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Dorian Malovic

[Dorian Malovic] Une nouvelle relation franco-chinoise très prometteuse

Dorian Malovic 2018-01-12 13:15:23

Il ne fait aucun doute qu’une nouvelle ère vient de s’ouvrir dans les relations franco-chinoises au lendemain de la visite d’Etat du président Emmanuel Macron en Chine du 8 au 10 janvier 2018. C’est le sentiment qui émerge au terme de cette première visite du président français en Chine, un pays qu’il ne connaissait pas très bien mais qu'il était très impatient de rencontrer. Pékin, d’ailleurs, aurait souhaité le voir venir dès l’automne dernier, très vite après son élection en mai dernier. Les agendas étaient surchargés, l’Europe avait été son cheval de bataille durant sa campagne, les Etats-Unis avaient un nouveau président imprévisible qu’il fallait découvrir, Vladimir Poutine a été invité à Versailles… Sage et discrète, la Chine a joué la patience et l’année 2018 a commencé pour le président Macron par une découverte de la République populaire de Chine.

Ignorant de la chose chinoise, le président Macron a beaucoup consulté avant son départ : des sinologues, des économistes, des chercheurs, des Chinois de la diaspora à Paris, de vieux amis de la Chine comme Jean-Pierre Raffarin… et il a su intégrer toutes ces informations pour faire de son voyage une réussite, un presque sans-faute. Il a assimilé tous les codes indispensables à la bonne compréhension mutuelle, fondée sur la séduction (il s’est brièvement exprimé en mandarin) et la confiance (« je reviendrai chaque année ») mais avec des objectifs précis et affirmés ouvertement. Il est incontestable que les relations entre la France et la Chine ont atteint un degré de maturité et de sagesse rarement atteint. Enfin.

Dans un contexte international très particulier qui voit la diplomatie américaine s’effacer, la disparition de la Grande-Bretagne avec le Brexit, le retrait momentané d’Angela Merkel, le président Macron s’est donné le rôle du partenaire européen crédible, jeune, dynamique, solide et volontaire afin de travailler sur les échanges Chine-Europe. Et sur le grand sujet majeur pour les Chinois « Les Nouvelles routes de la soie », qui veut devenir un lien entre la Chine, l’Europe et l’Afrique, le président Macron s’est dit prêt à « monter dans le train », y participer mais dans une approche de « réciprocité » dans laquelle tout le monde y gagne des deux côtés. Paris cherche clairement à intégrer la Chine dans son projet de G5 Sahel dans la lutte contre le terrorisme. La Chine tient également à pouvoir s’appuyer sur la France pour des projets communs en Afrique. Des intérêts communs se retrouvent et c’est là que le maître-mot « réciprocité » prend tout son sens.

C’est justement dans cette perspective que quelques gros contrats ont été signés, une usine de retraitement de déchets nucléaires pour dix milliards d’euros, la levée dans les six mois du marché chinois au bœuf français en attendant une ouverture pour la volaille. Enfin un contrat de 184 Airbus A320 dont la livraison est prévue en 2019-2020 a été signé entre les deux partenaires. Pour autant le plus important cette fois n’a pas été la somme globale des contrats même si la France reste toujours déficitaire de 30 milliards d’euros vis-à-vis de la Chine. Le succès d’un tel voyage présidentiel en Chine ne se mesure plus au montant des contrats. Il a changé de nature et les perspectives sont enfin développées sur le long terme, plus au coup par coup, on fait une visite de trois jours on signe des contrats et on rentre en France. Le « je reviendrai chaque année » augure parfaitement de cette nouvelle relation franco-chinoise. Une maturité réciproque.

Dorian Malovic

chine-info.com

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