ont de nouveau alerté sur les risques liés au bitcoin : pratiques spéculatives, piratages informatiques... Mais après une forte chute du cours, le bitcoin a regagné les 8 000 yuans, son pic historique. Bien mieux : en juillet 2017, il tutoyait les 30 000 yuans (4 477 dollars). Jusqu’où ira la folle escalade ?

Les ICO : la goutte d’eau qui a fait déborder le vase

Alors que le bitcoin évoluait à des niveaux records, faisant craindre l’éclatement d’une gigantesque bulle, un autre type d’investissement a mis le marché chinois du bitcoin en ébullition : les ICO, ces opérations de levées de fonds en crypto-monnaie (voir § « Le bitcoin n’a pas le même statut juridique que la monnaie »). Si les ICO sont apparus sur le marché il y a cinq ans, c’est en Chine qu’ils ont connu un succès foudroyant, notamment au cours des six premiers mois de 2017. Les Chinois y voient un moyen « révolutionnaire » de collecter des fonds. En effet, contrairement aux levées de fonds en Bourse, qui doivent être soumises à un examen préalable par le régulateur des marchés boursiers, les ICO, eux, ne nécessitent ni examen ni présentation de documents comptables : un livre blanc décrivant son projet d’ICO suffit. De sorte que de nombreux « entrepreneurs » peu scrupuleux en ont profité pour obtenir facilement l’argent qu’ils cherchaient. Quant aux investisseurs – pour la plupart des particuliers en quête de placement rentable –, ils ont trouvé en ICO un moyen de réaliser un retour sur investissement conséquent, vu la progression fulgurante du cours du bitcoin. Or peu d’entre eux sont en mesure de dire si les projets d’ICO dans lesquels ils ont investi sont vraiment solides, ou de comprendre les risques auxquels ils sont exposés, tant sur le plan juridique que politique ou financier. Les statistiques montrent qu’au premier semestre 2017, 65 ICO ont été réalisés en Chine auprès de 105 000 investisseurs, pour un montant cumulé de 2,62 milliards de yuans (330 millions d’euros). Mais d’après des experts de la Banque centrale chinoise, 90% de ces opérations peuvent être assimilées à des levées de fonds illégales ou à de l’escroquerie, tandis que les vrais projets d’investissement ne représentent même pas... 1% d’entre elles.

Selon des sources avisées, la Banque centrale chinoise s’était montrée, au départ, plutôt conciliante à l’égard des crypto-monnaies. Mais face à une situation de plus en plus incontrôlable générée par une grande nébuleuse en matière d’ICO, elle a enfin décidé, le 4 septembre 2017, de frapper un grand coup : l’objectif était de « tuer dans l’œuf ce genre de risque systémique »9 .

Stabilité politique et financière

La décision des autorités chinoises d’interdire les ICO a semé la panique sur le marché. Dès le 5 septembre, le cours du bitcoin, notoirement volatil, a chuté de 10% à 3 500 dollars, et abandonné environ 42 % par rapport au pic de 4 979,90 dollars atteint en séance le week-end des 2 et 3 septembre. Une chute qu’il convient toutefois de relativiser puisque, début janvier 2017, le bitcoin se négociait à moins de 1 000 dollars.

Force est cependant de constater que le volume des bitcoins échangés sur le marché chinois s’est considérablement réduit : de 98,4% enregistrés en 2013, il a chuté à seulement 30% des échanges mondiaux. La Chine a ainsi perdu sa place de leader mondial sur le marché des crypto-monnaies. Surtout, le développement des crypto-monnaies, que les autorités chinoises accueillaient avec une certaine bienveillance, devrait ralentir sur le marché domestique chinois.

Cela va-t-il peser de façon conséquente sur l’évolution du marché international des crypto-monnaies ? Un coup d’œil sur le cours du bitcoin à l’étranger permet de répondre par la négative : le 13 octobre, c’est-à-dire un peu plus d’un mois après l’annonce de la décision de Pékin du 4 septembre, le bitcoin dépasse les 5 800 dollars, soit 16 % de plus que le pic de

4 979,90 dollars constaté le 3 septembre. A en croire Le Wall Street Journal, le nouveau record du bitcoin s’explique par les intérêts actuels des banques d’investissement. Goldman Sachs envisage d’investir dans le commerce du bitcoin. Pour sa part, James Gorman, le directeur général de Margan Stanley, déclare que la crypto-monnaie est « très certainement plus qu’un simple effet de mode ». Un autre élément pourrait aussi expliquer la récente envolée du cours du bitcoin : l’apparition d’un marché parallèle. Selon les médias, la fermeture de plateformes d’échanges chinoises a incité nombre d’investisseurs de Chine continentale à faire commerce du bitcoin directement entre eux, sans intermédiaires, dans le cadre d’une rencontre en face à face ou via des outils de communication instantanés : Wechat – le What’app chinois – ou QQ, le twitter chinois. Nombre d’entre eux ont aussi choisi de transférer leurs bitcoins sur les plateformes étrangères pour continuer à acheter ou à vendre.

Selon certains observateurs, l’intervention des régulateurs chinois sur les échanges de bitcoins s’explique également par leur souci d’empêcher les fuites des capitaux. Certes, les sorties massives de fonds à l’étranger sont de nature à faire baisser le cours du RMB, la monnaie chinoise, ce qui risque de déstabiliser le marché financier chinois. Mais depuis plusieurs mois, la devise chinoise s’est appréciée vis-à-vis du dollar. En fait, au-delà de sa volonté de garder le contrôle sur une monnaie virtuelle présentant de nombreux dangers pour les investisseurs, le gouvernement chinois souhaite aussi réduire au maximum tout risque de dérapage susceptible de menacer la stabilité financière, sociale et politique de son pays, au moment où va s’ouvrir le 19e Congrès du Parti communiste chinois.

Camille-Yihua Chen

1.Comprenant le bitcoin, l’ethereum, le litecoin et le dogecoin. Source : BTC China.

2.« Deux grandes plateformes d’échanges modifient leurs communiqués : elles cesseront toute transaction en monnaies virtuelles », m.finance.caixin.com, 16 septembre 2017.

3.« Communiqué relatif à la prévention des risques liés aux levées de fonds en crypto-monnaies de la Banque populaire de Chine , du Bureau du groupe chargé de la sécurité du cyber-espace et de la technologie de l’information du Comité central du Parti communiste chinois, du Ministère de l’industrie et de la technologie de l’information, de l’Administration d'État pour l'industrie et le commerce, de la Commission de régulation bancaire, de la Commission de régulation boursière et de la Commission de supervision des assurances », 4 septembre 2017.

4.Idem.

5.Idem.

6.Association créée en juillet 2015 par la Banque centrale chinoise en partenariat avec, entre autres, la Commission de régulation bancaire, la Commission de régulation boursière et la Commission de supervision des assurances.

7.« Le FBI démantèle Silk Road, la place de marché du crime sur Internet », lesechos.fr, 4 octobre 2013.

8.Source : bitcoinity.org.

« Opération coup de poing contre les ICO : le mythe du bitcoin est cassé », China Economic Weekly, 18 septembre 2017.

9.« Opération coup de poing contre les ICO : le mythe du bitcoin est cassé », China Economic Weekly, 18 septembre 2017.

chine-info.com

J’aime

Suivez nous sur Facebook chine-info.com

Suivez nous sur Twitter

@chine-info.com

suivre @chine-info.com

chine-info.com

Suivez-nous sur Instagram : chineinfophotos