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Regard sur la Chine

[Commerce] Les échanges commerciaux, gage de prospérité et de stabilité des relations Chine-UE

Je veux commenter  LI GANG 2017-01-09 03:52:10    Source:la Chine au présent

La cérémonie de mise en service du premier train Chine-Europe sur le plateau Qinghai-Tibet, Xining (Chine)-Anvers (Belgique), le 8 septembre 2016

Au cours de leur quarantaine d'années d'histoire, les relations entre la Chine et l'UE ont bien évidemment connu des hauts et des bas. Toutefois, dans l'ensemble, elles ont toujours été caractérisées par le dialogue et la coopération. Ces dernières années, sous l'effet de la multiplication des visites mutuelles des dirigeants chinois et européens, les relations Chine-UE sont entrées dans une quatrième décennie véritablement placée sous le signe de la stabilité et de la maturité. Les échanges économiques et commerciaux noués par les deux parties sont devenus le moteur et le stabilisateur du développement des relations bilatérales. Bien que ces échanges aillent crescendo, il arrive que résonnent quelques dissonances. Toutefois, la coopération gagnant-gagnant demeure le thème principal de ces relations économiques et commerciales Chine-UE. Dans ce contexte, les deux parties doivent poursuivre un objectif commun : celui de promouvoir davantage leur partenariat stratégique global dont les grandes lignes appellent à « la paix, la croissance, la réforme et la civilisation ».

Encore quelques dissonances

L'harmonie de 2016 a été ternie par quelques notes discordantes dans les relations économiques et commerciales Chine-UE. Le 12 mai, le Parlement européen a approuvé, avec une majorité écrasante (546 voix pour, 28 voix contre et 77 abstentions), une résolution s'opposant à l'octroi du statut d'économie de marché à la Chine. Conformément à la législation européenne, avant que l'UE puisse décider d'accorder ou de ne pas accorder le statut d'économie de marché à la Chine, une proposition à ce sujet devrait être présentée par la Commission européenne, laquelle devrait ensuite être soumise aux votes du Parlement européen et du Conseil européen et obtenir la victoire du « oui » pour entrer en vigueur officiellement. Cette résolution du Parlement européen de refuser le statut d'économie de marché à la Chine n'est pas juridiquement contraignante, mais fait obstacle à l'acquisition de ce statut par la Chine à la fin de 2016, comme initialement prévu par l'Article 15 du Protocole d'accession de la Chine à l'OMC.

Le 24 juin, le Royaume-Uni a annoncé les résultats du référendum du Brexit : le « oui » l'a emporté avec une faible majorité, à 51,9 %. La sortie de l'UE du Royaume-Uni a eu un impact bref sur les relations économiques et commerciales sino-britanniques. Le projet de centrale nucléaire de Hinkley Point, financé et construit conjointement par la Chine et la France, a été officialisé par écrit le 29 juillet. Cependant, 11 heures avant la signature du contrat, le nouveau secrétaire d'État britannique aux Affaires, à l'Énergie et à la Stratégie industrielle, Greg Clarke, a annoncé, de manière inattendue, le report de la ratification du contrat. Environ un mois plus tard, Theresa May, premier ministre britannique, a finalement approuvé le projet.

En octobre 2016, le ministère fédéral allemand de l'Économie et de l'Énergie s'est opposé et a limité deux entrées chinoises au capital de sociétés allemandes, ce qui a brutalement jeté un froid dans les relations économiques et commerciales sino-allemandes. Le 21 octobre, le ministère fédéral allemand de l'Économie et de l'énergie a retiré son autorisation au rachat par le fonds chinois Fujian Grand Chip Investment Fund (FGC) d'Aixtron (équipementier allemand de semi-conducteurs), décidant de réévaluer cette transaction estimée à 670 millions d'euros. Par ailleurs, le 27 octobre, le ministère fédéral allemand de l'Économie et de l'énergie a annoncé que l'entreprise chinoise ayant acquis la marque de lampe Ledvance, filiale du groupe allemand Osram, ferait l'objet d'une enquête.

La coopération gagnant-gagnant pour thème principal

Ce bref rappel de 2016 montre clairement que cette année a été rythmée par des frictions et des dissonances. Mais la coopération gagnant-gagnant demeure le thème principal des relations économiques et commerciales Chine-UE.

