WALASSE TING (1928-2010). Le « voleur des fleurs ». Exposition au musée Cernuschi du 7 octobre 2016 au 26 février 2017

2016-10-07 12:40:30 Chine-info.com Emmanuel Lincot

Le hasard des calendriers fait qu’à la suite de l’exposition consacrée au peintre Zao Wu-ki, c’est au tour de son ami Walasse Ting de faire l’objet d’une programmation à Cernuschi, six ans après sa disparition. Si chacun est à sa manière un artiste de la globalisation, Walasse Ting l’est peut-être davantage que son contemporain franco-chinois pour avoir successivement séjourné à Hong Kong, à Paris mais aussi et surtout à New York puis à Amsterdam. C’est dans cette trajectoire au long cours que le peintre a rencontré le groupe COBrA dont certains membres comme Pierre Alechinsky manifestent leur intérêt pour le lavis. C’est dans le contexte new yorkais qu’il fait aussi la découverte de Sam Francis et de l’Action painting. Une très belle photographie les montre tous deux, aux côtés de Reinhoud. Ils posent, en 1963, devant l’objectif de Suzy Embo.

Il participe alors à des réalisations collectives comme le projet One Cent Life (1964) qui réunit le gotha artistique américain d’alors avec Robert Rauschenberg, Andy Warhol mais aussi des passeurs européens d’entre les deux rives de l’Atlantique comme Jean-Paul Riopelle et Asgern Jorrn. Dans les années 1970, le musée Cernuschi avait reçu de Walasse Ting quatre-vingt œuvres. Peintures aux riches et chaudes couleurs nous montrant la finesse de corps féminins, parfois réunies sous la forme de feuillets ornant un livre, elles sont pour la première fois montrées au public parisien. S’y ajoutent des fonds en provenance d’autres collections européennes ou américaines. L’ensemble de l’œuvre de Walasse Ting a été préalablement restaurée.

C’est la plus importante rétrospective consacrée à cet artiste après celle qui eut lieu au Musée d’art moderne de Taipei, en 2011. On y voyait essentiellement la production la plus récente de l’artiste dont cette Femme au perroquet qui est sans doute l’une de ses plus belles réussites. Elle évoque irrésistiblement Chang Yu et l’érotisme des nus privilégiés, quelques décennies plus tôt, par l’un de ses grands aînés. On admirera aussi ces figures idéographiques - Chinese City en est une - formellement proches de celles exécutées par un Degottex. Un événement organisé sous la conduite avertie d’Eric Lefebvre et de Mael Bellec, respectivement directeur et conservateur du musée. Un remarquable catalogue l’accompagne et retrace l’extraordinaire polyvalence de l’artiste.

Emmanuel Lincot

Musée Cernuschi

7 avenue Velasquez

75008 Paris

Tél : 01 53 96 21 50

Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h

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