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Regard sur la Chine

La Chine, étoile montante en matière d’innovation

Je veux commenter  XIONG HONGRU 2017-08-11 05:34:00    Source:la Chine au présent

Voilà maintenant presque quatre décennies que la politique de la réforme et de l’ouverture est entrée en vigueur en Chine, et depuis, la croissance et les réformes du système économique avancent à pas de géant. Le pays a vu son modèle de développement et son concept d’allocation des ressources se transformer, tout comme il a été témoin de progrès scientifiques et technologiques et de la restructuration industrielle enclenchée. Autre constatation encore plus importante : l’innovation est devenue le moteur de la croissance économique du pays, la Chine apparaissant aujourd’hui comme une étoile montante en matière d’innovation. En effet, l’innovation est la principale force actionnant le nouveau cycle chinois de croissance économique, d’ajustement structurel ainsi que de transformation et de modernisation industrielle. L’expérience acquise par la Chine ces dernières décennies grâce à ses efforts pour encourager les capacités d’innovation a permis à la nation de réaliser un essor vertigineux et de bénéficier d’une influence considérable dans le monde.

Le premier ministre Li Keqiang inspecte la société Han’s Laser Technology Industry Group basée à Shenzhen le 13 octobre 2016, à l’occasion de sa visite à Shenzhen et Dongguan, où il a assisté à la Semaine nationale de l’innovation et de l’entrepreneuriat de masse 2016.

L’innovation, nouveau souffle pour la croissance économique

Le modèle de développement tiré par l’innovation instauré en Chine est entré dans une nouvelle phase historique qui se caractérise par l’enthousiasme sans précédent du peuple envers l’innovation.

La Chine a affûté ses compétences en innovation à mesure qu’elle s’efforçait de rattraper son retard économique. Elle a commencé par imiter des équipements étrangers, puis a introduit et finalement adopté des technologies de pointe. De nos jours, forte de son expertise empirique, la Chine est capable de mener indépendamment des recherches et des développements (R&D). Ses premiers pas dans l’innovation ne sont pas passés inaperçus dans les technologies, la conception de produits et les techniques de fabrication. Le pays réalise aujourd’hui des progrès innovants dans la gestion, l’organisation opérationnelle et les modèles commerciaux. Ce cumul des expériences et cette participation de longue date dans la R&D constituent une base solide sur laquelle peut compter la Chine pour s’imposer en tant que nation avancée sur le plan technologique. En revanche, la Chine se concentre désormais sur la qualité, et non plus sur la quantité, pour perfectionner ses innovations.

À l’échelle internationale, la Chine est à l’avant-garde de l’innovation au regard de ses apports et percées. Depuis 2000, ses investissements en R&D ont crû plus rapidement que son PIB. Les dépenses de la Chine en R&D comptait pour près de 20 % du total des dépenses mondiales en la matière, le pays se classant ainsi au rang de deuxième contributeur. Il faut dire qu’en 2016, la Chine a investi l’équivalent de 2,1 % de son PIB dans la R&D, un taux record parmi les pays en développement. Du point de vue des effectifs, là encore, la Chine s’assure une première place, son personnel dédié à la R&D pesant près de 30 % dans le total mondial. En outre, l’écart s’est réduit entre la quantité de demandes de brevets internationaux déposées par la Chine et celle enregistrée pour les pays développés. La Chine occupe désormais le troisième rang mondial à cet égard. La Chine est également à l’origine d’environ 15 % des publications répertoriées dans l’indice international Science Citation Index (SCI), étant à ce compte-là le deuxième pays source. L’Indice mondial de l’innovation 2016, publié par l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, a positionné la Chine à la 25e place au regard de ses capacités d’innovation, soit devant certaines économies à revenu élevé. Dans le même temps, le secteur manufacturier chinois a poursuivi sa vive évolution le long de la chaîne de valeur, passant du bas de gamme au moyen voire au haut de gamme. Certains des géants industriels du pays exercent aujourd’hui une influence colossale sur le marché mondial. De plus, la Chine a réalisé des percées dans des technologies clés, devenant ainsi un pays pionnier dans les communications mobiles, les vols spatiaux habités, les applications satellites, les lignes ferroviaires à grande vitesse, les réseaux à haute tension, les superordinateurs, la communication quantique et l’Internet mobile.

