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Dorian Malovic

[Dorian Malovic] La Chine veut la paix sur la Péninsule coréenne

Dorian Malovic 2017-04-17 05:12:36

Jamais la tension militaire n’a été aussi grande autour de la Péninsule coréenne depuis la fin de la guerre de Corée en 1953. Les manœuvres militaires conjointes américano-sud-coréennes et japonaises durent depuis plus d’un mois. Le président Donald Trump a ordonné l’envoi d’une véritable « armada » vers la Péninsule ; le porte-avions Carl Vinson escorté par trois navires lance-missiles -- le Lake Champlain, le Wayne E. Meyer et le Michael Murphy -- fait route vers cette région et devrait arriver vers le 15 avril.

Un tel porte-avions transporte en général 70 à 80 avions ou hélicoptères, dont une cinquantaine d'avions de combat. Dans le cas présent, ce sont peut-être plutôt les 450 tubes lance-missiles combinés de son escorte qui représentent la menace la plus immédiate pour la Corée du Nord. Le président américain a également évoqué cette semaine la présence de sous-marins d'attaque à propulsion nucléaire, eux aussi dotés de missiles Tomahawk.

Cette présence militaire massive ne cesse de faire monter la tension chez les voisins sud-coréens et japonais mais également chinois qui voient le risque d’un dérapage qu’il faut à tout prix éviter. Après la première rencontre du président chinois Xi Jinping avec son homologue américain le week-end dernier en Floride, durant laquelle les Etats-Unis ont mené des frappes de missiles sur le territoire syrien, le président américain n’a cessé d’affirmer que si la Chine ne voulait pas contribuer à l’apaisement de son voisin nord-coréen, les Etats-Unis régleront le problème « seul ». Pour changer d’avis jeudi 13 avril en soulignant qu’ils le feraient avec ses « alliés », entendu, Corée du Sud et Japon.

Dans ce contexte la Chine a gardé un sang-froid exceptionnel, soulignant également sa volonté de dénucléariser la Péninsule coréenne avec les Américains mais en prenant la voie diplomatique et non militaire. Le message est constant de la part de Pékin et le ministre chinois des Affaires étrangères a une nouvelle fois réitéré cet appel le 13 avril en disant que « la force militaire ne peut résoudre ce dossier ». La veille, dans les colonnes du quotidien officiel chinois de langue anglaise Global Times, un éditorial lançait de son côté un appel à la Corée du Nord afin qu’elle mette un terme à son programme nucléaire en échange de la protection chinoise. Et Wang Yi d’ajouter que « dans l’épreuve il y a des opportunités. En dépit des tensions nous trouverons également des opportunités afin de revenir au dialogue ».

Après les frappes américaines contre la Syrie durant la visite du président Xi Jinping en Floride, (prévenu durant le dîner officiel par Donald Trump au moment du dessert), le message américain s’est voulu beaucoup plus belliqueux. Et de nombreux observateurs ont interprété ces frappes contre la Syrie comme un avertissement à la Corée du Nord d’une part mais aussi à la Chine afin de montrer que le nouveau président américain savait se montrer décisif et pouvait « y aller seul » contre la Corée du Nord. Pour autant il est loin d’être acquis que cette épreuve de force rhétorique et militaire impressionne beaucoup les autorités nord-coréennes qui sont habitués depuis longtemps à la présence militaire américaine dans son voisinage.

Encore une fois dans ce contexte très martia,l la Chine, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Wang Yi, a prévenu que l’histoire rendrait responsable le premier provocateur, celui qui oserait frapper le premier. « Qui que soit le provocateur, qui que soit celui qui pose un problème, ils auront des compte à rendre et assumer leur responsabilité devant l’histoire », soulignant encore une fois la position modérée et pacificatrice de Pékin qui veut la paix sur la Péninsule coréenne.

Pékin a également envoyé plusieurs messages à Pyongyang, assurant qu’aussitôt que la Corée du Nord suspendrait son programme nucléaire « la Chine travaillerait à la protection et la sécurité d’une Corée du Nord dénucléarisée et de son régime ». D’autant que la Corée du Nord a invité plus de 200 journalistes étrangers à Pyongyang à la veille de « La journée du Soleil » qui commémore la naissance du fondateur de la République populaire et démocratique de Corée Kim Il-sung. A cette occasion de nombreux observateurs craignent que Pyongyang ne procède à un nouvel essai de tir de missile ou bien un sixième essai nucléaire. De plus, en réponse aux tweets belliqueux de Donald Trump, l’agence officielle nord-coréenne KCNA a prévenu que la Corée du Nord était prête à une « attaque nucléaire contre les Etats-Unis » si ces derniers les agressaient.

A ce stade la position modérée de la République populaire de Chine est plus que jamais impérative afin d’éviter une nouvelle escalade militaire mais aussi, et surtout, un dérapage qui pourrait provoquer une guerre meurtrière dans toute la région.

Dorian Malovic

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