Du point de vue du commerce, le volume des échanges Chine-UE continue d'augmenter, chaque partie occupant une place de plus en plus importante dans la structure des échanges de l'autre. Selon les statistiques d'Eurostat, en 2015, le volume du commerce extérieur des 28 pays de l'UE avec la Chine s'élevait à 520,75 milliards d'euros : les 28 pays de l'UE ont exporté pour 170,39 milliards d'euros vers la Chine, soit 9,5 % du total des exportations de l'UE, et ont importé pour 350,36 milliards d'euros en provenance de la Chine, soit 20,3 % du total des importations de l'UE. Sur une décennie, les chiffres de l'import-export entre la Chine et l'UE ont progressé de près de 1,5 fois. À l'heure actuelle, la Chine est le deuxième partenaire commercial de l'UE ; de son côté, l'UE est le plus grand partenaire commercial de la Chine pour la douzième année consécutive.

De même, les investissements mutuels entre la Chine et l'UE n'ont cessé de croître et d'élargir leur potentiel. Toujours selon les données d'Eurostat, entre 2008 et 2012, le stock des IDE (investissements directs à l'étranger) détenu par l'UE en Chine a affiché une tendance à la hausse : en 2011, ce volume des IDE en Chine des 27 pays de l'UE de l'époque a dépassé pour la première fois la barre des 100 milliards d'euros et a poursuivi sa croissance en 2012 jusqu'à atteindre 120,73 milliards d'euros, soit une progression de 1,2 fois par rapport à 2008. Ces dernières années, une nouvelle dynamique a été observée dans les relations Chine-UE en matière d'investissement : la forte croissance des investissements dans l'UE par les entreprises chinoises. Selon le Bulletin statistique des IDE de la Chine pour l'année 2014, publié conjointement par le ministère chinois du Commerce, le Bureau national des statistiques de Chine et d'autres entités, en 2005, le stock des IDE chinois dans l'UE était de 768 millions de dollars ; en 2006, de plus d'un milliard ; en 2010, de plus de 10 milliards ; et en 2014, de plus de 50 milliards. Sur une décennie, le montant des IDE chinois dans l'UE a donc quasiment été multiplié par 70 (voir le graphique). Il convient de préciser que les dernières données d'Eurostat sur le stock des IDE chinois dans l'UE datent de 2012 et que les chiffres indiqués pour certaines années ne correspondent pas aux données dans le Bulletin statistique des IDE de la Chine pour l'année 2014. Toutefois, les statistiques des deux rapports témoignent sans équivoque de l'intérêt croissant des entreprises chinoises envers l'UE.

L'afflux grandissant des investissements chinois en Europe a suscité l'inquiétude de certains pays européens craignant que les fusions-acquisitions de grande envergure auxquelles procèdent les sociétés chinoises en Europe conduisent à une fuite des hautes technologies nationales, voire à une menace pour la sécurité intérieure. Certains pays européens nourrissent les malentendus et les préjugés à l'encontre des entreprises chinoises, et c'est la principale raison pour laquelle l'Europe, dernièrement, impose pas mal de limites aux fusions-acquisitions d'origine chinoise. Cependant, d'après les données réelles, l'investissement chinois dans l'UE n'en est encore qu'à ses débuts. La part des IDE chinois dans le total des investissements captés par l'UE est encore faible. Les statistiques publiées par Eurostat montrent qu'en 2012, le montant total des IDE américains dans les 27 pays de l'UE s'élevait à 1 543,64 milliards d'euros, soit près de 40 % de la valeur totale des IDE émis vers l'UE par des pays non membres de l'UE. Le stock total des IDE chinois dans l'UE s'établit, en comparaison, à seulement 27,43 milliards d'euros, soit moins de 1 %. Aussi les IDE chinois dans l'UE sont-ils bien moindres que les IDE européens en Chine. En 2012, les IDE de l'UE en Chine sont évalués à 120,73 milliards d'euros, contre un montant de 27,43 milliards pour les IDE chinois dans l'UE sur la même période, le premier chiffre étant 4,4 fois plus important que le second. C'est bien la preuve que les firmes chinoises qui investissent dans l'UE non seulement n'« occupent » pas l'Europe ni la « grignotent », mais en plus, sont d'une grande utilité pour l'économie européenne en faible reprise. Par conséquent, les deux parties doivent se fonder sur le principe de l'égalité et du bénéfice partagé pour encourager d'une même voix la croissance soutenue des investissements croisés et accélérer le rythme des négociations d'accords d'investissement bilatéraux, afin d'instaurer un environnement ouvert et mutuellement bénéfique, favorable à l'investissement pour les entreprises chinoises et européennes.