Les entreprises chinoises sont devenues plus proactives en matière d’innovation, ce qui transparaît dans l’accroissement de l’investissement national en R&D et dans la réduction de la part des technologies introduites de l’étranger. Les entreprises représentent plus de 75 % de la dépense nationale en R&D ; et plus de 70 % des effectifs œuvrant dans ce domaine à travers le pays sont employés par des entreprises. Un nouveau lot de sociétés innovantes, bien décidées à s’engager dans la concurrence internationale, a également germé. La première enquête sur les activités innovantes des entreprises chinoises publiée par le Bureau national des statistiques en 2015 a révélé que, sur la période 2013-2014, environ 266 000 entreprises sur les 646 000 interrogées, soit 41,3 % d’entre elles, poursuivaient des activités tournées vers l’innovation. Si l’on prend l’exemple des groupes industriels, ce taux est passé de 28,8 % à 46,6 % en dix ans. L’objectif principal visé par les entreprises chinoises est d’améliorer l’efficacité de gestion et d’innover toujours plus dans les modèles commerciaux : environ 27,9 % ont entrepris une innovation d’ordre organisationnel, et 25,8 % pour le marketing. Et pour couronner le tout, les entrepreneurs chinois sont jeunes, hautement formés et désireux d’aller vers des idées neuves.

L’esprit d’innovation et le climat entrepreneurial se sont renforcés en Chine. Dans le sillage de la politique de la réforme et de l’ouverture, le gouvernement a formulé une série de politiques pour promouvoir le progrès scientifique et technologique. Celles-ci intégraient également la R&D et le développement économique comme moyens de répondre aux exigences des diverses périodes. L’année 1980 a marqué le lancement de la réforme du système scientifique et technologique. Puis, dans les années 1990, le gouvernement central a avancé la stratégie de redynamisation du pays par le biais de l’enseignement et de la science. En 2006, il a proposé, dans les principes directeurs du Programme national pour le développement des sciences et techniques à moyen et long terme (2006-2020), de construire un système d’innovation pour le pays. Depuis 2012, il encourage le développement par l’innovation et approfondit les réformes du système scientifique et technologique. En 2016, il a publié une Présentation de la stratégie nationale de développement par l’innovation. Toutes ces politiques et mesures ont permis de tisser un cadre réglementaire relativement complet propice à l’innovation. Ces dernières années, à plusieurs reprises, le gouvernement a réajusté son point de mire : de l’amélioration du système à l’encouragement des activités innovantes, puis à l’instauration d’un environnement favorable dans lequel les acteurs du marché vont chercher l’innovation de leur propre chef, avant de laisser le marché jouer son rôle.

Le gouvernement s’efforce aujourd’hui d’élaborer des réglementations qui seront bénéfiques à tous et publie des politiques destinées à répondre à chaque problème auquel peuvent être confrontés les acteurs du marché.

De l’affûtage des capacités en R&D, de l’optimisation de l’allocation des ressources, de la hausse du rendement et de l’amélioration du climat d’innovation a émergé une nouvelle force qui stimule le développement économique chinois.

La coordination entre le gouvernement et le marché

La solide coordination entre le gouvernement et le marché favorise le développement porté par l’innovation.

