Suivez-nous | français

C'est la Chine

[Société] Trouver un logement à louer à Pékin en 100 jours: une journaliste américaine raconte

Je veux commenter   2016-01-26 22:13:27    Source:Chine-info.com

La journaliste américaine Jessica Meyers a publié sur son blog dans le Wall Street Journal fin décembre dernier, un article intitulé "Beijing: comment un expat apprend à vivre là où il cherche un logement". L'article a grandement suscité l'intérêt des chinois, montrant que le phénomène ne touche pas uniquement les étrangers. 

La journaliste explique qu'après 30 visites d'appartement, celui qui leur plaisait le mieux, à Jessica et son mari, avait deux toilettes mais pas de douche. 
"On pensait qu'il serait très facile de trouver un logement à Pékin, comme c'est le cas à Washington, mais il n'en est rien. L'expérience de la recherche de logement a été très constructive pour comprendre cette ville et ses habitants." 

Selon la journaliste, la capitale chinoise fait face à un phénomène inverse des autres villes chinoises: la demande est grandement supérieure à l'offre, surtout concernant les logement au prix modéré. En 2014, parmi la liste des 40 villes chinoises classées selon le prix de l'immobilier, publiée par The Economist, Pékin était classé deuxième ville la moins abordable du pays. D'après l'analyste immobilier Michael Cole, interviewé par la journaliste, le prix du logement à la vente étant hors de portée des familles moyennes, la demande des logements locatifs est également à la hausse, et le phénomène s'avère encore plus vrai pour Pékin qui attire les professionnels de tout le pays.

En effet, les prix de location vont de 70 $ par mois pour une chambre souterraine à 4 500 $ par mois pour deux chambres à coucher dans un gratte-ciel près de la place Tiananmen dans le centre de Pékin. Il n'existe aucun critère officiel qui encadre les prix de l'immobilier.

"Et c'est là que les agents entrent en jeux", explique Jessica Meyers. "Ces intermédiaires sont à la fois le salut du chasseur de logement mais aussi un fardeau inévitable. Ils savent quels appartements sont inoccupés et quelles maisons traditionnelles dissimulent des intérieurs refaits. La plupart d'entre eux demandent l'équivalent d'un mois de loyer pour commission."

Les locataires trouvent habituellement les agents à l'aide de WeChat (l'application de messagerie la plus utilisée en Chine), qui concluent des affaires par un simple clic dans l'application. 
"Chunck, raconte encore Jessica Meyers, un jeune agent dans le milieu, est un pro du WeChat. Il m'envoie tous les jours des photos de chambres sombres et de rideaux de douche tout en insistant qu'il faut agir vite".  

Dans son récit, la journaliste américaine explique que de nombreuses interactions avec les agents commencent par une station de métro et un scooter. Le rendez-vous est donné à la sortie d'une bouche de métro ou devant un centre commercial et quelqu'un vient la chercher avec un scooter. 
Les visites ressemblent la plupart du temps à une visite de groupe: des agents, des courtiers et des propriétaires accueillent les futurs locataires dans une pièce remplie de canapés jaune canari ou des miroirs du sol au plafond.
Pour Jessica Meyers, chaque voyage lui a ouvert les fenêtres sur la culture et la cadence de la ville de Pékin, la manière informelle de faire des affaires - le manque total de catalogue de prix et de liste - est devenue une formation à la négociation. 

C'est à ce moment là que la journaliste et son mari décident d'étendre leurs recherches dans les hutongs, ces vieilles ruelles avec leurs maisons à cour carré qui forment le vieux quartier de Pékin. "Les étrangers veulent habiter ici, lui explique un agent, alors que les chinois veulent des appartements".
Autrement dit, les expatriés étrangers aiment avoir l'illusion de vivre dans la "vraie Chine", analyse Jessica Meyers, même si leur maison tombe un peu en ruine, coûtent plus chères que les appartements équipés et manquent de toilettes. 



Jessica Meyers devant sa maison ©Jeff Kearns

Le premier jour de leur arrivé à Pékin, Jessica Meyers et son mari ont été aidés par une américaine, qui leur a parlé d'un couple d'amis qui avaient l'intention de quitter le pays. Ce couple vivait dans une maison construite sous la dynastie Qing qui a été divisée en plusieurs habitations durant la Révolution Culturelle. Cette petite résidence en bois, à trois kilomètres de la Cité Interdite, présente une minuscule cour arborée, entourée de trois structures indépendantes. Cent jours après leur arrivée, Jessica Meyers et son mari s'y sont installés.
"Nous avons réalisé qu'il fallait de la patience et des connaissances, comme pour beaucoup de choses en Chine. C'est dans le processus de recherche de logement que nous avons appris à vivre ici".  

Jessica raconte encore: "Les précédents locataires avaient racheté le coq du voisin afin qu'il ne hurle plus au beau milieu de la nuit. La salle de bain n'est pas liée aux autres parties de la maison, la lumière de la cuisine a cessé de fonctionner le jour où nous avons aménagé mais il y a un patio en pierre d'où l'on peut observer les oiseaux et les voisins qui sourient à notre surdité des tons dans notre tentative de communiquer en chinois." 



La maison dans les hutongs de Pékin ©Jessica Meyers

+plus Rendez-vous

chine-info.com

J’aime

Suivez nous sur Facebook chine-info.com

Suivez nous sur Twitter

@chine-info.com

suivre @chine-info.com