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Regard sur la Chine

[Economie] Le G20 et la participation de la Chine à la gouvernance mondiale

Je veux commenter  HE YAFEI 2016-09-09 04:43:13    Source:la Chine au présent

Yang Jiechi, alors ministre chinois des Affaires étrangères, a rencontré la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton le 12 mars 2009 pour la préparation du Sommet du G20 à Londres.

Cette année, la Chine présidera le Sommet du G20, elle capte ainsi l'attention du monde entier. On espère que, sous sa conduite, le G20 contribuera à la croissance continuelle de l'économie mondiale, réalisera sa transition et poursuivra la réforme du système de gouvernance mondiale.

En tant que premier coordinateur chinois du G20, j'ai été le témoin de son développement et de sa croissance. J'ai constaté personnellement le rôle déterminant joué par la Chine sur la scène du G20, dans l'endiguement de la crise financière mondiale, dans la gestion des affaires économiques et financières du monde et dans la réforme du système de gouvernance mondiale.

À ce jour, je ne peux oublier deux événements majeurs.

Premièrement, à la mi-novembre 2008, le G20 a tenu son premier Sommet à Washington. Résultat de consultations entre des pays influents, il a mis fin à la domination plusieurs fois décennale des États-Unis et du G7 sur la gouvernance de l'économie mondiale et reflète le passage historique des rênes de l'Occident aux mains unies de l'Orient et de l'Occident. Le succès principal du Sommet de Washington consiste à réhabiliter la confiance envers le marché et à empêcher l'expansion inquiétante de la crise financière, grâce à la prise de mesures communes de stimulation économique et fiscale par l'entraide des principales entités économiques.

Mais, des symptômes de « faillite » sont apparus dans de nombreux pays à cause de la gravité et de la rapidité d'évolution sans précédent de la crise financière. À l'époque de la mondialisation de la finance, les risques financiers se transmettent si vite qu'ils seraient en mesure de déclencher l'écroulement du système financier mondial. La communauté internationale se ronge les sangs. Le G20 a donc pris la décision de tenir son deuxième Sommet à Londres, au début du mois d'avril 2009, dans le but d'étudier la manière d'amasser suffisamment d'argent pour le FMI et de prévenir l'éclatement de la dernière « bulle financière ». La Grande-Bretagne, alors pays organisateur du Sommet, a projeté de réunir un capital de 500 milliards de dollars américains, et a entrepris de multiples consultations diplomatiques avec les pays membres du G20. Du fait que de nombreux pays étaient dans une situation économique difficile, le plan britannique n'a pas pu aboutir à une réponse positive.

Londres espérait ardemment que la Chine pourrait agir en premier et financer la plaque de renflouement du FMI. Le premier ministre d'alors du Royaume-Uni, Gordon Brown, désirait au plus haut point l'action de la Chine. Il a envoyé un émissaire en Chine pour entreprendre des consultations avec le coordinateur chinois et convaincre la Chine.

En ce nouveau siècle, la Chine a connu un développement rapide, sa puissance globale et son PIB ont augmenté sans arrêt. Elle détient la plus grande réserve en devises étrangères. Malgré le choc de la crise financière mondiale, elle a relevé son économie en 2009 et a montré un essor vigoureux. La crise financière mondiale de 2008 est la première crise financière majeure qu'elle ait rencontrée depuis la crise financière asiatique de 1997/1998. À une époque de mondialisation, l'économie chinoise s'est profondément intégrée dans les chaînes mondiales de production et de valeur. L'économie et les finances de tous les pays montrent une interdépendance accrue et forment déjà une communauté d'intérêts imbriqués.

En ce sens, la Chine était consciente qu'en sa qualité de grand pays en voie de développement à l'influence mondiale, elle deva it accroître le renflouement du FMI afin de prévenir la banqueroute des pays sur le point de s'écrouler sous les coups de la crise financière, de sauver ainsi ces pays et l'économie et les finances mondiales. Cela serait favorable à tous les pays du monde, y compris la Chine. La Chine a donc promis d'acheter des obligations du FMI, d'un montant ne dépassant pas les 10 % de la somme totale préconçue par la Grande-Bretagne, soit 50 milliards de dollars américains. L'exemple de la Chine a poussé les autres membres du G20 à apporter leurs contributions. Le Sommet de Londres a finalement obtenu une plaque de renflouement de 1 100 milliards de dollars américains. Il a réussi à atteindre son objectif initial de renforcer la confiance dans le marché mondial et de prévenir la propagation de la crise financière. Par conséquent, je n'exagère pas en disant que la Chine a joué un rôle décisif face à la crise financière mondiale.

Deuxièmement, la Chine a joué un rôle important et unique dans la transition historique du G7 au G20 comme première plateforme de gouvernance de l'économie mondiale.

Avant 2008, le G7, dirigé par les États-Unis, monopolisait les affaires économiques et financières mondiales, autrement dit la gouvernance de l'économie mondiale, et ce depuis plusieurs décennies. C'était la gouvernance du monde par l'Occident. Avec l'émergence collective des pays en voie de développement en ce début de siècle, le rapport de force rencontre un changement notable, appelé par les érudits occidentaux « la grande convergence », à savoir l'écart de force entre les pays développés et les pays en voie de développement a rétréci. Lors de l'éclatement de la crise financière, la part du G7 dans l'économie mondiale est tombée à 50 % environ. La « grande convergence » n'avait alors pas été traduite en actes dans le système de gouvernance mondiale quant au pouvoir de formuler des règles économiques adaptées, au droit à la parole et au pouvoir de décision.

