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Regard sur la Chine

[Diplomatie] Les relations sino-françaises dans un contexte global

Je veux commenter  TIAN DEWEN 2017-01-09 03:23:51    Source:la Chine au présent

Un spectateur admire une broderie miao lors de la tournée « Perception de la Chine – Culture du Hunan en France » à Paris le 28 août 2016.

En 2016, les relations sino-françaises ont maintenu un bon élan de développement, et la coopération bilatérale n'a cessé de gagner en ampleur et en profondeur. Des progrès notables ont été obtenus dans des grands projets concernant l'énergie, l'aéronautique et l'écologie. Grâce aux contacts étroits de haut niveau entre les deux pays mais aussi à l'approfondissement des échanges humains, Beijing et Paris ont pu maintenir une communication et une coordination sur les problèmes d'actualité, tant à l'échelle internationale que régionale. Une bonne coopération s'est également développée en matière de gouvernance mondiale. La rencontre entre les présidents Xi Jinping et François Hollande en marge du Sommet du G20 à Hangzhou a insufflé une nouvelle vigueur au développement des relations sino-françaises.

Envisageant l'avenir, les administrations des deux pays doivent exécuter le consensus réalisé par les chefs d'État, renforcer leur coordination et conjuguer leurs efforts pour un développement sain et stable des relations bilatérales. Par ailleurs, le contenu du partenariat stratégique global des deux pays doit continuer de s'enrichir. En 2017, la Chine et la France font face, chacune de son côté, à un agenda important sur le plan de la politique intérieure. Raison de plus pour renforcer leur communication stratégique et assurer la continuité des politiques entreprises.

Les relations sino-françaises sur un plan stratégique

Le président chinois Xi Jinping a rencontré, le 5 septembre 2016, son homologue François Hollande venu à Hangzhou pour prendre part au Sommet du G20. Xi Jinping a exprimé que la Chine a hautement apprécié la contribution de la France à la réussite de ce sommet. Ces dernières années, a-t-il entre autres déclaré, la Chine et la France n'ont cessé d'améliorer la qualité et le niveau de leurs relations, apportant des bénéfices concrets à leurs peuples. Quelques soient les évolutions de la situation internationale, la Chine considère et considérera toujours la France comme un important partenaire de coopération stratégique, et continuera d'inscrire ses relations avec la France dans une stratégie de longue haleine. Elle est prête à travailler de concert avec la France pour une coopération bilatérale pragmatique qui a vocation à s'approfondir dans tous les domaines, à poursuivre le développement des échanges humains et culturels, mais aussi à renforcer la communication et la coordination entre les deux pays sur les affaires internationales, afin de promouvoir un développement meilleur et plus rapide de leurs relations.

De son côté, le président François Hollande a souligné que la France accordait une grande importance à ses relations avec la Chine et a réaffirmé sa volonté de renforcer la communication et la coordination entre les deux pays, d'améliorer la coopération pragmatique dans les domaines agricole, alimentaire, de l'énergie nucléaire, du tourisme, de l'environnement et enfin sur les problèmes internationaux et régionaux les plus pressants.

