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Regard sur la Chine

[Dossier] La place des intellectuels dans le développement

Je veux commenter  LU RUCAI 2017-07-06 09:00:38    Source:la Chine au présent

Conférence de presse sur la publication des réalisations scientifiques et technologiques avancées dans le cadre de la 3e Conférence mondiale de l'Internet, le 16 novembre 2016

« Les intellectuels, par définition, sont des personnes au niveau d'instruction élevé et riches d'importantes connaissances culturelles. Un grand nombre d'entre eux sont spécialistes dans un domaine particulier. » Telle est la définition des intellectuels proposée par le président Xi Jinping dans son discours prononcé lors d'une conférence qu'il a eu avec quelques représentants de divers groupes de la société : intellectuels, travailleurs modèles et jeunes. Cette rencontre se tenait en marge d'une mission d'étude qui l'a amené dans l'Anhui le 30 avril 2016, à l'approche de la fête du Travail, qui précède en Chine la fête de la Jeunesse le 4 mai. Il a d'autre part rappelé le rôle joué par les intellectuels chinois dans la révolution, la construction, la réforme et le développement durant différentes périodes historiques, et exprimé le souhait de voir les intellectuels continuer à « guider l'innovation en se mettant à l'avant-garde de leur époque ».

La Chine n'a jamais accordé l'importance qu'elle accorde aujourd'hui au rôle des intellectuels pour le développement du pays. Après le lancement de la réforme et de l'ouverture, en particulier à la suite du XVIIIe Congrès du Parti communiste chinois (PCC), les dirigeants chinois et les autorités gouvernementales des différents échelons ont veillé à souligner sans discontinuer le rôle des intellectuels dans le développement social, ce qui a créé une image nouvelle des intellectuels et dessiné les contours d'une stratégie de mise en valeur à la manière chinoise. Lors de la Conférence commémorative du 95e anniversaire de la fondation du PCC qui s'est tenue le 1er juillet 2016, Xi Jinping a souligné la nécessité de « rassembler les talents des quatre coins du monde. »

Inciter les hommes de talent à revenir en Chine

Ce qu'il faut évoquer en premier à propos du retour en Chine des étudiants chinois formés à l'étranger, c'est qu'une vague des retours des étudiants chinois a pu être constatée ces dernières décennies. Une directive publiée par le Conseil des affaires d'État en 1984 ouvrait aux étudiants chinois qui le souhaitaient et en avaient les moyens le droit d'aller étudier à l'étranger. Ceci explique pourquoi la Chine a été, pendant de longues années, un pays purement exportateur d'individus talentueux.

Selon les statistiques du ministère de l'Éducation, parmi les 815 000 étudiants chinois de différentes catégories ayant fait des études à l'étranger entre 1978 et fin 2004, 198 000 seulement sont rentrés en Chine, soit 24 % du total.

Les raisons qui peuvent expliquer cette faible envie de rentrer au pays étaient nombreuses, notons en particulier les rémunérations peu élevées, les équipements de recherche obsolètes, les problèmes budgétaires, les difficultés rencontrées dans la mise en lien entre les projets de recherches et le développement des produits, surtout par rapport aux conditions qu'ils ont trouvées dans les pays développés.

Des questions qui ont peu à peu trouvé leur solution au fur et à mesure de la montée en puissance du pays et d'un changement de la politique de gestion des talents.

En 2007, 16 ministères, dont celui des Ressources humaines, celui de l'Éducation et celui des Sciences et des Technologies ont conjointement imprimé et distribué un Avis sur l'ouverture du passage vert réservé au retour en Chine des personnes de haut niveau ayant fait leurs études à l'étranger, établissant une réglementation précise des rémunérations, du placement des enfants et conjoints, ainsi qu'un traitement fiscal préférentiel, d'incitations à la création d'entreprises, des mesures destinées à encourager les Chinois formés et résidant à l'étranger à rentrer au pays. Dans le même esprit, les autorités centrales ont décidé en 2008 de mettre en application le programme des « Mille talents » qui visait à faire rentrer au pays les spécialistes de haut niveau, prévoyant d'attirer un certain nombre d'entre eux autour des objectifs du développement stratégique du pays sur une période de 5 à 10 ans, où ils pourraient travailler sur des projets d'innovation majeurs à l'échelon national, dans des disciplines et laboratoires clés, au sein d'entreprises publiques de niveau central, d'établissements financiers ou encore de zones de développement des hautes technologies. Dans le cadre de ce programme des « Mille talents », 6 000 personnes réparties en 12 groupes ont été recrutées, dont entre autres Rao Yi, biologiste neurologiste de Northwestern University aux États-Unis, Shi Yigong, professeur de biologie moléculaire à l'université de Princeton, et Andrew Chi-Chih Yao, qui a renoncé à sa citoyenneté américaine, pour prendre la direction de l'IIIS à l'université Tsinghua et devenir membre de l'Académie des sciences de Chine.

