Exposition « 113 ORS D’ASIE » au Musée Guimet - (du 21 juin au 18 septembre 2017)

2017-06-26 12:39:54 Chine-info.com Emmanuel Lincot

Sur tout le continent asiatique, l’or tient une place centrale. De l’Afghanistan à l’Inde en passant par la Chine, c’est avec un regard d’orfèvre que cette exposition pose son regard sur les techniques d’extraction du précieux minerais mais aussi sur son pouvoir de séduction et de dévotion religieuses dans les pays de tradition à la fois hindouiste et bouddhiste.

Cosmogramme avec au centre le Mont Meru

Chine du Nord, 18e siècle - Laiton doré

Photo (C) RMN-Grand Palais (musée Guimet, Paris) / Thierry Ollivier

« Qu’il s’agisse d’hommage rendu aux reliques de maîtres défunts, d’images d’être vénérés, d’objets rituels sur les autels, l’or fut hautement recherché pour sa parfaite pureté comme l’exige la loi bouddhique. C’est d’ailleurs le bouddhisme qui lui ouvre de vastes horizons aux résonances toutes symboliques : comment la lumineuse carnation du Bouddha ne pourrait-être mieux évoquée que par l’or ? » C’est par ces mots, écrits par Sophie Makariou, conservatrice générale et Présidente du musée Guimet, que commence cette remarquable exposition. Elle nous conduit de l’Asie centrale, avec le monnayage en or des dynasties kouchanes (Ier - IIIème siècle de notre ère), jusqu’au royaume de Silla (Vème-VIème siècle de notre ère) où l’art funéraire pratiqué dans la péninsule coréenne demeure influencé par l’orfèvrerie des steppes, riches en gisements, et tout particulièrement ceux des régions de l’Altaï. A ces pièces de l’antiquité ou du moyen-âge s’ajoutent les sculptures de bronze du Tibet, du Népal et de Chine, toutes dorées au mercure ou habillées de laque comme au Vietnam. Signe de prestige et vecteur de luxe, ce métal inaltérable est devenu en Inde un des symboles de l’immortalité.

Trident d'oracle

Tibet, 17ème siècle environ - Fer martelé, incrusté d'or et d'argent

Photo (C) RMN-Grand Palais (musée Guimet, Paris) / Thierry Ollivier

C’est à l’Inde aussi que l’on doit une invention technique d’importance – le Kundan – nouvelle méthode de sertissage par « enveloppement » des pierres précieuses. Elle a permis des réalisations éblouissantes, durant l’âge d’or des souverains moghols (XVI – XIXème siècles). En Chine, l’empereur avait l’apanage de la couleur jaune. Si l’or n’était pas le privilège de l’empereur, les ouvrages publiés pour lui ou sous sa tutelle étaient invariablement recouverts de brocarts à fil d’or. Matière précieuse et honorifique, l’or servit ainsi les écrits philosophiques ou politiques appelés à survivre à leurs auteurs. Ainsi, cette exposition permet de découvrir l’écriture à l’or (chrysographie) à travers un certain nombre de précieux manuscrits comme ce magnifique Sutra du Lotus de la Bonne Loi (Miao fa lian hua jing) datant du XIIème siècle, et originaire de l’Empire du Milieu. C’est en Chine encore qu’à partir du XVIIIème siècle, la technique de la « peinture à l’or » se développe dans les ateliers de céramique de Jingdezhen. La poudre d’or, en suspension dans de l’eau avec divers additifs, était fixée par la cuisson. Le rendu en est exceptionnel. A voir donc, et sans tarder…

Vase à anses à décor floral

Chine, fours de Jingdezhen, 18ème siècle - Porcelaine, peinture à l'or

Photo (C) RMN-Grand Palais (musée Guimet, Paris) / Martine Beck-Coppola

Emmanuel Lincot

Détails pratiques :

Musée national des Arts Guimet

6 place d’Iéna – 75116 Paris

Tél : 0140738800

Exposition du 21 juin au 18 septembre 2017. Ouverte tous les jours sauf le mardi de 10 h à 17 h 45 – Catalogue de 216 pages au prix de 35 euros

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