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Regard sur la Chine

Les BRICS cherchent à s’assurer un futur prospère

Je veux commenter  Kavian Royai 2017-09-07 18:03:34    Source:Chine-info.com

Pour se libérer d’une croissance molle, les cinq puissances émergentes réunies cette semaine à Xiamen comptent jouer la carte de la coopération. Pour Xi Jinping, il reste énormément de « potentiel à creuser ».

« En 1985, il y a 32 ans, je suis venu à Xiamen (anc. Amoy) pour prendre mon nouveau poste de vice-maire. C’était d’ailleurs, le jour de mes 32 ans. À l’époque, il n’y avait pas de grands buildings, et la ville était mal éclairée la nuit ». C’est à l’évocation de ces souvenirs que le président chinois Xi Jinping a ouvert le banquet d’honneur du 9ème Sommet des BRICS. Celui-ci se tenait du 3 au 5 septembre dans la ville de Xiamen – aujourd’hui un modèle de réussite économique. Ses homologues du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de l’Afrique du Sud (qui avec la Chine donnent l’acronyme BRICS) s’y étaient réunis pour trouver des points communs dans la conduite de leurs affaires économiques et internationales. La déclaration commune publiée le 4 septembre montre la volonté des parties d’approfondir leur coopération dans les domaines de l’économie et de la sécurité, d’aller vers plus de libre-échange en refusant tout protectionnisme, et de contribuer à un « ordre international plus juste et plus équitable », en demandant notamment une réforme des institutions onusiennes.

Ce sommet intervient dans un contexte de tension entre la Chine et l’Inde suite à un différend frontalier, et alors que les cinq pays, particulièrement la Russie et le Brésil, affichent une croissance ralentie. Ce sont ces divergences économiques, mais aussi politiques et démographiques entre ces pays qui ont pu faire douter de la capacité du groupe à se faire entendre comme une voix alternative sur la scène internationale. L’occasion pour la Chine qui présidait le sommet, de réaffirmer le contraire, et d’annoncer une deuxième « décennie d’or ».

Les BRICS en 2017 : 40% de la population du globe, 50% du PIB mondial

Les BRICS, c’est ce groupe de pays émergents, qui, au début des années 2000, sont devenus pour la première fois le principal contrepoids économique face à l’Occident. Bénéficiant d’une croissance bondissante, ils représentaient alors 12% de l’économie mondiale, contre 23% aujourd’hui. Ils sont devenus une plate-forme de coopération et de discussion offrant une alternative aux institutions internationales déjà existantes. Mais les BRICS ont également souffert après la crise économique de 2008. Aujourd’hui, le Brésil sort de récession, la Russie empâtit toujours des sanctions économiques suite à l’annexion de la Crimée, et l’économie chinoise est en phase de transition d’une économie exportatrice vers une économie de consommation. Pourtant le potentiel est là. D’après des statistiques publiées par Goldman Sachs en 2007, le PIB nominal de ces pays sera amené à quadrupler, la Chine en tête, d’ici 2050 (contre le double pour les États-Unis). Pour Xi Jinping, une deuxième « décennie d’or » est possible. Cela se traduit par plusieurs stratégies.

L’Inde et la Chine, piliers du mouvement

La force des BRICS repose sur la stabilité des relations Chine-Inde. Leur croissance économique est le moteur du groupe. Malgré un incident militaire cet été à la frontière et plusieurs recours commerciaux anti-dumpings déposés cette année impliquant les deux pays, le couple a pu mettre ses différends de côté pour afficher leur marche commune. C’est notamment dans la lutte contre le terrorisme que la réconciliation entre les deux pays est remarquable, la Chine acceptant de bien vouloir inscrire sur la liste noire des Nations Unies, des groupes terroristes pakistanais depuis longtemps honnis par l’Inde.

Un multilatéralisme plus large

Nouveauté de ce sommet, le « BRICS + ». Il s’agit d’un BRICS étendu à d’autres pays émergents et à l’économie remarquable, et qui seraient éventuellement amenés dans le futur, à participer aux débats. Cette année, l’Egypte, le Tadjikistan, la Thaïlande, la Guinée et le Mexique ont été invités à assister aux discussions. En incluant plus de partenaires, le président Xi désire faire partager « le gâteau de l’économie mondiale ». Les BRICS entendent ainsi étendre leur influence face au club restreint du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, Chine, Russie, France et Royaume-Uni) et démocratiser les pratiques internationales. Pour la Chine, c’est aussi l’occasion de nouer des liens avec des pays concernés par le projet des Nouvelles Routes de la Soie : le Tadjikistan pour les voies terrestres, l’Egypte pour les voies maritimes et la Thaïlande pour les projets de train à grande vitesse.

Une coopération renforcée via la Nouvelle Banque de Développement

C’est le nerf de la coopération économique des BRICS. Vue parfois comme une alternative aux institutions de Bretton Woods du FMI (Fonds Monétaire International), elle est un système complémentaire qui permet aux signataires de financer divers projets de développement via des prêts. Sur les projets en cours on en compte plusieurs dans les domaines de l’assainissement de l’eau en Inde, de la gestion des cours d’eau en Chine, mais aussi dans l’amélioration du fonctionnement des services judiciaires en Russie... Cette année, la Banque espère pouvoir octroyer près de 2,5 milliards de dollars de prêts, fonds dont la Chine est la principale pourvoyeuse, avec près de 500 millions de yuans alloués cette année aux projets de coopération économique et technologique. C’est par ce levier que la Chine entend contribuer au développement des économies concernées et à l’élévation du niveau de vie d’une partie de la population du globe.

Kavian Royai

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