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Buon Tan : le député dévoué à l'amitié franco-chinoise

2019-04-24 LE 9 An'an Ding, Huang Guanjie, Pan Yueping, Yang Yuhan

Buon Tan, député et président du groupe d’amitié France-Chine à l’Assemblée nationale, œuvre pour une meilleure compréhension entre la France et la Chine. L’homme livre les aboutissements de la diplomatie franco-chinoise ainsi que les opportunités futures.

Le 9 : D’après vous, quels sont les aboutissements de la politique diplomatique franco-chinoise ? Dans quels domaines la France espère-t-elle approfondir ses relations avec la Chine ?

Buon Tan : Aujourd’hui les relations sont excellentes. L’an dernier, le record en termes de nombre de touristes chinois venus en France a été battu. La France a montré qu’elle était un partenaire fiable sur la durée. Depuis quelques années déjà, de nouveaux partenariats sont créés dans de nombreux domaines tels que la ville durable, l’intelligence artificielle, ou encore la silver économie [Ndlr : l’économie des seniors]. Prenons l’exemple de l’intelligence artificielle, la France bénéficie des meilleurs mathématiciens à l’origine des meilleurs algorithmes, la Chine dispose aujourd’hui de la plus importante base de données au monde. Un partenariat dans ce domaine ne peut être que bénéfique aux deux parties.

Le 9 : Selon vous, comment la visite en Chine du président Macron a-t-elle permis de renforcer les liens entre la France et la Chine ?

B. T. : Le choix du président d’arriver en Chine par Xi’an était une innovation. C’était sa façon à lui d’afficher son respect de cette culture chinoise vieille de 5 000 ans. Xi’an est également le point de départ des Nouvelles Routes de la soie, un projet initié par le président Xi. Le discours tenu par le président Macron à Xi’an a souligné l’importance de ces routes. Il a précisé qu’elles doivent être à double sens et qu’ainsi il faut préserver les intérêts des partenaires et des pays traversés.

Le 9 : Vous êtes le président du groupe d’amitié France-Chine à l’Assemblée nationale, quelles sont vos recommandations à l’Assemblée pour promouvoir les échanges franco-chinois ?

B. T. : La diplomatie parlementaire est un outil très efficace. Le groupe d’amitié joue le catalyseur de toutes les coopérations décentralisées. Cette manière de travailler me paraît être la plus efficace pour créer de nouveaux partenariats tels que dans les domaines de l’enseignement et de la santé. En effet, notre système de santé est l’un des meilleurs au monde. Le 13ème arrondissement de Paris accueille le plus grand site universitaire hospitalier d’Europe.

Le 9 : Dans le contexte de la guerre commerciale sino-américaine, comment l’Europe et la France doivent – elles repositionner leurs relations avec la Chine ?

B. T. : La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine n’est souhaitable pour personne. Si cette guerre se confirme, tout le monde souffrira, nos amis chinois comme les Américains. L’Europe ainsi que la France ne seront pas épargnées. La France a toujours défendu le multilatéralisme et l’ouverture, une vision partagée par la Chine. Il faut, pour l’intérêt de tous, un monde géopolitique équilibré, sans aucune zone prépondérante dictant sa loi. L’histoire récente montre que les coopérations stratégiques entre la France et la Chine ont toujours été bénéfiques pour les deux parties.

Le 9 : Selon certains spécialistes, le mouvement des Gilets jaunes et le blocage de Huawei préfigurent peut-être un mouvement de démondialisation en France. Qu’en pensez-vous ?

B. T. : Sur le plan économique, il ne faut pas mal interpréter les annonces qui ont été faites comme des mesures protectionnistes. Le gouvernement l’a dit et l’a redit, la France est ouverte aux investissements étrangers et notamment chinois. Cela étant dit, certains secteurs sont plus sensibles. L’État français se doit de surveiller et protéger ces secteurs, tel que celui des télécommunications. Il est normal que la France, comme tous les autres pays, surveille ce secteur afin de ne pas mettre en danger ses entreprises et citoyens via des réseaux non fiables. Cette règle est destinée à tous les investissements étrangers, pas seulement à ceux chinois. Au contraire, une distorsion entre les entreprises chinoises et étrangères existe en Chine : certains secteurs ne sont pas complètement ouverts. Certaines entreprises françaises s’installant en Chine m’ont confié qu’on leur demandait les codes sources de leur logiciel, pourtant relevant de la propriété intellectuelle.

Le 9 : Que pensez-vous des 40 années de changement en Chine depuis la politique de « Réforme et d’Ouverture » ?

B. T. : Ce qui s’est passé en Chine depuis 40 ans est incroyable. La Chine est partie d’une situation d’arriération pour arriver aujourd’hui à posséder une économie comptant parmi les plus avancées. Cela ne doit pas cacher d’autres facettes de la Chine. Les médias en Europe ne parlent que de la côte est et des principales grandes villes. Mais il y a encore des zones avec des revenus par habitant très bas. Il faut faire attention à ce que la disparité des revenus entre les régions et entre les personnes ne devienne pas trop importante. Je suis convaincu que la sagesse des dirigeants chinois fera en sorte qu’on puisse éviter ce type de problème. Un autre des sujets qui va gagner en importance dans les années à venir est la santé. Offrir à 1,4 milliard d’habitants la sécurité sociale est un enjeu énorme. L’expérience française peut apporter un gain de temps à nos amis chinois.

Le 9 : Quand êtes-vous allé pour la première fois en Chine ?

B. T. : Je suis allé en Chine pour la première fois, pendant 1 mois et demi, pour étudier le chinois à l’Université de Pékin en 1986. À l’époque, tout le monde circulait à vélo. Pour certains produits il fallait des tickets de rationnement. Les étrangers avaient également une monnaie différente de celle utilisée par les Chinois. Certains lieux et produits étaient réservés aux étrangers. Cette Chine qu’on ne connaît plus aujourd’hui m’a beaucoup marqué. Même les dirigeants chinois de l’époque n’avaient pas imaginé que 30 ans plus tard, la Chine aurait tant évolué et qu’elle serait dotée, entre autres, de trains aussi rapides, modernes et confortables que ceux d’aujourd'hui.

Qui est Buon Tan ?

Buon Tan est un député français, membre de La République en marche, président du groupe d’amitié France-Chine à l’Assemblée nationale. Né en 1967 dans la communauté chinoise du Cambodge, il se réfugie en France en 1975 pour échapper au régime des Khmers rouges. À la fin de ses études, il se tourne d’abord vers le commerce avant de se lancer en politique. En 2008, il devient adjoint au maire du 13ème arrondissement de Paris devenant le premier élu d’origine chinoise à Paris. Entre 2013 et 2017 il accompagne plusieurs membres du gouvernement et le président dans leurs voyages officiels en Chine.

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