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Dorian Malovic

[Dorian Malovic] La Chine interdit totalement le commerce de l’ivoire

Dorian Malovic 2018-01-04 10:33:08

Crédit photos: CNS

Pékin l’avait promis. Depuis le 1er janvier 2018, le commerce de l’ivoire sous toutes ses formes est désormais totalement interdit et illégal en Chine. Cette décision est considérée par tous les défenseurs des éléphants comme une avancée majeure pour la protection de ces animaux d’Afrique dont le nombre ne cesse de baisser depuis des années. Selon les défenseurs de la nature, près de 20 000 éléphants sont tués chaque année par des braconniers. Alors que la Chine était le premier marché de destination pour les défenses d’éléphants, cette nouvelle loi devrait porter un coup sérieux à tous les braconniers et trafiquants sur le continent africain et en Asie.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) avare de compliments en général, a déclaré le 2 janvier qu’il était « heureux de voir les portes du plus grand marché de l’ivoire se fermer ». Pour le directeur Afrique du WWF, Fred Kumah, « il s’agit d’un pas majeur qui va renforcer la protection des éléphants en Afrique ». En Chine le message est désormais très clair : « À partir d’aujourd’hui, l’achat et la vente d’ivoire et de produits de l’ivoire par les marchés, les magasins et les commerçants est hors-la-loi », a déclaré le ministère chinois des Forêts sur le réseau social Weibo. « À partir de maintenant, si un marchand vous dit qu’il s’agit d’un “vendeur d’ivoire approuvé par l’État”, il vous trompe et viole la loi en connaissance de cause », a-t-il ajouté.

Ce changement de politique remonte à 2015 lorsqu’un accord avait été passé entre le président américain Barack Obama et son homologue chinois Xi Jinping pour interdire la vente d’ivoire dans leurs pays respectifs. Une grande campagne d’information avait été lancée en Chine mettant en avant des grandes stars du sport et du cinéma pour convaincre les Chinois des effets néfastes du commerce d’ivoire sur la survie des éléphants d’Afrique. Des spots télévisés et des affiches avaient inondé le pays montrant par exemple le grand basketteur Yao Ming défendant la survie des éléphants.

De son côté le gouvernement avait déjà fermé un premier groupe de 67 magasins officiels en mars 2017, sur un total de 172 qui écoulaient des stocks accumulés avant 1989 lorsque le commerce en a été interdit sur le plan mondial, ainsi que d’un lot acheté à plusieurs pays africains en 2008 dans le cadre d’une vente exceptionnelle. Avec cette annonce d’interdiction totale du commerce de l’ivoire en Chine, les 105 derniers magasins restant ont été fermés ce 1er janvier 2018. L’ivoire est très recherché en Chine, où il a pu atteindre jusqu’à 1 050 € le kilo, étant considéré comme le symbole d’un statut social élevé. La forte demande du pays a alimenté le massacre de dizaines de milliers de pachydermes africains par an.

Un rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF), diffusé en septembre 2017, soulignait que les « réseaux criminels organisés, notamment de citoyens chinois, opèrent en Afrique centrale, et sont des acteurs clés du commerce d’ivoire ». Selon l’ONG, « trois facteurs compromettent gravement la lutte contre le trafic d’ivoire en Afrique centrale : la faible gouvernance, la corruption et l’évolution changeante du commerce », parlant d’un système international de plus en plus sophistiqué. Selon le WWF, « plus de 20 000 éléphants meurent chaque année en raison de leurs défenses en ivoire ».

Reste que la fermeture du commerce légal de l’ivoire en Chine devrait entraîner une recrudescence du marché noir, déjà très prospère depuis des années. Ces réseaux relient l’Afrique de l’Est (Tanzanie, Kenya) à l’Asie (Malaisie, Philippines et Hong Kong). Selon plusieurs ONG, près de 90 % de l’ivoire vendu en Chine passe déjà par le marché noir que les autorités chinoises s’efforcent d’éliminer. Jusqu’à aujourd’hui, l’ivoire ne faisait que transiter par la Région administrative spéciale de Hong Kong (RASHK) et se retrouvait dans des centaines d’ateliers clandestins du continent. Maintenant, il risque de rester à Hong Kong et d’y être vendu légalement car Hong Kong n’a pas encore appliqué de nouvelles lois comme sur le continent pour interdire le commerce d’ivoire.

Après l’interdiction mondiale en 1989, les autorités hongkongaises ont permis aux marchands d’ivoire de continuer à écouler leurs stocks jusqu’à épuisement. En 1990, la ville hébergeait 474 tonnes d’ivoire et en 2000 ce chiffre avait été divisé presque par deux pour atteindre 261 tonnes. Mais ces stocks n’ont pratiquement plus baissé depuis. Les marchands vendent des pièces mais les remplacent aussitôt par de nouvelles provenant du trafic. Des saisies record d’ivoire de presque 10 tonnes, venant d’Afrique, ont été effectuées en 2017 à Hong Kong (les douanes ont confisqué 38 tonnes entre 2000 et mi-2017). Le gouvernement de Hong Kong réfléchit sérieusement à une interdiction totale de la vente d’ivoire mais les lois n’entreront en vigueur qu’à partir de 2021 et très progressivement.

Dorian Malovic

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