La première modification a fait son apparition en 2003. Quand la France présidait le Sommet du G8 (G7+Russie) dans la bourgade d'Évian au bord du lac Léman, région qu'elle partage avec la Suisse, elle a invité cinq grands pays en voie de développement (Chine, Brésil, Inde, Afrique du Sud et Mexique) à prendre part aux consultations du G8. Un mécanisme de 8+5 fut alors mis en place, ce qui ouvra la voie au premier face-à-face entre les principaux pays développés et une partie des grands pays en développement pour discuter des problèmes économiques et financiers mondiaux.

Après plusieurs années de travail, le mécanisme de 8+5 a montré ses défauts, notamment son inégalité inhérente. En effet, les cinq pays en voie de développement n'ont qu'une seule consultation avec les huit pays développés (dont sept sont des pays occidentaux) durant les assises du Sommet du G8/G7. Cette forme de consultation n'est donc pas une plate-forme efficace de dialogue sur un pied d'égalité et de coordination des affaires économiques mondiales.

Après l'éclatement de la crise financière en 2008, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et d'autres pays développés ont compris que le G7 ne pouvait plus faire face seul à la crise et qu'ils devaient intégrer la participation des pays en voie de développement et des pays émergents, dont la Chine. Dans cette optique, le Forum des ministres des Finances et des gouverneurs de Banques centrales, établi en 1999 après la crise financière asiatique, a été fort attendu par toutes les parties concernées. On est tombé d'accord unanimement pour porter le G20 au niveau de Sommet où les pays développés et les pays en voie de développement coopèrent étroitement pour faire face ensemble à la sérieuse crise financière mondiale.

Le Sommet du G20 de Washington fin 2008, et celui de Londres en début avril 2009, ont joué un rôle décisif en empêchant la propagation de la crise financière, en renforçant la confiance envers le marché, ainsi qu'en participant au contrôle des finances mondiales. L'esprit coopératif des membres du G20 a permis à la communauté internationale d'entrevoir l'espoir et la faisabilité de la transformation de la « gouvernance mondiale » par l'Occident en celle par l'union de l'Orient et de l'Occident. Mais qu'adviendra-t-il du G20 par la suite ? Un G20 devenant un Sommet régulier de gouvernance mondiale, ou bien un retour à l'ancien mécanisme de gouvernance mondiale avec le G7 comme force principale et les pays en voie de développement comme simple force d'appoint ? Voilà une question d'importance capitale engageant la redistribution des intérêts de la mondialisation et la réforme du système de gouvernance mondiale.

La France, le Japon et d'autres pays développés espéraient revenir à l'orbite originale, avec le G7 au poste de commandement dans le système de gouvernance de l'économie mondiale. Mais le changement radical de la situation mondiale a barré la route à la gouvernance par l'Occident. Il ne lui est plus possible de revenir sur l'ancienne voie.

Dans ce contexte historique, la Chine a proposé de consolider et de renforcer le G20 pour en faire la première plate-forme de gouvernance de l'économie mondiale, car le G20 est maintenant le seul mécanisme international qui permette aux pays développés et aux pays en voie de développement d'entreprendre un dialogue et des consultations sur un pied d'égalité, de manière équilibrée et au plus haut niveau. Après le Sommet de Londres, la partie chinoise a contacté Washington et Londres pour étudier la faisabilité du plan chinois. La position des États-Unis était décisive, parce que ce pays était le noyau et le dirigeant du G7.

En 2008, en tant que grand pays responsable, la Chine a combattu activement la crise financière mondiale à l'intérieur et à l'extérieur du G20, et a joué un rôle irremplaçable dans la gouvernance de l'économie mondiale. Profondément conscients de son rôle important, les États-Unis, la Grande-Bretagne et d'autres pays développés ont compris la nécessité d'accorder à la Chine un certain droit à la parole et à la décision dans le système économique et financier mondial. Le G20 peut justement être cette plate-forme et fournir une telle voie. La crise financière mondiale a assené un rude coup aux États-Unis, et le développement économique de la Chine est d'autant plus important pour eux que leurs économies sont complémentaires et étroitement liées.

Après plusieurs tours de consultations, les États-Unis furent les premiers à se montrer prêts à collaborer avec la Chine pour faire progresser la substitution du G20 au G7 en tant que première plate-forme de gouvernance de l'économie mondiale. Puis, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont ajouté leur soutien. Ce libellé a finalement été adopté par les dirigeants du G20 au Sommet de Pittsburg en 2009. Le G20 a ainsi terminé sa transition du mécanisme de consultations au niveau ministériel à la plus importante plate-forme de gouvernance mondiale.

Le monde a besoin du G20, le G20 a besoin de la Chine, et la Chine a besoin, à son tour, du G20. Le coup d'envoi de la réforme du système de gouvernance mondiale a ainsi été donné.

HE YAFEI est ancien vice-ministre des Affaires étrangères et ancien directeur adjoint du Bureau des affaires des Chinois d'outre-mer relevant du Conseil des affaires d'État .

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