La Chine a comme principal atout d’avoir à sa tête un gouvernement efficace, ce qui permet au pays de brûler les étapes du développement dans certains domaines clés. En saisissant l’occasion de rattraper son retard et en adoptant un certain nombre de politiques, la Chine qui se contentait autrefois de suivre les tendances technologiques est devenue le pays qui est à l’origine de l’innovation. Aujourd’hui, la Chine continue d’accroître ses investissements dans les technologies fondamentales, stratégiques et avancées, pour se concentrer sur le développement des technologies clés, réaliser des percées et talonner ses concurrents sur le marché mondial. Prenons l’exemple de l’essor qu’a connu l’industrie aérospatiale. Au tout début, les autorités compétentes et les instituts de recherche scientifique étaient chargés d’organiser des études sur les technologies et d’accumuler une certaine expertise technique ; par la suite, sur la base de projets d’envergure nationale, des essais et mises en service ont eu lieu ; depuis lors, le modèle a encore évolué, mettant à l’honneur la coopération entre les institutions militaires et civiles et présentant des applications à large échelle et des opérations commerciales. Sur ces cinquante dernières années, la Chine a mis en place une industrie aérospatiale relativement complète, devenant ainsi un acteur influent dans les sciences et technologies aérospatiales. Le pays est maintenant en mesure de fournir une large gamme de produits associés, comme des fusées porteuses, des satellites, des vaisseaux habités et des équipements au sol, ainsi que tout un lot de services, dont le service de lancement et construction d’installations au sol. Les progrès réalisés dans l’industrie aérospatiale ont également dynamisé la montée en gamme et l’innovation industrielles dans divers domaines de l’économie nationale. Dans le contexte actuel de vive concurrence internationale et de nouvelle révolution scientifique et technologique, qui annoncent en plus une révolution industrielle imminente, la Chine affermira sa contribution en R&D dans la recherche fondamentale et réalisera des percées dans certaines technologies majeures et stratégiques à même de stimuler le développement à long terme. Le gouvernement chinois compte également promouvoir les réformes du modèle scientifique et technologique, afin que les ressources dans cette sphère soient utilisées plus efficacement.

En vue d’aviver la créativité des 1,3 milliards de citoyens, le gouvernement chinois a annoncé en 2015 vouloir encourager l’innovation et l’entrepreneuriat. En laissant agir la « main invisible » du marché, la Chine cherche à explorer le potentiel au niveau de la base et à cultiver la nouvelle force motrice de son économie. Comme le Nobel de l’économie Edmund Phelps l’a observé dans son livre La prospérité des masses : l’innovation n’est pas confinée au gouvernement, aux institutions scientifiques et technologiques et aux centres de R&D des grandes entreprises. De plus en plus d’individus, de startups, de nouvelles organisations et plateformes sociales ont joué et jouent encore un rôle en la matière. Un cours ouvert à tous de l’Institut de technologie du Massachusetts a formulé l’équation suivante : « innovation = invention × commercialisation ». Elle démontre que la création (idées nouvelles et inventions) et la commercialisation sont toutes deux indispensables pour parvenir à l’innovation. Les réalisations scientifiques qui ne peuvent être commercialisées ne sont pas des innovations. Or, la commercialisation dépend des mécanismes du marché. Ainsi, pour arriver à innover, il faut une participation de la société la plus large possible, un marché de libre concurrence, ainsi qu’un environnement social où l’innovation est encouragée et où l’échec est toléré. Depuis 2015, année de la publication de l’Avis pour stimuler l’innovation et l’entrepreneuriat des masses, la Chine a fait du chemin en multipliant le nombre d’acteurs sur le marché, en répondant à la demande de main-d’œuvre des startups et en créant davantage de plateformes pour soutenir l’innovation et l’entrepreneuriat des masses. Elle a aussi élargi le volume commercial sur le marché des technologies, intégré des entreprises à son système NEEQ (National Equities Exchange and Quotation, système national pilote de transfert de titres pour les petites et moyennes entreprises) et favorisé les industries émergentes stratégiques. La stratégie a d’ailleurs joué un rôle prépondérant dans les ajustements structurels, la correction des failles et l’incitation à l’emploi.

