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Emmanuel Lincot

Forum de Coopération Chine-Afrique à Pékin: un succès diplomatique

Emmanuel Lincot 2018-09-07 08:19:19

Impressionnant par les moyens employés, le FOCAC (Forum on China-Africa Cooperation) se réunissait pour la septième fois à Pékin, les 3 et 4 septembre 2018. Rassemblant 54 délégations venues du continent africain, en plus des dirigeants de l'ONU, de l'Union africaine, et de 26 organisations africaines et internationales. Ce forum avait pour thème « communauté de destin et partenariat mutuellement avantageux ». Il consacrait surtout la montée en puissance de la Chine, premier partenaire commercial de l'Afrique, rappelant par là-même que Pékin n’avait jamais cessé, depuis ces deux dernières décennies, d’augmenter son aide au développement. Ce septième FOCAC s’inscrivait par ailleurs dans une continuité d’initiatives tous azimuts de la Chine prises notamment dans les domaines éducatif et culturel à destination de l’Afrique. Ainsi, en accueillant au mois de juin, la troisième réunion annuelle des commissions nationales de l’UNESCO à Shanghai, les autorités chinoises se faisaient les ardents défenseurs des Objectifs de développement durable (ODD) et offraient, pour la première fois, un projet permettant à tous les pays de participer au même niveau. Il s’agissait là d’une rupture nette avec les objectifs précédents permettant aux seuls pays industrialisés d’agir comme bailleurs de fonds. Symboliquement, de nouvelles relations pour favoriser la coopération Nord-Sud et Sud-Sud pouvaient dès lors se mettre en place et ce, avec d’autant plus de facilité que les Etats-Unis avaient annoncé un an auparavant, leur retrait de l’UNESCO.

Source : Xinhua

Last but not least, et fort du soutien des Etats africains, la Chine obtenait d’Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, la nomination d’un Chinois, Yue Due, à la tête du département Afrique. Cette empathie diplomatique sino-africaine ne s’est jamais démentie depuis la guerre froide. La séduction du modèle de développement chinois contre les conditions drastiques imposées par le FMI emportent souvent leur décision. Mais c’est aussi une culture des résultats et les conditions proposées par Pékin comme aide au développement qui explique l’engouement de l’Afrique pour la Chine. Ainsi, depuis le FOCAC de Johannesburg de 2015, la Chine a créé des centres de formation : 200 000 techniciens africains y sont formés et 40 000 d’entre eux vont en stage en Chine. La Chine offre également 30 000 bourses à des étudiants africains et 200 chercheurs sont invités chaque année à poursuivre leurs travaux en Chine. La Chine est devenue une destination privilégiée des étudiants africains avec une augmentation en moyenne de 35 % par an ces dix dernières années du nombre d’étudiants. Selon les chiffres du ministère chinois de l’éducation, 41 677 étudiants africains étaient en Chine en 2014. En outre, depuis ces quatre dernières années, la Chine reçoit via le China Africa Press Center Program des reporters africains venus se confronter à la politique, la culture, les arts et l’histoire de la Chine. Alors qu’elle était déjà largement supérieure aux promesses du G20 en 2016, il faut s’attendre encore à une amélioration de l’efficacité géopolitique de l’action chinoise grâce à la décision, rendue publique en mars dernier, de créer une agence de l’aide directe avec à sa tête Wang Xiatao, n°2 de la Commission de la réforme et du développement.

L’attention et le faste même avec lequel le Président chinois a reçu ses hôtes contrastent avec les positions de Donal Trump qui, en janvier dernier, avait traité l’Afrique et ses « pays de merde ». Le Président Xi Jinping a, lui, rappelé une constante dans ses choix de diplomatie : « nous poursuivons toujours la pratique des ‘cinq non’ dans nos relations avec l'Afrique, à savoir : ne pas s'ingérer dans la recherche par les pays africains d'une voie de développement adaptée à leurs conditions nationales, ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures africaines, ne pas imposer notre volonté à l'Afrique, ne pas assortir nos aides à l'Afrique de conditions politiques quelconques, et ne pas poursuivre des intérêts politiques égoïstes dans notre coopération en matière d'investissement et de financement avec l'Afrique. Nous espérons que les autres pays pourront aussi se conformer à ce principe des ‘cinq non’ dans le traitement des affaires liées à l'Afrique ». Champion du multilatéralisme, le Président Xi Jinping a poursuivi sa déclaration devant Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, présent à l’événement, et a conclu en insistant sur le fait que la Chine travaillerait « à mettre en œuvre cinquante projets d'aide en matière de sécurité dans le cadre de l'initiative ‘One Belt, One Road’ et dans les domaines du maintien de l'ordre public, des opérations de maintien de la paix des Nations unies et de la lutte contre la piraterie et le terrorisme ». Il confirme ainsi sa volonté d’intégrer le continent africain au projet des Nouvelles Routes de la soie.

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