Les relations entre la Chine et la France, deux pays d'influence mondiale, dépassent de loin le domaine bilatéral et revêtent clairement un caractère stratégique et global. Au cours des 53 ans écoulés depuis l'établissement de nos relations diplomatiques, les relations sino-françaises ont toujours été à l'avant-garde des rapports entre la Chine et les pays occidentaux. La Chine et la France sont les deux pays qui partagent le plus de points convergents entre Orient et Occident sur la façon d'envisager l'avenir du développement mondial, l'orientation des rapports de force internationaux et l'évolution de la multipolarité. Deux pays qui ont toujours eu à cœur de maintenir leur indépendance dans l'arène internationale. L'esprit qui a présidé à l'établissement des relations diplomatiques, l'esprit courageux et transcendant la politique des blocs, constitue jusqu'à aujourd'hui la pierre angulaire du développement de leurs relations. La France a été est le premier pays d'Occident à établir des relations diplomatiques avec la Chine nouvelle, à établir un partenariat global avec la Chine, puis à porter celui-ci au niveau d'un partenariat stratégique global. Mais elle est allée plus loin encore, créant le premier mécanisme de consultations stratégiques avec la Chine et organisant le premier volet des « Années croisées Chine-France ». Le sens stratégique des relations sino-françaises se place sous le signe de la coopération et du gagnant-gagnant, et c'est d'autant plus important en ce moment où s'accumulent les incertitudes dans le monde, où le populisme, le protectionnisme commercial et l'opposition à la mondialisation reprennent des forces. Qu'il s'agisse de problèmes d'ordre bilatéral ou multilatéral, la Chine et la France doivent coopérer de manière plus approfondie dans un nombre croissant de domaines. Le fait que les deux pays continuent à maintenir un contact de qualité et de haut niveau, conduisent un dialogue institutionnel fructueux, entretiennent leur amitié déjà ancienne, se respectent et se soutiennent, prennent en considération les intérêts fondamentaux et les préoccupations essentielles de l'un et de l'autre, continuent de promouvoir un développement meilleur et plus rapide de leurs relations, conforme constitue un ensemble à leurs intérêts propres, mais profite également à la paix et au développement dans le monde. Membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, la Chine et la France doivent renforcer leur communication et leur coordination sur les affaires mondiales, travailler ensemble pour résoudre les problèmes de notre planète.

Depuis la réforme et l'ouverture en Chine, les relations sino-françaises n'ont cessé de prendre de l'importance au sein des relations sino-européennes. Dans ses échanges avec le président Hollande au Sommet de Hangzhou, le président Xi a souligné que la Chine considérait toujours l'UE comme l'un des pôles importants du monde. La Chine et l'UE, deux poids lourds mondiaux, possèdent des intérêts communs dans de nombreux domaines. La Chine est heureuse de voir une UE prospère et stable, et elle fait le vœu de ne pas modifier sa politique en faveur de l'intégration de l'Europe. Elle continue à approfondir ses relations et sa coopération pragmatique avec l'Europe, et espère que la France jouera à l'avenir un rôle plus grand encore dans la promotion du développement sain des relations sino-européennes. Les relations sino-françaises doivent, dans un futur proche, représenter une force directrice des relations sino-européennes plus grande encore et faire avancer, dans le cadre de l'Agenda stratégique de coopération Chine-UE 2020, le progrès des relations sino-européennes dans tous les domaines. Dans les quatre ans à venir, la Chine s'efforcera de réaliser l'objectif de parachever la construction in extenso d'une société de moyenne aisance, et l'UE atteindra ses objectifs de développement économique et social définis dans sa stratégie UE 2020. La Chine et la France doivent saisir l'opportunité de continuer à faire progresser les relations sino-européennes dans cette période nouvelle.

Une coopération économique et commerciale sur un nouveau palier

La Chine et la France sont l'une pour l'autre des partenaires importants dans la coopération économique et commerciale internationale. La Chine est le cinquième partenaire commercial de la France. Ces dernières années, leurs relations économiques et commerciales ont connu un développement positif. Le commerce et l'investissement bénéficient d'un environnement amélioré, et s'étendent à des domaines plus nombreux, à un niveau plus élevé. Les statistiques des douanes chinoises révèlent qu'au chapitre du commerce sino-français, les importations et exportations chinoises ont totalisé au premier semestre 2016, une valeur de 23,2 milliards de dollars, soit 11,1 milliards d'importations et 12,1 milliards d'exportations. Les trois premiers postes d'importation vers la Chine sont les équipements et les sous-ensembles aéronautiques, les composants et pièces de rechange de réacteurs nucléaires et les produits pharmaceutiques. Les exportations principales de la Chine vers la France sont les appareils électriques, les équipements audio-visuels avec pièces et composants, et enfin les éléments et consommables pour l'industrie nucléaire.

