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Dorian Malovic

[Dorian Malovic ] XI Jinping, Acte II - La priorité aux réformes économiques

Dorian Malovic 2017-03-06 17:00:01

L’année 2017 est cruciale pour le destin de la Chine, son économie, le bien-être de sa population et son équilibre politique que le leader Xi Jinping tient entre ses mains. Avec le discours d’ouverture du premier ministre Li Keqiang devant les 3 000 délégués de l’Assemblée nationale populaire dimanche 5 mars à Pékin, les défis majeurs comme les réformes à venir ont été évoqués. L’objectif de croissance pour l’année 2017 a été revu légèrement à la baisse (6,5%, une des croissances les plus élevées au monde), prenant acte de l’envolée de sa dette et d'une conjoncture mondiale morose. Mais le régime communiste anticipe l’avenir et veut se donner les moyens de stabiliser l'activité avant un remaniement politique crucial à l'automne.

Dimanche 5 mars 2017

Ouverture de la session annuelle de l'Assemblée nationale populaire

La mutation économique du pays qui doit passer d’un pays fondé sur l’exportation vers une nation recentrée sur les services et le marché intérieur est en marche mais prend du temps. On ne bouscule pas une telle masse industrielle et humaine du jour au lendemain. La prudence s’impose afin de ne pas provoquer des déstabilisations sociales et des colères ouvrières et paysannes. Dans ce sens, le gouvernement central maintiendra à flot des groupes étatiques structurellement déficitaires et lancera des programmes de dépenses publiques dans de colossaux chantiers d'infrastructures (355 milliards d'euros dans des projets ferroviaires, d'autoroutes et voies fluviales).

Li Keqiang a certes déploré le « marasme de l'économie mondiale » et reconnu les épées de Damoclès suspendues au-dessus du système financier chinois : une dette dépassant 270% du PIB, l'envol des créances douteuses des entreprises, l'essor d'une « finance de l'ombre » non-régulée. En abaissant considérablement le coût du crédit depuis 2014, Pékin voulait doper l'activité mais ces énormes liquidités ont surtout alimenté la spéculation et une énorme bulle dans l'immobilier, que les autorités s'efforcent désormais de dégonfler -- comme l'a admis M. Li.

Cependant, le Premier ministre s'est empressé de rassurer: « Les fondamentaux économiques sont robustes. Nous avons les capacités de maîtriser les risques systémiques », a-t-il martelé, rappelant que le désendettement des entreprises, particulièrement les groupes d'Etat, était « une priorité ». Les banques -- qui ferment leurs portes aux firmes privées pour privilégier les groupes publics et les placements spéculatifs -- doivent « se concentrer » sur le financement de « l'économie réelle », a tonné M. Li.

De fait, l'abaissement de l'objectif de croissance « laisse de l'espace pour poursuivre les réformes structurelles », celles qui visent les mastodontes mal gérés et les « zombies » du secteur étatique, a indiqué à une agence de presse occidentale Wendy Chen, économiste de Nomura. De quoi pouvoir, également, continuer de sabrer les colossales surcapacités de production dans la sidérurgie et le charbon, note-t-elle.

L’objectif économique vise avant tout à préserver la stabilité générale en Chine en attendant le remplacement à l'automne d'une majorité des sept membres du Comité permanent du bureau politique du Parti communiste, l'organe tout puissant du régime. Les pékinologues examineront cette session parlementaire avec attention pour tenter de deviner qui remplacera les dirigeants actuels qui partiront à la retraite à l’automne. A ce stade du premier mandat de Xi Jinping, où son autorité s’est consolidée, une nouvelle étape vers plus de réformes est en train de prendre corps. « C’est une année cruciale pour la Chine » assure l’expert de la Chine Willy Lam, de l’Université chinoise de Hong Kong.

Dorian Malovic

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