Avant cela, les ministères et les autorités locales avaient déjà lancé une série de mesures telles que le programme de récompenses des savants Changjiang (ministère de l'Éducation), le programme des « Cent talents » (Académie des sciences de Chine), le Projet du rassemblement des talents résidant à l'étranger et le programme Phénix (Beijing), et le programme Aurore (Shanghai). Ces personnes de talent ont joué un rôle décisif pour l'innovation technico-scientifique, les avancées technologiques, le progrès des disciplines, la formation des talents futurs et le développement des entreprises de pointe, se constituant en forces vives d'un pays innovant. Dans le cadre du programme des « Cent talents » lancé en 1994, l'Académie des sciences de Chine a récompensé en tout 2 000 personnes remarquables dont plus de 90 % ont une expérience d'études ou de travail à l'étranger, notamment dans des pays européens ou d'Amérique du Nord dans le domaine des sciences appliquées. Ces vingt dernières années, une trentaine de membres de l'Académie des sciences de Chine et de l'Académie d'ingénierie de Chine ont été proposés par le programme des « Cents talents », et plus de 500 personnes ont été récompensées par le Fonds pour les jeunes scientifiques de Chine.

Le 20 avril 2017, à 19h 41, Tiangzhou-1, premier vaisseau spatial cargo fabriqué de manière indépendante par la Chine, a été lancé depuis le centre de tir de Wenchang sur l'île de Hainan.

Encourager l'innovation technico-scientifique

Le 27 avril, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté une résolution décidant de désigner le 21 avril comme la Journée mondiale de la créativité et de l'innovation, appelant les différents pays à soutenir l'entrepreneuriat et l'innovation pour tous, sur une idée avancée par le premier ministre Li Keqiang lors du Forum d'été de Davos à Tianjin en septembre 2014, et largement approuvée par la communauté internationale.

Ces dernières années, la Chine accorde une plus grande importance à l'innovation technico-scientifique. En témoignent les budgets dans ce domaine qui augmentent sans discontinuer. Le Programme national pour la stratégie de développement par l'innovation rendu public en 2016 prévoit que la Chine se classera parmi les pays innovants d'ici 2020, prendra le premier rang des pays innovants vers 2030, et se constituera en puissance technico-scientifique mondiale d'ici à 2049, année marquant le 100e anniversaire de la République populaire de Chine.

Le 30 mai 2016, Xi Jinping déclarait, à l'occasion de la Conférence nationale sur l'innovation scientifique, que « le développement de la nation dépend de celui des sciences, la puissance du pays dépend de celle des sciences. » Il a ensuite souligné « l'importance d'accélérer l'innovation scientifique dans les différents domaines et d'être en première ligne dans la compétition technico-scientifique mondiale afin de se trouver à l'avant-garde des sciences mondiales, de répondre à la demande des principaux secteurs économiques et aux besoins fondamentaux du pays ». Il s'agit là pour la Chine du point de départ de l'idée de construire un pays puissant sur le plan scientifique, sans rival au niveau mondial.

La Chine a promulgué en 1999, sur la base des différents prix technico-scientifiques décernés depuis la fondation de la République populaire de Chine en 1949, les Règlements de récompenses technico-scientifiques d'État, qui comprend des récompenses telles que le Prix suprême national pour les sciences et les techniques, le Prix national pour les sciences naturelles, le Prix national pour les inventions techniques, le Prix national pour les progrès technico-scientifiques et le Prix pour la coopération technico-scientifique internationale. Le prix suprême national pour les sciences et les techniques s'assortit d'une prime de 5 millions de yuans. En 2016, ce prix avait été décerné à la pharmacologue Mme Tu Youyou et à un physicien travaillant sur les superconducteurs. En plus des prix nationaux, les différentes disciplines et les différentes régions ont créé des prix scientifiques de différents niveaux, l'objectif avoué étant d'encourager l'innovation scientifique et de promouvoir le progrès scientifique.