En même temps, une coopération excellente se poursuit dans le domaine des investissements, des échanges économiques et commerciaux, tant bilatéraux que multilatéraux. Un mécanisme de dialogue à tous les niveaux s'est établi et produit des résultats substantiels. Pour la Chine, la France est aussi une source importante de technologies. D'après les données publiées par le ministère chinois du Commerce, en 2015, la France a investi 1,2 milliard de dollars en Chine, ce qui l'a placée au huitième rang des pays investisseurs en Chine. Parmi les pays européens, elle n'est dépassée que par l'Allemagne avec 1,6 milliard de dollars. Business France, de son côté, révèle qu'en 2015, la France a été le deuxième pays de destination des investissements chinois en Europe, si l'on s'en tient aux projets créateurs d'emplois, il s'agit de 44 entreprises ou 16 % des projets réalisés par la Chine en Europe, talonnant le Royaume-Uni (22 %). Ce chiffre représentait 4,5 % des financements étrangers en France.

La complémentarité de l'économie chinoise avec l'économie française se précise encore depuis l'accès de l'économie chinoise à sa nouvelle étape de développement. En témoignent les efforts déployés par la Chine dans des domaines tels que l'urbanisation, l'homogénéisation des services publics comme l'éducation ou les soins médicaux, le développement durable. Des domaines dans lesquels la réputation de la France n'est plus à faire et dans lesquels elle possède un savoir-faire riche. Les industries qui se développent le plus rapidement en Chine, depuis l'aéronautique et l'aérospatiale jusqu'à l'électronique et les télécoms, en passant par la pharmacie et les voitures électriques, sont justement les domaines d'excellence de la France. Les entreprises françaises les plus compétitives et les produits de qualité française sont bien accueillis en Chine. La Chine encourage les entrepreneurs chinois et français à renforcer leur coopération, leurs investissements communs, notamment dans le tourisme, et elle est prête à coopérer avec la France et d'autres partenaires sur une échelle mondiale, comme par exemple dans les pays riverains des Nouvelles Routes de la Soie.

Le 3 octobre 2016, le Commission mixte franco-chinoise pour le commerce et les investissements a tenu sa 24e réunion à Paris. À l'ordre du jour, traduire en actes le consensus des dirigeants des deux pays, promotion de la coopération dans des domaines émergents comme les collectivités locales, les marchés tripartites, la prise en charge des personnes du troisième âge, l'agroalimentaire et l'e-commerce, sur le modèle défini par la coopération déjà existante dans les domaines traditionnels de l'énergie nucléaire et de l'aéronautique. La Chine espère que la France jouera un rôle positif pour pousser l'UE à honorer ses obligations définies par l'article 15 du Protocole relatif à l'accession de la Chine dans l'OMC, et conformément à ces engagements, à signer au plus tôt l'accord sur l'investissement entre la Chine et l'Europe, à lever l'embargo sur l'exportation des produits de hautes technologies à la Chine. On espère également beaucoup de la France dans le domaine de la promotion et la construction de relations sino-françaises et sino-européennes basées sur l'avantage mutuel et le gagnant-gagnant. La Chine prend une attitude ouverte envers les préoccupations françaises sur l'élargissement du commerce des produits agricoles, le renforcement de la coopération sur la sécurité alimentaire, le soutien à la coopération d'investissements entre les entreprises chinoises et françaises, ou encore l'accroissement de la coopération dans les domaines de la médecine et de l'hygiène, de l'économie numérique, des économies d'énergie et de la protection de l'environnement. Elle espère une meilleure coopération dans ces domaines. Nos partenaires français ont répondu favorablement à ces propositions chinoises.

