Suivez-nous | français

Dorian Malovic

[Dorian Malovic] La nouvelle « Route de la Soie » va bouleverser le monde

Dorian Malovic 2017-05-11 05:45:33

La mythique Route de la Soie a fait rêver. Sa renaissance au XXIe siècle va bouleverser le monde… mais l’Occident n’en a pas encore conscience. Le Forum de « la Ceinture et la Route » (« One road, one Belt », OROB) qui va se tenir à Pékin les 14 et 15 mai et qui sera présidé par le président Xi Jinping vise à renforcer la mise en œuvre de ce monumental projet intercontinental. Il s’agira certainement du plus grand événement diplomatique international de l’année pour la Chine.

Plus de 1 200 personnes participeront à ce Forum dont des responsables, des experts, des représentants d’institutions financières et d’organisations médiatiques provenant de plus de 100 pays dont la République populaire démocratique de Corée. De surcroît, 28 chefs d’Etat ou de gouvernement auront rendez-vous à Pékin, dont le président russe Vladimir Poutine, le secrétaire général des Nations-Unies Antonio Guterres, le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim et la directrice générale du Fonds monétaire internationale (FMI) Christine Lagarde. Il semble clair que lorsque le président chinois Xi Jinping a lancé en octobre 2013 ce projet alors qu’il se trouvait en Indonésie, il s’agissait bien pour la Chine de renouer avec un passé glorieux remontant à plus de 150 ans lorsque l’Empire du milieu s’imposait comme la première puissance commerciale du monde. Encore une fois sans que l’Occident n’en ait conscience.

Quatre ans après le début de ce projet, on voit bien que la stratégie chinoise dépasse de loin la proximité asiatique et va bien au-delà de l’Inde, jusqu’aux côtes orientales de l’Afrique où les bateaux chinois avaient atteint au XIVe siècle. Il s’agit bien en ce début de XXIe siècle d’intégrer un marché de près de trois milliards de personnes dans un vaste ensemble dont la Chine serait la locomotive. En 2014 à Dongguan dans la province chinoise du Guangdong, la première « Foire de la route maritime de la soie du XXIe siècle » avait été lancée, voulant « faire revivre l’ancienne gloire de la route maritime et inaugurer une nouvelle étape historique de notre Histoire », avait lancé le gouverneur de la province à l’époque Zhu Xiaodan.

Depuis, les gigantesques travaux de « connectivité » n’ont jamais cessé. Une série de projets majeurs en matière de transport (route, train, fleuve, mer), d’énergie et de communication dont le pont ferroviaire avec le Bangladesh, le corridor économique Chine-Pakistan et les trains express entre la Chine et l’Europe (partant de Yiwu vers Londres et Madrid) témoignent de l’ampleur et de l’avancée des projets.

La Chine s’impose clairement comme une puissance mondiale aujourd’hui, la seconde, mais s’illustre également dans ces projets de développement avec toute la région asiatique, Asie centrale et Afrique. Un Fonds spécial de la Route de la Soie de 40 milliards de dollars a été établi en 2014 par la Chine. La Banque d’Investissement et d’infrastructure d’Asie (AIIB), soutenue par la Chine depuis octobre 2014, ainsi que la Banque du nouveau développement (NDB) basée à Shanghaï à destination des BRICS (Brésil, Inde, Russie, Chine, Afrique du Sud) sont au cœur du financement de tous ces projets. Bien accueilli par les Européens mais avec beaucoup plus de réserve de la part des Américains, la nouvelle « Route de la Soie » va devenir un projet mondial liant les trois continents asiatique, africain et européen et qui ne s’arrêtera pas à la fin du second mandat du président Xi en 2023.

Le ministre chinois du Commerce Qian Keming a bien souligné mercredi 10 mai à Pékin que la pérennité de ce projet n’est pas « une proposition individuelle mais une initiative qui a été très largement reçue par le monde entier, elle appartient de façon commune à chacun ». En observant une carte géographique du monde, on réalise que les plans de la nouvelle Route de la Soie dépasse l’imagination en reliant des continents difficilement accessibles il y a encore peu. Les défis techniques et financiers sont importants mais une autre dimension importante doit être prise en compte.

« Il s’agit également d’un test très important pour la diplomatie chinoise en Asie centrale », fait remarquer David Lewis, un expert anglais de l’Asie centrale à l’Université de Exeter en Angleterre. Certains corridors économiques passent par des pays que la Chine doit encore convaincre ou persuader de l’intérêt de telles voies de communication comme le Pakistan ou l’Inde, ce dernier voyant en la Chine une concurrence pas toujours bienvenue. Tout comme pour la Russie qui ne voit pas d’un très bon œil l’arrivée d’intérêts chinois en Asie centrale.

Mais comme le souligne David Lewis, « pour le moment, la Russie et la Chine ont plus à gagner d’une coopération sur la Route de la Soie que d’une compétition ».

chine-info.com

J’aime

Suivez nous sur Facebook chine-info.com

Suivez nous sur Twitter

@chine-info.com

suivre @chine-info.com

chine-info.com

Suivez-nous sur Instagram : chineinfophotos