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Regard sur la Chine

[Convergence] La presse chinoise plus raisonnable dans la couverture des événements internationaux

Je veux commenter  CHRISTOPHE TRONTIN 2017-08-04 05:27:33    Source:la Chine au présent

Lutte contre la corruption en Chine ? « Propagande », affirment les médias occidentaux. « Propagande » aussi, les bonnes nouvelles que publie la presse chinoise sur l’élévation du niveau de vie dans les régions reculées du Tibet et du Xinjiang... « Propagande éhontée », les articles qui racontent les investissements en Afrique dans le cadre du transfert des capacités de production... « Simple opération de propagande », le développement accéléré en Asie centrale grâce à l’initiative des Nouvelles Routes de la Soie. Tout ce qu’affirme la Chine par l’intermédiaire de sa presse contrôlée ne serait donc que propagande, et donc vils mensonges ?

Difficile de ne pas le constater, la presse chinoise, et ce magazine en est un bon exemple, préfère les bonnes nouvelles aux mauvaises. Elle met plus souvent en lumière les réussites que les échecs, souligne les mérites plus que les défauts, n’aborde qu’à mots couverts les sujets qui fâchent... Il ne s’agit pas de mensonges mais de la vision chinoise des affaires du pays et du monde.

« La propagande est un concept désignant un ensemble de techniques de persuasion, mis en œuvre pour propager avec tous les moyens disponibles une idée, une opinion, une idéologie ou une doctrine et stimuler l’adoption de comportements prédéterminés au sein d’un public-cible », indique le Larousse. L’information contrôlée par les autorités gouvernementales et destinée à exposer le point de vue officiel s’inscrit donc bien dans la catégorie « propagande ». Une spécialité chinoise ?

Si en Chine l’information est soumise au filtre des intérêts de l’État, dans les pays à « presse libre », celle-ci est soumise aux lois du business. Quelques groupes d’intérêt y formatent l’information suivant des objectifs négociés avec l’État. C’est ainsi que l’on voit fleurir, dans la presse « libre », ces informations et ces « faits alternatifs » censés préparer l’opinion à telle ou telle aventure militaire ou la distraire de telle ou telle affaire politique peu reluisante... C’est ainsi que se crée soudain cette curieuse unanimité en faveur de tel candidat (miraculeusement épargné par les « affaires »), ou telle politique d’austérité (« sans alternative »).

On ne parle pas de propagande car celle-ci, pour être efficace, doit être invisible et inodore. Alors que le point de vue de l’État chinois est ouvertement annoncé, dans les pays à « presse libre », le contrôle des groupes de pression anonymes est plus discret mais pas moins efficace. Aujourd’hui, en réaction à la prolifération des sites d’information qui proposent d’autres points de vue, la « presse autorisée » fait appel à Google et Facebook pour lancer le Decodex. Un outil qui doit décider de la véracité des informations, distribuer les bons et les mauvais points et finalement restaurer le contrôle de l’information.

Seule une information formatée permet ces campagnes de diabolisation de dirigeants étrangers qui font de Saddam Hussein, de Bachar Al-Assad ou d’Hugo Chavez des monstres sanguinaires dévoreurs d’enfants. Un bombardement médiatique qui sert malheureusement souvent de prélude aux « frappes humanitaires » de l’Otan ou d’autres coalitions belliqueuses. Dans les affaires internationales, il est facile de constater que c’est la presse chinoise « propagandiste » qui tient la voix de la raison, de la modération, de la diplomatie, en contraste avec la politique de la canonnière sans cesse brandie par les puissances occidentales. Dans sa couverture des affaires du monde, la presse chinoise se montre bien plus raisonnable et réaliste et distribue ses évaluations en termes bien plus mesurés. Concernant les affaires chinoises, l’optimisme prudent de la presse d’ici n’est-il pas plus proche de la réalité que les ridicules mises en garde occidentales qui, depuis trente ans, prédisent jour après jour à la Chine faillite, échec et catastrophes en tout genre (économiques, sociales, morales) qui ne se produisent jamais ? En parlant à tout bout de champ de « propagande chinoise », la presse libre s’inscrit dans un affrontement idéologique que la Chine justement récuse.

L’affrontement médiatique annonce une confrontation économique puis militaire : c’est pourquoi l’agressivité de la presse « libre » n’est pas anodine et ne doit pas être prise à la légère. La rhétorique agressive qu’elle déverse sur tel ou tel « régime » qui ne se plie pas à ses intérêts doit être considérée pour ce qu’elle est : une propagande destinée à façonner l’opinion mondiale. Appeler « propagande » l’information en Chine, c’est chercher à dissimuler le caractère idéologique de nos médias « libres ».

À l’heure de la mondialisation de la pensée unique, ce sont les diverses « propagandes » qui jouent le rôle du pluralisme démocratique. Ce n’est qu’en recoupant les informations en provenance de divers pays que le citoyen du XXIe siècle peut se faire une opinion réellement équilibrée sur la marche du monde.

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