La coopération tripartite, nouvelle approche de la coopération sino-française

Ces dernières années, la coopération économique et commerciale entre la Chine et la France s'est caractérisée par la réalisation de grands projets de coopération dans les domaines de l'aéronautique, de l'aérospatiale et de l'énergie nucléaire. EDF construira avec la CGN (énergie nucléaire du Guangdong) la centrale nucléaire de Hinkley Point au Royaume-Uni. Ce premier exemple de coopération à trois en vue de la réalisation d'un projet majeur entre la Chine et des pays occidentaux représente une avancée importante. En mai 2016, dans une communication téléphonique avec son homologue Manuel Valls, le premier ministre chinois Li Keqiang a déclaré que ce type de coopération définie en commun par la France et la Chine, sur les marchés tiers, était une décision stratégique basée sur la confiance réciproque et la complémentarité des forces des partenaires. Les deux pays ont déjà fait des progrès sur la question des financements partagés, des mécanismes de coopération et du premier groupe de projets. Cette coopération franco-chinoise, a souligné le chef du gouvernement français, représente un nouveau mode de coopération mis au point en commun par les gouvernements des deux pays. La France est prête à travailler avec la Chine pour traduire en actes le consensus, faire valoir nos points forts respectifs et à obtenir au plus tôt les résultats de cette coopération pragmatique. En octobre 2016, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a rencontré son homologue français, Jean-Marc Ayrault. Les deux ministres se sont appliqués à approfondir et à élargir la coopération pragmatique économique et commerciale, à mener à bien la coopération dans les domaines clés, notamment en ce qui concerne la coopération sur toute la chaîne de l'énergie nucléaire, à faire progresser efficacement la coopération sur les marchés tiers et entre localités, ainsi que dans la construction des Nouvelles Routes de la Soie, afin de mieux exploiter cet espace et son potentiel d'avantages réciproques.

L'initiative des Nouvelles Routes de la Soie est au cœur de la diplomatie chinoise en cette nouvelle étape de son développement. Elle a pour points essentiels d'accueillir la participation des pays riverains et de tous les pays conformément au principe d'ouverture et d'inclusion : « discuter, construire et partager ensemble. » Les entreprises françaises se targuent de posséder des technologies de pointe et des produits hauts de gamme dans les services financiers et la construction d'infrastructures, comme par exemple la construction des grands équipements, des réseaux de canalisations d'eau et des réseaux d'électricité. Elles connaissent bien les marchés africains et asiatiques. Quant à la Chine, elle possède de grandes quantités de produits, de chaînes de production et d'immenses capacités de production d'équipements de gamme moyenne à l'excellent rapport qualité/prix, bien adaptés aux besoins des pays riverains. Ses investissements à l'étranger s'accroissent rapidement. En conséquence, la complémentarité entre la Chine et la France présente de fortes synergies, ce qui leur confère une compétitivité sans égale. Leur coopération sur les marchés tiers correspond aux intérêts des deux pays et possède un potentiel de développement considérable. À l'heure actuelle, la faiblesse de la reprise économique mondiale, la morosité du commerce et des investissements et la stagnation des négociations sur le commerce multilatéral, le protectionnisme commercial et la vague d'idées opposées à la liberté du commerce ont ralenti cette coopération tripartite recommandée par la Chine et la France dans divers domaines et sous diverses formes. Cette coopération sino-française sur les Nouvelles Routes de la Soie sera bénéfique non seulement au développement des relations économiques et commerciales entre nos deux pays, mais aussi à la conduite d'un développement harmonieux de l'économie mondiale. Sans parler d'un effet de démonstration et d'entraînement pour l'Europe et le reste du monde.

Envisageant l'avenir, les relations économiques et commerciales saines et durables entre la Chine et la France répondent à nos intérêts communs. Dans la communication téléphonique avec son homologue Manuel Valls, le premier ministre chinois Li Keqiang a notamment exprimé que la confiance stratégique et la coopération pragmatique entre la Chine et la France devancent celles qui existent entre la Chine et d'autres pays de l'UE et que la Chine est prête à travailler de concert avec la France pour porter à un niveau nouveau la coopération économique et commerciale entre les deux pays.

TIAN DEWEN est chercheur à l'Institut des études européennes de l'Académie des sciences sociales de Chine.

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