Un double hommage rendu à l'artiste Pan Yuliang - Musée Cernuschi & Villa Vassilieff

2017-05-29 17:21:08 Chine-info.com Emmanuel Lincot

Peintre, sculptrice et graveuse, originaire de l’Anhui, sa trajectoire a épousé toute une partie de l’histoire de la Chine, et celle de son pays d’adoption : la France. Née en 1895, au moment où la dynastie impériale des Qing brille de ses derniers feux, Pan Yuliang est l’une des premières étudiantes de l’Académie des Beaux-arts de Shanghai que dirige, en 1918, le célèbre peintre Liu Haisu. Elle séjourne une première fois en France en bénéficiant d’une formation à l’institut franco-chinois ainsi qu’à l’Ecole des Beaux-arts de Lyon. La capitale des Gaules est à partir de 1921 un haut lieu de rassemblement de la diaspora intellectuelle chinoise dont le séjour est favorisé par deux figures importantes de l’entre-deux-guerres : Cai Yuanpei, recteur de l’université de pékin, et Edouard Herriot, alors maire. Pan Yuliang monte ensuite à Paris où elle fait la connaissance de l’un des mentors de l’avant-garde chinoise, Xu Beihong. Adepte du réalisme en art, dont les principes lui sont inculqués par son Maître Pascal Dugnan-Bouveret, elle laisse à la postérité une œuvre considérable. Si une partie de ses tableaux a été rapatriée dans son pays d’origine, après sa disparition en 1977, le musée Cernuschi et deux de ses conservateurs successifs - René Grousset (1885-1952) et Vadim Elisséeff (1918-2002) - ont aussi beaucoup oeuvré pour la sauvegarde de ce patrimoine.

Pan Yuliang (1894-1977). "Nu". 1942. Encre sur papier. Paris, musée Cernuschi

Crédit photographique :

© Musée Cernuschi / Roger-Viollet

Sa redécouverte aujourd’hui avait été annoncée, il y a quelques années déjà, par le film de Huang Shuqin et Zhang Yimou – Pan Yuliang, artiste peintre (1994) – les deux expositions parisiennes qui lui sont consacrées permettent d’en rappeler à la fois l’importance et la complexité. La première a lieu à la Villa Vassilieff (ex-« musée du Montparnasse »), véritable lieu de mémoire qui vit se rencontrer, au début du siècle dernier, et aux côtés d’artistes russes exilés, Erik Satie, Henri Matisse, Amedeo Modigliani mais aussi Ossip Zadkine, Juan Gris ou Chaïm Soutine. Cette exposition est le fruit d’une collaboration entre l’historienne Mia Yu et la Conservatrice en Chef du Guangdong Times Museum, Nikita Yingqian Cai. Leur réflexion porte notamment sur la mémoire de l’artiste Pan Yuliang, de son statut de femme dans un contexte où le discours de l’art reste majoritairement dominé par les hommes. Trois artistes contemporains accompagnent leur réflexion : Hu Yun, Huang Jin Yuan et Wang Zhibo. Quant à l’exposition du musée Cernuschi, elle axe davantage son propos sur l’innovation technique et le contexte historique de ses œuvres. On mesure ainsi l’étendue des relations sociales de Pan Yuliang - comme en témoigne l’amitié que lui portait notamment l’immense Zhang Daqian - et la polyvalence de ses talents. Ils expliquent à eux seuls le fait que cette artiste demeure l’une des personnalités les plus incontournables d’une époque.

Pan Yuliang (1894-1977). "Nu". 1942. Encre sur papier. Paris, musée Cernuschi.

Crédit photographique :

© Musée Cernuschi / Roger-Viollet, Adagp 2017

Emmanuel Lincot

S’y rendre :

« PAN YULIANG : UN VOYAGE VERS LE SILENCE »

Villa Vassilieff (du 20 mai au 24 juin 2017)

21, avenue du Maine

75015 Paris

Ouvert tous les jours de 11 h à 19 h sauf les dimanches et lundis

« HISTOIRES D’OEUVRES : PAN YULIANG »

Musée Cernuschi (du 20 mai au 27 août)

7, avenue Velasquez

75008 Paris

Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h

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