Pour ce qui est de la coopération financière entre la Chine et l'UE, elle continue de s'approfondir, devenant un nouveau sujet clé dans les relations économiques et commerciales Chine-UE. Alors que l'ampleur du commerce bilatéral et des investissements Chine-Allemagne grossit continuellement, les sociétés des deux pays demandent de plus en plus à régler leurs transactions en yuan. Ainsi, les gouvernements et les firmes en Chine et en Allemagne aspirent plus que jamais au renforcement de leur coopération financière, une issue inéluctable dès lors que la coopération commerciale et les investissements franchissent un certain stade dans leur développement. Ces dernières années, le rythme de la coopération financière sino-allemande n'a cessé de s'accélérer. Suite à la signature d'un accord d'échange de devises, à la désignation de la succursale de la Banque de Chine à Francfort comme chambre de compensation en yuan et à l'octroi du quota de 80 milliards de yuans à la partie allemande dans le cadre du programme RQFII (Renminbi Qualified Foreign Institutionnal Investor), la récente fondation de China Europe International Exchange (CEINEX) vient encore donner du lustre à la coopération financière sino-allemande. Ces opérations officiellement mises en œuvre entre la Chine et l'Allemagne répondent de manière satisfaisante à la demande des investisseurs chinois et allemands en matière de financement et d'investissement en renminbi, ce qui favorise le processus d'internationalisation du renminbi, également la construction prochaine, à Francfort, d'un centre de fixation des prix et d'échange des actifs en yuan. Le 19 avril 2016, la Banque de Chine à Stuttgart a été inaugurée, soit l'ouverture de la 6e succursale de la Banque de Chine en Allemagne après celles de Francfort, Hambourg, Düsseldorf, Berlin et Munich. La Banque de Chine a choisi d'établir une agence à Stuttgart dans l'objectif d'implanter une branche dans chaque grande région allemande, mais aussi pour apporter aux entreprises à capitaux chinois étant sur place plus de facilités d'investissement et de financement afin de les aider à s'adapter au marché local. Le Bade-Wurtemberg possède une économie développée, avec un fort avantage compétitif dans le secteur des industries et des hautes technologies. Cette terre est le foyer de sociétés bien connues, comme Daimler et sa filiale Mercedes-Benz. Cette Banque de Chine à Stuttgart permettra aux entreprises allemandes d'investir plus aisément en Chine. De même, elle élargira le potentiel de développement des investissements émis par les entreprises chinoises et allemandes ainsi que la coopération sino-allemande à l'échelle régionale.

Favoriser le potentiel de développement pour les relations Chine-UE

La promotion continue de la coopération économique et commerciale Chine-UE contribue à la signature le plus tôt possible d'accords d'investissement entre les deux parties et à la mise à l'étude d'une éventuelle zone de libre-échange Chine-UE. Dans ce contexte de coopération toujours plus large, il est normal qu'un certain nombre de frictions commerciales émergent. Le plus important, c'est que les deux parties recourent activement aux mécanismes appropriés de règlement des différends commerciaux fondés sur le dialogue et la consultation, et qu'ils évitent d'abuser de mesures correctives commerciales qui déboucheraient sur une situation « perdant-perdant ». L'espace et le potentiel des investissements mutuels sont aujourd'hui titanesques dans les secteurs de la construction des infrastructures, la modernisation industrielle et l'innovation technologique, le développement vert (en particulier dans le domaine de l'intégration ville-campagne, où les intérêts Chine-UE se recoupent sur de nombreux points). Les accords Chine-UE couvrant des sujets tels que la protection des investissements, l'accès aux marchés, le climat d'investissement, constitueront une garantie institutionnelle pour les entreprises chinoises et européennes qui investissent.