À l’heure où l’économie chinoise est entrée dans une période de « nouvelle normalité », le gouvernement chinois vise à œuvrer en collaboration plus étroite avec le marché pour créer un mécanisme et un système propices à l’innovation. Le gouvernement doit tenir son rôle lorsque des défaillances surviennent dans certains domaines du marché. Plus particulièrement, il doit assumer sa responsabilité de développer des technologies fondamentales et stratégiques, de protéger la propriété intellectuelle, d’encourager la diffusion des facteurs d’innovation et d’instaurer un environnement de concurrence loyale. Le gouvernement doit veiller à ne pas prendre des mesures inadéquates, telles qu’attribuer trop de subventions ou s’ingérer dans les affaires des entreprises en définissant des feuilles de route technologiques ou en adoptant d’autres décisions majeures. Il doit garder en tête que tout dépend du marché lorsqu’il répartit les ressources dédiées à l’innovation et lorsqu’il réveille l’esprit créatif de toute la société.

De meilleures capacités d’innovation dans les entreprises

Pour réaliser un développement par l’innovation, plus d’efforts doivent être investis de façon à ce que les entreprises soient emportées dans un nouvel élan d’innovation et perfectionnent leurs capacités en la matière.

Dans les 20 à 30 prochaines années, la Chine se hissera à un niveau avancé à l’échelle mondiale dans un nombre croissant de domaines scientifiques et technologiques. De l’intégration et de l’imitation des technologies de pointe, le pays s’orientera progressivement vers le rattrapage de son retard jusqu’à endosser le rôle de leader du développement technologique. À l’avenir, la Chine s’appuiera davantage sur l’innovation nationale. Dans le même temps, en coopération avec les autres pays du monde, elle répondra aux défis soulevés par la nouvelle révolution technologique et industrielle. Les pays dont les entreprises excellent dans l’innovation prendront non seulement une longueur d’avance sur leurs concurrents, mais piloteront aussi le développement de diverses industries émergentes, avec en plus un certain pouvoir dans l’établissement des règles. Une économie forte ne se résume pas à un PIB de taille : il est nécessaire d’afficher également un haut niveau d’innovation et une structure économique optimisée. Par conséquent, pour accélérer le développement tiré par l’innovation au cours du nouveau cycle de transformation économique, la Chine se retrouve face à une tâche urgente : celle d’affûter les capacités d’innovation de ses entreprises et de décupler le nombre d’entreprises de haute technologie.

Des efforts doivent être consentis pour aider les entreprises à générer cet élan qui les aménera à innover, à investir plus dans l’innovation et à améliorer leurs capacités dans ce registre. Elles pourront alors engranger davantage de profits et prendre la pole position sur le marché. Le gouvernement devrait, d’un côté, améliorer l’efficacité de son système pour encourager l’innovation ; de l’autre, il lui incombe d’optimiser sa supervision et de peaufiner les réglementations pour permettre aux entreprises de réaliser un développement durable via l’innovation. Il convient d’instaurer un climat favorable pour faciliter le développement des nouvelles technologies, des nouveaux produits et des nouvelles industries. En bref, le gouvernement chinois travaille dur depuis quelque temps pour améliorer le fonctionnement des institutions, établir un mécanisme d’incitation, améliorer le système d’innovation national et rendre la répartition des facteurs plus efficace.

En tant qu’étoile montante en matière d’innovation, la Chine a vu son économie croître à un rythme considéré entre moyen et élevé, puis se transformer en un pays dont la croissance est davantage tirée par l’efficacité et l’innovation plutôt que fondée sur l’investissement et une offre bon marché. Le pays joue désormais un rôle de premier plan dans la promotion du redressement économique mondial, de la mondialisation et du perfectionnement de la gouvernance mondiale. Dans ces circonstances, le développement axé sur l’innovation que vise la Chine devrait passer par une transformation systémique, ce qui exercera une profonde influence sur les économies émergentes, voire le monde entier.

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