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Regard sur la Chine

[Convergence] Empereur Wudi des Han (141–87 av. J.-C.)

Je veux commenter  CHRISTOPHE TRONTIN 2017-04-26 04:45:47    Source:la Chine au présent

(Crédit photo: CNS)

On ne devrait pas laisser un empereur régner si longtemps. En 54 ans à la tête de l'empire, Wudi des Han en aura fait voir de toutes les couleurs à son peuple.

Des vertes, des pas mûres. Des progrès, des catastrophes. Descendant de Liu Bang, le fondateur de la dynastie (202 av. J.-C.–220), son nom de naissance était Liu Che, mais il accède au trône sous le nom d'empereur Wudi et entre dans l'histoire sous son nom posthume Han Wudi, soit l'« empereur martial, conquérant, de la dynastie des Han ».

Martial, conquérant ? C'est à son époque que la dynastie va connaître sa plus grande expansion territoriale. Si la dynastie s'agrandit autant, ce n'est pas seulement dû à la boulimie de son souverain. C'est aussi grâce à une arme secrète : le cheval.

À cette époque, prenant exemple sur ses ennemis des steppes du Nord, la dynastie adopte les poneys de Mongolie pour étoffer leur cavalerie. Les armées des Han acquièrent ainsi une grande mobilité et développent de nouvelles stratégies faites de harcèlement et de contre-attaques rapides. Au-delà de leur usage militaire, les chevaux facilitent les communications et la centralisation de l'empire déjà entamée par la dynastie précédente. On peut même dire qu'il pose les premiers jalons de la future Route de la Soie, puisque ses conquêtes en Asie centrale avec des caravanes de chevaux allaient ouvrir la voie au commerce eurasiatique. Des expéditions commerciales qui apportèrent à la Chine une autre race de chevaux, venus du Kazakhstan, ceux-là, plus hauts et plus rapides, surnommés pour cette raison « chevaux célestes » ou « chevaux dragons ».

Chef guerrier, Wudi recherchait avant tout l'efficacité et savait que les hommes de la plus haute lignée ne sont pas toujours les plus valeureux au combat. C'est lui qui adoptera les doctrines confucéennes de sélection au mérite qui feront non seulement sa grandeur mais aussi celle du pays. Conquérir, c'est bien joli, mais il faut ensuite administrer : l'empereur Wudi se révélera un gestionnaire avisé, formant une bureaucratie centralisée et des écoles d'administration où l'on enseignera les classiques du confucianisme.

Sur un plan plus personnel, on raconte qu'il eut beaucoup recours à toutes sortes de devins et qu'il s'entoura de chamanes dont la mission était de lui procurer la pilule secrète de l'immortalité... De nombreux charlatans firent carrière à la cour en lui faisant miroiter des recettes magiques, mais plusieurs d'entre eux furent exécutés pour manque d'efficacité de leurs recommandations ! En 130 av. J.-C., sa femme l'impératrice Chen chercha par des moyens occultes à reconquérir l'affection de son empereur de mari qui lui préférait la concubine Wei. Apprenant cela, il entra dans une rage folle, la répudia et fit exécuter ses « magiciennes ».

Vers la fin de son règne, l'empereur tourna au tyran pur et simple, se lançant dans de nouvelles conquêtes au Sud, notamment dans l'actuel Guangdong. Dans la région des monts Taishan, il ordonna la construction de temples voués au culte de la Terre et du Ciel. Des chantiers qui, ajoutés aux campagnes militaires, ruinèrent les finances du royaume. Pour sortir de la crise, le gouvernement n'eut de cesse d'inventer des impôts nouveaux, une approche qui devait connaître un certain succès dans d'autres pays et à d'autres époques.

À partir de 96 av. J.-C., l'empereur autrefois éclairé qui avait favorisé les sciences et les techniques, l'enseignement des classiques et la promotion au mérite, tourna paranoïaque, voyant partout magie et complots, et l'empire fut secoué par ses chasses aux sorcières. Alors que les luttes d'influence se multipliaient autour de l'empereur vieillissant, les accusations d'occultisme volaient bas, provoquant l'ire impériale.

Vers la fin de sa vie pourtant, en 90 av. J.-C., l'empereur eut une illumination. Il comprit que la sorcellerie s'expliquait surtout par la fourberie des courtisans. Le souverain se fendit alors, événement rarissime dans l'histoire, d'un repenti sincère devant le pays ruiné par ses caprices, promulguant un édit appelé « La repentance de Luntai » qui mit fin aux expéditions et aux plans d'invasion, réduisit les impôts et relança le développement de l'agriculture.

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