Par ailleurs, l'État a rendu publics, depuis 2016, plusieurs documents réglementant l'augmentation des revenus des scientifiques afin d'encourager l'application industrielle des acquis scientifiques et une augmentation légitime des revenus des scientifiques. Tout cela vise à favoriser une application maximale des acquis scientifiques créés par les intellectuels et à stimuler leur enthousiasme vis-à-vis de l'innovation scientifique et intellectuelle et de valoriser pleinement leur initiative pour servir le développement socio-économique et la stratégie de développement par l'innovation.

Un pays aux ressources humaines excédentaires qui devient un vivier d'hommes de talent

La Chine, géant démographique, peut désormais être considérée également comme une grande puissance en matière de talents. Selon les bulletins de statistiques publiés par le ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale, à la fin de 2015, l'Académie des sciences de Chine et l'Académie d'ingénierie de Chine comptaient plus de 1 600 membres dans l'ensemble du pays, 172 000 spécialistes bénéficiant d'une allocation gouvernementale, 5 300 candidats ont été sélectionnés sur trois niveaux par le Programme de recrutement des talents pour le XXIe siècle (des centaines de savants de renommée mondiale, des milliers de chercheurs et des dizaines de milliers de jeunes scientifiques), 17,97 millions de personnes ont obtenu des certificats de qualification scientifique toutes catégories confondues.

Dans le même temps, la Chine adopte différentes mesures politiques visant à attirer des étrangers compétents désireux de travailler en Chine. Depuis la fin 2015, 240 000 étrangers dotés d'un permis travaillent en Chine. Les régions et les établissements de recherche scientifique de Chine invitent, par différents moyens, des spécialistes étrangers haut de gamme à venir travailler en Chine pour le long ou le court terme, parmi lesquels plusieurs scientifiques nobélisés, des dizaines d'académiciens des pays développés et des milliers de professeurs d'universités célèbres dans le monde. Le président Xi Jinping a ainsi déclaré, le 14 mai dans la matinée, à la cérémonie d'ouverture du Forum de « la Ceinture et la Route » pour la coopération internationale, la volonté de la Chine de renforcer sa coopération avec les différents pays dans le domaine de l'innovation, de lancer le programme d'action pour l'innovation scientifique dans le cadre des Nouvelles Routes de la Soie et de promouvoir les quatre actions suivantes, à savoir : le développement des échanges scientifiques et socioculturels, la construction de laboratoires conjoints, la coopération dans les pôles technico-scientifiques et les transferts de technologies. Il a également annoncé le projet d'accueillir d'ici cinq ans 2 500 jeunes scientifiques en Chine pour des recherches à court terme, de former 5 000 personnes aux compétences scientifiques et de gestion, et de mettre en service 50 laboratoires conjoints.

Mais la circulation de ces personnes hautement qualifiées s'effectue forcément dans les deux sens. Début mai, l'information suivante a attiré l'attention : Mme Yan Ning, professeure de la faculté de médecine de l'université Tsinghua, était invitée comme professeur de chaire à vie Shirley M. Tilghman à la faculté de biologie moléculaire de l'université de Princeton. Depuis que Yan Ning avait été invitée à diriger un laboratoire indépendant à l'université Tsinghua en Chine en 2007 alors qu'elle travaillait à l'université de Princeton, les résultats de ses recherches ont été classés à deux reprises parmi les « dix progrès marquants de l'année » de la revue Science. « Changer d'environnement me met une pression nouvelle, cela stimule chez moi de nouvelles inspirations, et m'entraînera probablement vers de nouvelles avancées sur le plan scientifique », a déclaré Yan Ning dans une interview. Selon un commentaire de Xinhuanet, un site web d'informations officiel, « il faut féliciter cette chance offerte à une jeune scientifique qui a réalisé son départ professionnel en Chine ».

La Chine doit encore parcourir un long chemin pour devenir une grande puissance des talents. « Cette perspective ne se réalisera que lorsque les scientifiques estimeront que retourner en Chine leur offrira de meilleures perspectives », affirme en conclusion Andrew Chi-Chih Yao.

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