Parallèlement, il convient de renforcer la coopération dans les sciences et technologies, et de promouvoir la modernisation industrielle en Chine pour donner un coup de pouce à la croissance économique européenne. L'UE a toujours imposé une réglementation stricte sur les exportations des hautes technologies vers la Chine, si bien que la croissance du commerce Chine-UE des hautes technologies n'a pas réalisé son plein potentiel. Si l'UE assouplit véritablement ses restrictions à l'exportation des hautes technologies dont la Chine a cruellement besoin de nos jours pour son développement (nouvelles énergies, nouveaux matériaux et technologies liées à la protection de l'environnement, au développement vert et au bas carbone), alors l'innovation scientifique et technologique de l'UE se conjuguera avec le vaste marché de la Chine dans ce domaine. Cette perspective non seulement promouvrait la restructuration des industries ainsi que la transformation du mode de développement économique en Chine, mais aussi donnerait un nouvel élan à l'économie européenne en période de sortie de crise.

Approfondir la coopération dans les sphères financières et monétaires, maintenir la stabilité de l'euro et encourager le processus d'internationalisation du yuan sont encore d'autres voies à suivre. La crise de la dette est la plus rude épreuve à laquelle fait face le processus d'intégration européenne. Dans cette période critique, la Chine a toujours fermement soutenu l'euro et l'intégration économique européenne, notamment en achetant des obligations et en augmentant ses importations pour tendre la main à l'UE dans la mesure de ses capacités. La Chine a ainsi joué un rôle positif pour l'euro au moment où il vivait ses heures les plus sombres. L'approfondissement de la coopération monétaire et financière Chine-UE est également propice au processus d'internationalisation du yuan. C'est pourquoi cet approfondissement continu de la coopération financière Chine-UE est devenu une des clés de voûte du développement des relations sino-européennes. La Chine peut exploiter les infrastructures perfectionnées des centres financiers européens pour porter l'internationalisation du renminbi, tandis que les principaux centres financiers européens, de leur côté, peuvent se servir du renminbi pour étendre leur propre influence.

Il faut également approfondir les échanges entre les cultures et entre les peuples, pour bâtir un pont permettant à l'esprit européen et à l'esprit chinois de communiquer. Les échanges et la coopération d'ordres culturel et humain vont encore plus loin que la coopération économique et commerciale. Il s'agit de l'essence même du développement des liens bilatéraux, la garantie d'une croissance durable et saine des relations économiques et commerciales. La Chine et l'UE affichent, l'une et l'autre, des valeurs et idéologies totalement différentes, ce qui donne parfois lieu à des malentendus et à une certaine méfiance entre les deux parties. Pour nouer une véritable amitié, deux personnes doivent apprendre à se connaître et à se comprendre. Depuis la signature en avril 2012 de la Déclaration conjointe de la première session du Dialogue de haut niveau Chine-UE sur les échanges humains, la Chine et l'UE n'ont cessé de récolter des fruits dans ce domaine. Actuellement, les échanges de personnel entre la Chine et l'UE concernent environ 6 millions d'individus chaque année, soit près de 16 000 personnes par jour en moyenne qui font le voyage entre la Chine et l'UE. Selon les statistiques de l'Administration nationale du tourisme de Chine, en 2015, 2 984 100 citoyens de l'UE ont effectué un séjour en Chine, contre 3 427 600 citoyens chinois qui ont atterri dans un pays membre de l'UE en première escale. Au cours de la dernière décennie, plus de 30 000 étudiants et chercheurs originaires de Chine ou de l'UE ont obtenu une des bourses d'études mises en place par les deux parties, aide financière qui leur a permis d'aller étudier et échanger à l'étranger.

Dernier point : la Chine et l'UE continuent de renforcer leur coopération dans la gouvernance économique mondiale. Toutes deux défendent activement la réforme du système et s'accordent sur de nombreux points. À cet effet, les deux parties doivent ensemble conforter le mécanisme du G20 pour qu'il devienne la principale plate-forme de gouvernance économique mondiale, notamment en promouvant sa consolidation sur le plan institutionnel. La Chine et l'UE doivent encourager conjointement la réforme des institutions financières internationales pour favoriser la diversification du système monétaire, corriger la déraisonnable domination du dollar et s'efforcer de construire un système monétaire international garant du développement sain de l'économie mondiale. En tant que membres majeurs du système commercial international, la Chine et l'UE sont des fervents défenseurs du libre-échange dans le monde. À ce titre, elles doivent affermir leur coopération visant l'établissement de règles commerciales internationales et s'opposer à toute forme de protectionnisme.

*LI GANG est deuxième secrétaire du service culturel de l'ambassade de Chine en Allemagne, chercheur adjoint à l'Institut des études européennes de l'Académie des sciences sociales de Chine et docteur en sciences économiques.

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