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C'est la Chine

[Société] Le syndrome du nid vide ou la crainte d'être délaissé

Je veux commenter   2017-05-04 04:52:16    Source:Chine-info

Interviewés par le site iNews.iFeng.com (le site d'information pour mobiles de Phoenix TV), M. et Mme Zhang, respectivement de 61 et 60 ans, retraités, expliquent qu'ils se trouvent dans une situation impossible à cause du choix de vie de leur fille.

Dix ans plus tôt, leur fille unique, Zhang Li est partie faire des études aux Etats-Unis et depuis, elle a épousé un américain et est restée vivre là-bas.

Aujourd'hui, M. Zhang ne sait plus comment la convaincre de rentrer au pays et la menace même de "couper les liens". Ce père désespéré avoue que sa plus grande erreur a été d'envoyer sa fille à l'étranger. L'ayant eu tard, dans la trentaine, le couple voulait offrir le meilleur à leur fille unique. Lors du bac, Zhang Li a manqué de 11 points pour accéder à la prestigieuse université de son choix. C'est alors qu'elle a demandé à ses parents de partir étudier aux Etats-Unis. Ces derniers ont du vendre leur appartement pour un autre plus petit afin de réunir l'argent nécessaire pour ses études.

En 2007, Zhang Li reçoit une lettre d'admission d'une université américaine et les parents se souviennent encore du jour où ils l'ont accompagné à l'aéroport, où ils ont senti un grand vide dans leur vie.

Mme Zhang a laissé de nombreuses recommandations à sa fille pour sa vie aux Etats-Unis, comme ne pas sortir seule le soir ou ne pas participer à des manifestations. Elle s'est même chargée de lui faire un cours d'éducation sexuelle, en espérant lui inculquer les valeurs de l'amour et du mariage. Pour finir, elle a imposé quelques règles : ne pas sortir avec des étrangers (occidentaux), ne pas avoir d'enfant sans être mariée, ne pas sortir avec un professeur.

En plus de s'inquiéter pour leur fille, le couple a difficilement vécu son absence, surtout Mme Zhang qui a commencé à avoir des sautes d'humeur et des insomnies durant les deux premiers mois. "Je pensais que j'étais prête mais en fait pas du tout. Depuis que ma fille est partie, j'ai l'impression d'avoir perdu mon âme, même si au fond de moi je sais que c'est une bonne chose pour elle d'aller à l'étranger", explique Mme Zhang qui dit appeler sa fille trois fois par jour.

Du côté de Zhang Li, depuis qu'elle est aux Etats-Unis, elle reste discrète sur sa vie. Même si ses parents communiquent souvent avec elle par téléphone ou par Skype, "à part se plaindre de la nourriture là-bas et dire qu'elle est très occupée par ses études, on ne sait pas trop comment elle vit, ses notes, ses amis, etc.", déplore sa mère.

La famille de M. Zhang ne sait pas que les études de leur fille est auto-financée, ce qui représente environ 300 000 yuans (environ 40 000 €) par an. Pour une famille aux revenus moyens comme celle de M. Zhang, cela représente un investissement colossal.

Durant sa deuxième année d'étude, Zhang Li a pu rentrer en Chine passer le Nouvel an en famille. Et la troisième année, ses parents ont pu aller lui rendre visite aux Etats-Unis. Son père remarque alors les changements : oreilles percées, boucles d'oreilles pendantes, sacs à main à la mode. En discutant avec une amie de Zhang Li, il apprend qu'elle a fréquenté un américain depuis son arrivée. "J'étais fier de ma fille mais j'avais aussi très peur qu'elle nous quitte", se confie-t-il.

Après l'obtention de son Master en 2015, Zhang Li annonce à ses parents qu'elle a décidé de rester travailler aux Etats-Unis et qu'elle allait se marier avec un américain.

Un choc pour le couple qui s'oppose catégoriquement au mariage. M. Zhang donne ses raisons : d'abord à cause de la différence culturelle ensuite parce que cela implique qu'ils vivront loin de leur fille unique. "Avec ma femme nous ne pourrons pas aller vivre aux Etats-Unis donc si elle reste là-bas, on ne se verra peut-être plus. C'est notre seule fille", explique M. Zhang.

Aujourd'hui, M. et Mme Zhang sont tiraillés entre le bonheur de leur fille et la crainte de finir leurs vieux jours seuls, loin de leur enfant unique. Ils ont essayé tous les moyens pour convaincre leur fille de rentrer en Chine, de la négociation à l'intimidation en passant par le chantage affectif. Leur plus grande crainte est de se dire qu'ils n'auront personne pour s'occuper d'eux quand ils seront vieux.

C'est la crainte de très nombreux parents chinois et l'exemple de la famille Zhang peut se refléter dans de nombreuses familles chinoises, que les enfants soient partis à l'étranger ou même dans une autre région éloignée.

La politique de l'enfant unique, les notions traditionnelles de piété filiale et de la famille, le manque de système de prise en charge des personnes retraitées font de la vieillesse et le rapport entre les générations de grands sujets de société pour la Chine contemporaine.

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