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Regard sur la Chine

[Culture]Êtes-vous plutôt thé ou café ?

Je veux commenter  TANG SHUBIAO 2015-07-13 12:15:01    Source:la Chine au présent

Josette Miller, une lectrice de Lausanne, après avoir voyagé en Chine, s’est étonnée que « les maisons de thé ne sont pas si nombreuses », alors qu’elle croyait que tous les Chinois aimaient boire du thé. Elle se demande donc pourquoi et voudrait savoir si nous avons délaissé le thé pour le café.

Question finalement très pertinente ! Pourtant, j’ignore quelles villes ou régions chinoises notre lectrice a visitées ni comment elle est arrivée à cette assertion. Peut-être n’a-t-elle pas eu l’occasion de vraiment faire l’expérience de la culture du thé lors de son séjour en Chine, et c’est bien regrettable !

Les maisons de thé sont légion en Chine. Par exemple, à Beijing, dans le quartier où je réside, dans un rayon de 500 mètres, on peut trouver une dizaine de ces établissements dont plusieurs sont ouverts jusqu’au petit matin. La plus connue des maisons de thé pékinoises est évidemment celle de Lao She, du nom du célèbre écrivain chinois qui a écrit la pièce de théâtre La Maison de Thé.

À Chengdu, c’est un vrai art de vivre. D’après les estimations, à l’intérieur du troisième périphérique de Chengdu, on compte plusieurs milliers de maisons de thé. Cela fait partie du mode de vie local. À Suzhou et Hangzhou, ces établissements sont omniprésents. Que l’on recherche calme et tranquillité ou l’animation d’une discussion entre amis, on en trouve pour tous les goûts. Dans la « Venise chinoise », le matin, on peut prendre son thé à la maison de thé, et l’après-midi, se rendre aux thermes publics. Quand on sait comme le rythme de nos vies est rapide dans les grandes villes aujourd’hui, ce mode de vie fait vraiment rêver.

On considère en Chine que les 7 denrées de base de toutes les familles chinoises sont le bois de chauffage, le riz, l’huile, le sel, la sauce soja, le vinaigre et le thé. Ce dernier est donc particulièrement important. D’ailleurs, il est de tradition que chaque famille ait plusieurs sortes de thé à la maison. Soit pour sa propre consommation, soit pour offrir aux invités. L’hôte doit offrir le thé à ses convives. C’est la tradition et une marque de politesse. Ne pas le faire serait vu comme un affront.

Les Chinois boivent du thé selon les saisons. Cela reflète en un certain sens l’importance accordée par les Chinois à l’entretien de la santé, car le thé est vu comme une sorte de médecine. Au printemps, les Pékinois boiront du thé au jasmin qui réchauffe et permet d’éliminer les toxines accumulées pendant la saison froide, mais aussi à favoriser l’accroissement de l’énergie yang. Certains vont même jusqu’à donner au thé une valeur morale. Pendant l’été, très chaud et très humide en Chine, on transpire beaucoup. Le corps se dessèche, un bon thé vert sera très rafraîchissant. Les Chinois ne le boivent en général que l’été. Parmi les thés chinois, le thé vert est le plus produit.

Chaque région a sa ou ses propre(s) variété(s) de thé. Les gens de l’Anhui apprécient les variétés locales, dont le Liu’an guapian, Huanshan maofeng, Taiping houkui, Huoshan huangya et Qimen hongsha, qui sont connus à travers tout le pays. Grâce à sa géographie et son climat, l’Anhui convient parfaitement pour la culture du thé. Les habitants du Fujian préfèrent le Oolong dont la région de production la plus renommée est Anxi. Parmi les thés produits là-bas, le Tieguanyin est considéré comme le meilleur. À l’époque des Qing (1644-1911), les variétés de thé du Fujian étaient exportées par Guangzhou et étaient très appréciées des Occidentaux.

La Hollande est le premier pays qui importa du thé chinois et qui se passionna pour celui-ci. Au XVIIe siècle, « prendre le thé » est devenu une nouvelle tendance en Europe. Les jeunes femmes mariées se donnaient rendez-vous pour prendre une tasse de thé. Lorsque leur mari leur demandait où elles étaient, celles-ci pouvaient répondre d’un air détendu : « Je viens de prendre le thé ». Boire le thé était un moyen de se distraire qui permettait d’égayer un peu la vie monotone des femmes à l’époque.

L’Angleterre emboîta le pas aux Pays-Bas. En 1662, lorsque la princesse de Portugal Catherine de Bragance se maria avec le roi Charles II d’Angleterre, elle apporta avec elle la coutume de boire du thé en Angleterre. Cela devint une mode parmi la noblesse et la boisson se popularisa à travers tout le pays qui se mit à l’heure du thé.

Mais revenons en Chine et à la question de notre lectrice : dans une enquête trouvée sur Internet, parmi 98 Chinois interrogés, 51 disent boire exclusivement du thé, tandis que 21 déclarent boire exclusivement du café. Le reste représente ceux qui ne prennent ni café ni thé et ceux qui sont adeptes des deux. Cette enquête prouve donc que les Chinois n’ont pas délaissé leur boisson nationale, même si, dans le même temps, le café devient de plus en plus populaire.

Le thé et le café sont deux boissons différentes. Je pense que boire du thé ou du café dépend du goût de chacun. Remarquons que lorsque le thé débarqua sur le continent européen, le café ne fut pas détrôné par celui-ci.

Aujourd’hui, le café commence à conquérir les papilles des Chinois. Il est normal que de plus en plus de personnes en boivent. D’ailleurs, cela ne date pas d’hier : Nestlé a amorcé un projet de plantation de café à Pu’er, pays d’origine du célèbre thé Pu’er, dans le Yunnan dès 1988. À l’heure actuelle, la région produit 98 % du café chinois.

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