Suivez-nous | français

Regard sur la Chine

Le XIXe Congrès du PCC, continuité et nouvelle ère

Je veux commenter  Lionel Vairon 2017-10-20 16:55:30    Source:Chine-info.com

Le XIXe Congrès du PCC, ouvert le 18 octobre, a peut-être été l’un des plus attendus de ces dernières décennies. Depuis le début des réformes initiées sous la direction de Deng Xiaoping, la ligne politique et économique n’avait que peu fluctué et les efforts de développement menés par les dirigeants chinois se poursuivaient dans un cadre clairement défini, celui d’une nation en reconstruction après des décennies de turbulences et d’expérimentations qui avaient ralenti le développement de la nation la plus peuplée au monde. Depuis le XVIIIe Congrès et l’arrivée au pouvoir du Président de la République et Secrétaire Général du Parti Xi Jinping il y a cinq ans, les observateurs extérieurs avaient perçu qu’une nouvelle ère s’ouvrait progressivement pour la Chine, celle d’une émergence rapide dans le cercle réduit des grandes puissances mondiales.

Ces dernières années, certaines politiques lancées sur le plan intérieur par le nouveau Président Xi visaient clairement à renforcer le parti communiste dans son rôle dirigeant de la nation, position qui était de plus en plus menacée par le niveau de corruption atteint au sein même des élites dirigeantes et à tous les niveaux du parti. Cette dérive morale et idéologique avait fortement entamé la légitimité du parti en tant que parti dirigeant et les résultats non négligeables des réformes économiques et sociales menées pendant les trois premières décennies post-1978 peinaient à contrecarrer cet affaiblissement de la légitimité historique du parti. En menant une campagne tous azimuts contre la corruption, qui n’a épargné aucun responsable politique ou économique quel que soit son grade et son statut, le président Xi a su rétablir cette légitimité aux yeux du pays. Cette campagne de renforcement politique, qui a sans doute été l’aspect le plus marquant de ce premier quinquennat, a été accompagnée sur le plan international par un activisme remarqué visant à asseoir la place de la Chine dans l’ordre international et à la rendre de plus en plus incontournable dans la gestion des affaires du monde.

Avec le rapport présenté par le président Xi lors de l’ouverture du XIXe Congrès, les orientations que pressentaient les observateurs sont désormais clairement confirmées et posées comme celles qui présideront désormais au développement de la Chine pour plusieurs décennies, au moins comme le cite le rapport, jusqu’au milieu du siècle. Vu de l’étranger, les éléments sans doute les plus frappants et qui feront l’objet de nombreuses analyses et d’un suivi attentif parmi les pays partenaires de la Chine portent tous plus ou moins sur la question de la gouvernance. Qu’il s’agisse en effet des affaires intérieures ou des relations internationales, le mot qui semble dominer ce rapport est celui de « gouvernance ». Nombre d’observateurs occidentaux, et de détracteurs, de la Chine concentrent toute leur attention sur le thème de la « démocratie » - c’est-à-dire démocratie parlementaire de type occidental – et jugent les progrès accomplis par la Chine à l’aune de ce seul concept. En réalité, dans le contexte actuel du développement de la Chine, qui s’affirme toujours comme le plus grand des pays en voie de développement, l’attention portée à la capacité de gouvernance – selon les termes du rapport – et à la modernisation du système chinois est à l’évidence plus importante pour l’avenir de ce pays et donc pour celui du reste de la communauté internationale. Le rapport rappelle d’ailleurs qu’il demeure hors de question de copier les systèmes d’autres pays et que l’objectif demeure la construction d'un socialisme aux caractéristiques chinoises.

Ce rapport insiste sur l’engagement de la Chine à améliorer les mécanismes de marché et à assurer une plus grande ouverture – et une plus grande égalité des droits – pour les investisseurs étrangers en Chine, répondant ainsi à une critique fréquemment formulée à l’encontre de la Chine ces dernières années. A ce stade de son développement économique, la Chine incite également ses acteurs économiques à mettre désormais l’accent sur la qualité pour favoriser l’émergence de moteurs de croissance plus robustes.

D’une manière générale, il ressort une volonté de plus grande ouverture aux attentes des partenaires étrangers, dans le respect cependant des caractéristiques chinoises, la volonté d’insister sur un développement centré sur l’individu tout en garantissant une prospérité collective ainsi que la poursuite de la modernisation dans tous les domaines. Naturellement, la clé de la stabilité dans cette nouvelle phase historique qui verra sans doute la Chine accéder, dans la décennie à venir, au rang de puissance globale, demeure le rôle dirigeant du parti communiste qui doit représenter le plus fidèlement les aspirations du peuple chinois et orienter le pays de manière constante dans la direction d’un socialisme réinventé. Le président Xi fait régulièrement référence, comme c’est également le cas dans le rapport présenté le 18 octobre, à l’édification d’une communauté de destin de l’humanité et à la contribution majeure que peut apporter la Chine à ce projet. La Chine entre de toute évidence dans une nouvelle ère de son histoire avec une orientation alliant les idéologies et théories passées (le marxisme-léninisme, la Pensée Mao Zedong, la Théorie de Deng Xiaoping, les Trois Représentations, la société de moyenne aisance) à une nouvelle pensée du développement national et de la planète. Des millions d’yeux continueront donc certainement à se tourner vers la Chine au cours des cinq années à venir en espérant voir la réalisation des engagements pris par le parti dans le cadre de ce congrès.

Lionel Vairon

+plus Rendez-vous

chine-info.com

J’aime

Suivez nous sur Facebook chine-info.com

Suivez nous sur Twitter

@chine-info.com

suivre @chine-info.com

chine-info.com

Suivez-nous sur Instagram : chineinfophotos