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C'est la Chine

[Technologie] Paris - Pékin en 2 heures en train supersonique

Je veux commenter  Kavian Royai 2017-09-13 11:49:10    Source:Chine-info.com

La Chine prévoit de développer un train 4 fois plus rapide qu’un avion de ligne. Science-fiction ou réalité ?

4000 km/h. Deux fois plus vite qu’un Rafale, ces avions à réaction de l’armée française. Quatre fois plus qu’un Airbus, dix fois plus qu’un TGV... Le 30 août dernier à Wuhan (province du Hubei), s’est tenue la troisième session du Sommet sur l’aéronautique commerciale chinoise. L’annonce faite a détonné : la China Aerospace Science and Industry Corporation (CASIC) est au stade préliminaire du développement d’un « train aérien à ultra haute vitesse » (chaogaosu feixing lieche) capable d’atteindre 4000 km/h, soit le premier engin terrestre capable de vitesse supersonique. Le train, en lévitation grâce à un champ magnétique, se déplacera dans des tubes sous vide. En terme de technologie, ce projet se rapproche de celui de l’Hyperloop, à l’initiative d’Elon Musk, le patron de Tesla et de Space X. Ce dernier a déjà réussi à faire avancer son train à la vitesse de 355 km/h lors de derniers tests effectués le 9 septembre dernier. Sauf que l’objectif final de l’Hyperloop est d’atteindre la vitesse de 1200 km/h.

Est-ce possible ?

Actuellement dans le monde, très peu de compagnies ont publiquement annoncé travailler sur des projets de transport similaires. Ceux en cours portent sur des vitesses avoisinant les 1000 km/h. L’agence Xinhua rapporte que pour la Chine, il s’agit de la première coopération internationale dans ce domaine, puisque qu’elle fait intervenir plus de 20 structures de recherches de pays différents, avec déjà plus de 200 brevets sur le sujet. Les techniques utilisées en Chine seront différentes de celles déjà étudiées à l’étranger : ailleurs, la technique de lévitation s’obtient à l’aide de roues motrices, qui permettent d’abord de lancer le train à une vitesse pré-requise. En Chine, la suspension sera obtenue par magnétisme, grâce à un système de supraconduction à haute température. Celle-ci s’obtient passivement et sans vitesse initiale, donc même à l’arrêt, et sans système de roues motrices. Le vide créé dans le tube au sein duquel se déplace le train, sert à faire diminuer la résistance créée par le frottement de l’air.

La supraconductivité à haute température est un système utilisant des matériaux supraconducteurs, c’est-à-dire permettant le transport d’une très grande quantité d’électricité, nécessaire pour faire léviter le train. La supraconductivité demande habituellement de faire refroidir ces matériaux afin qu’ils gardent leur qualité supraconductive au maximum : jusqu’à plus de 200°C, comme pour le Maglev, le train qui relie Shanghai à son aéroport. Aujourd’hui, de plus en plus de nouvelles matières sont découvertes avec une supraconductivité se rapprochant de la température ambiante, donc nécessitant moins d’énergie.

Mao Kai, le directeur technique du projet, est confiant : « Les transports sont un secteur stratégique en Chine. Avec le développement et l’industrialisation de ce type de technologie, les coûts seront de moins en moins élevés, c’est une tendance sûre. »

En est-on si sûr ?

Les journalistes de Xinhua posent, à juste titre, la question suivante : dans un contexte où un retour à la lenteur est plébiscité dans la société, est-ce bien raisonnable de tenter d’atteindre les retranchements ultimes de la vitesse sur terre ? Pour répondre à cette question, l’un des spécialistes présent au sommet y répond par une autre : « Ne serait-il pas formidable de faire le tour du pays en deux heures ? Celui du monde en une matinée ? » Avant de continuer : « En plus de rapprocher les villes entre elles, ce type de transport ne subit pas d'intempéries, ni ne consomme de pétrole. Comme une rame de métro entre deux stations. »

Pour Mao Kai, la CASIC dispose déjà de moyens financiers, humains et technologiques pour lancer le projet. « Cela va révolutionner les manières de voyager, permettre de mieux répartir les ressources sur l’immense territoire chinois, rapprocher les grands centres économiques en moins d’une heure. Enfin, cela est en accord avec le projet des Nouvelles Routes de la Soie. » Il continue : « Entre Pékin et Wuhan, c’est 1100 km, soit actuellement près de 5h en TGV. Dorénavant, on pourra partir assister à une réunion d’entreprise à l’autre bout du pays et revenir dans la même matinée. Le voyage ne prendra qu’une demi heure. »

D’après la CASIC, le projet se fera selon une stratégie progressive en 3 étapes : un premier réseau d’infrastructures régionales sera construit pour relier des villes à une vitesse de 1000 km/h ; puis un réseau national sera dédié au transport entre les grandes mégapoles du pays, Pékin, Shanghai, Chengdu ou Canton, sur une vitesse de 2000 km/h ; enfin, une capacité de transport à 4000 km/h sera développée pour le projet transcontinental des Nouvelles Routes de la Soie. Cette dernière étape en fera une véritable marque de fabrique chinoise en terme d’aéronautique, de transport ferroviaire et d’énergie nucléaire.

Et le passager ?

À plus de 1000 km/h, y aura-t-il des conséquences sur la santé ? Faudra-t-il avoir suivi un entraînement spécial ? Quid du billet ? Ces questions ne manquent pas de rappeler des inquiétudes similaires nées avec l’invention du chemin de fer au XIXe siècle (dont les locomotives à vapeur atteignaient à peine 50km/h). « Pas de problème en terme de santé, l’accélération du train se fera de manière progressive en fonction de ce que le corps humain peut supporter, et jusqu’à ce que la vitesse de croisière soit atteinte. Même chose lors de la décélération », répond Mao Kai. « Le corps ne sent pas la force d’accélération d’un train classique, car celle-ci est relativement faible. En revanche, il ressent bien celle d’un avion, qui a besoin d’une forte propulsion au décollage. Pourtant en vol, on ne sent plus rien, car c’est seulement lors du processus d’accélération que le corps subit une forte pression. » La sécurité des passagers demeure un problème sur lequel la CASIC porte aussi une attention capitale. « Nous sommes pour le moment en terre inconnue, et il n’y a pas de normes en la matière. Nous nous référons à ce qui peux déjà exister, en y ajoutant nos propres standards de sécurité ».

« Quant au prix du billet, il faudra le fixer en fonction des capacités de dépense de la demande, de la distance parcourue en fonction du temps, etc. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de prix absolu. Si on reprend l’exemple de Pékin-Wuhan en une demi-heure, contre 5 à 6 heures pour des moyens de transports classiques, le prix du billet sera évidemment différent. Toutefois, il faudra qu’il reste acceptable pour l’ensemble de la population. »

Crédit photo : Xinhua

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