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C'est la Chine

Louer Vuitton à moindres louis : l'économie du partage touche aussi les produits de luxe

Je veux commenter  An'an Ding 2018-10-08 05:48:11    Source:

En Chine, grâce à l’économie du partage, il est maintenant possible de s’afficher avec un sac Louis Vuitton le temps d’une soirée, tout en gagnant un salaire mensuel ne dépassant pas le prix dudit sac, et ce pour une somme modique.

Source: CNS

Depuis quelques années, l’économie du partage a le vent en poupe dans l’Empire du Milieu. Après le succès des vélos partagés sans station, dont le célèbre vélo jaune Ofo, puis le succès plus mitigé des parapluies partagés, plusieurs start-up chinoises se sont lancées depuis peu dans le partage de produits de luxe, plus particulièrement dans la mode.

Plusieurs plateformes en ligne fleurissent sur le marché virtuel de l’économie du partage. Elles proposent de louer pendant une courte période aussi bien de la maroquinerie de marque que des vêtements, des bijoux ou encore des montres de luxe. Leur fonctionnement est plus ou moins similaire. Chaque utilisateur doit préalablement s’enregistrer sur le site en fournissant un document d’identité et en s’acquittant d’une caution avant de pouvoir louer l’objet qui lui sera envoyé. À l’expiration du contrat, il suffit à l’utilisateur de renvoyer le produit loué.

Des clients séduits par l’initiative

Dai Chen, une jeune femme de 28 ans travaillant dans la finance à Changsha, a récemment testé l’une de ces plateformes en vue d’une mondanité. Malgré l’absence de sac de marque dans son dressing, la jeune femme a pu apparaître à sa réception, pour seulement 25 yuans, avec à son bras un sac Gucci édition limitée. Conquise par cette idée, elle préfère dépenser une somme modique pour louer un sac plutôt que de vider ses économies pour en acquérir un.

Elle n’est pas la seule à avoir été séduite par cette initiative qui attire principalement la génération Y (personnes née entre 1980 et 2000), des jeunes gens qui sont souvent au fait de la mode et plus familiarisés avec l’économie du partage. Liu Min, jeune homme des années 90, est un addict des sacs de luxe. Grâce à son bon score au Sesame Credit (un crédit social élaboré par Alibaba basé sur les habitudes de consommation) Liu Min bénéficie d’une caution moindre. Il peut louer un sac pour seulement 32 yuans. Zhang Yuxian, elle aussi née dans les années 90 et jeune cadre dynamique, est souvent appelée à rencontrer des clients. Lors de ces occasions, l’habit faisant quand même un peu le moine, Yuxian a souvent recours à la location de vêtements et accessoires de luxe. Pour elle, un des avantages est la possibilité de changer de style au gré de ses envies. De plus, fini les allers et retours au pressing : après utilisation, il suffit de renvoyer les vêtements et accessoires loués. De nombreux autres internautes ont été conquis par cette initiative et ils sont plus de 10 millions aujourd’hui à utiliser le même site que Yuxian.

Mode passagère ou tendance durable ?

Ces dernières années, l’économie du partage est devenue la nouvelle force du développement économique en Chine. En 2017, les transactions monétaires du fait de l’économie du partage se chiffraient à 490 milliards de yuans, soit une augmentation de 47,2 % par rapport à l’année précédente.

Plusieurs start-up, spécialisées dans le partage d’accessoires vestimentaires de luxe, ont réussi à trouver un capital d’amorçage et un premier tour de financement. Pour autant, leur viabilité n’est pas encore acquise et ces jeunes entreprises font face à plusieurs défis tel que le prix d’achat élevé des accessoires à louer, les coûts de maintenance, l’usure, la différenciation difficile de ses produits vis-à-vis de ceux de la concurrence.

La confiance est une notion clef lors de ce type de transactions. Le consommateur doit avoir confiance en l’authenticité de l’objet loué. De même il existe pour le loueur le risque d’avoir son produit substitué par une contrefaçon pendant la location.

Des limites aux partages de ces produits subsistent également pour les consommateurs. Entre autres, le montant de la caution atteint parfois le prix du produit neuf. De plus, certains utilisateurs ont reçu des vêtements dégradés (troués ou tâchés par exemple) et se sont plaints d’avoir affaire à un service client peu compréhensif.

Ces nouveaux modes de fonctionnement économique chamboulent l’organisation actuelle de la société. Certains prédisent un futur prospère pour l’économie du partage en Chine avec sa diffusion probable à un éventail de domaines encore plus large tel que la manufacture, l’agriculture, l’éducation, le bien-être des personnes âgées, etc. Pour envisager la durabilité de ce nouveau mode de fonctionnement, les chercheurs s’interrogent. La demande pour ces produits partagés est-elle suffisamment importante ? Les habitudes de consommation sont-elles compatibles avec ce mode de fonctionnement ? Le système est-il adapté pour supporter et encadrer l’économie du partage ? À voir…

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