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Regard sur la Chine

[Environnement] La civilisation écologique chinoise et le développement durable mondial

Je veux commenter  ZHANG HUIYUAN* 2017-11-13 03:43:27    Source:la Chine au présent

Le développement durable est un enjeu auquel sont confrontés tous les pays aujourd'hui. En 2007, la Chine a proposé pour la première fois de construire une civilisation écologique, pour mettre le développement durable au même niveau que la civilisation humaine et insuffler une nouvelle vitalité au développement durable dans le pays. Depuis dix ans, surtout depuis le XVIIIe Congrès du PCC, la Chine fait preuve de créativité dans la réalisation de ce projet. Elle a non seulement haussé le niveau de gouvernance de l'environnement écologique, mais aussi apporté aux autres pays du monde une solution chinoise en matière de développement durable.

Progrès dans la construction de la civilisation écologique

Depuis le XVIIIe Congrès du PCC, le gouvernement chinois accorde une grande importance à la construction d'une civilisation écologique. Il a donc pris une série d'importantes mesures afin de généraliser l'édification de la civilisation écologique dans les domaines économique, politique, social et culturel, mesures qui ont porté des fruits majeurs.

Le système théorique propre à la civilisation écologique s'améliore sans cesse. À la base d'une théorie, il y a des idées, par exemple : « si l'écologie prospère, la civilisation prospérera » ; « les eaux limpides et les montagnes verdoyantes sont des trésors inestimables » ; « L'environnement écologique constitue une force productive, et développer l'environnement écologique, c'est développer cette force productive » ; « sur l'environnement repose la vie de la population, sur les paysages verdoyants et le ciel azur reposent le bonheur du peuple. » En accord avec ces paroles simples, la population chinoise a posé un nouveau regard sur la nature et l'environnement écologique. Le XVIIIe Congrès du PCC a proposé un ensemble de dispositions cohérentes pour promouvoir l'édification sur cinq plans, à savoir économique, politique, social, culturel et écologique. La 3e session plénière du Comité central issu du XVIIIe Congrès du PCC a demandé l'établissement accéléré d'un cadre complet pour la civilisation écologique. Le 4e plénum du CC du XVIIIe Congrès du PCC a exigé l'élaboration de règlements juridiques stricts pour protéger l'environnement écologique ; le 5e plénum du CC du XVIIIe Congrès du PCC a inclus le développement vert parmi les cinq concepts clés qu'il a définis en matière de développement. Toutes ces démarches ont permis de constituer un système théorique pour la civilisation écologique; son objectif est l'harmonie entre l'homme et la nature, son noyau est l'édification institutionnelle, son moteur est le développement vert, sa clé est l'aménagement de l'environnement et ses piliers sont la culture écologique et les modes de vie respectueux de l'environnement.

Un système institutionnel a fondamentalement été mis en place pour la civilisation écologique. Depuis les idées de « protéger l'environnement écologique par le biais d'un mécanisme institutionnel » et de « réformer en profondeur le cadre relatif à la civilisation écologique » émises lors du 3e session plénière du CC issu du XVIIIe Congrès du PCC, jusqu'à une série de projets réformateurs portant sur ce cadre, l'édification du système afférent à la civilisation écologique va bon train. Huit mesures majeures ont été prises : améliorer le droit de propriété lié aux ressources naturelles, établir un mécanisme de protection et d'exploitation rationnelle de l'espace territorial, mettre en place une réglementation sur l'aménagement de celui-ci, améliorer la gestion des ressources globales et le dispositif général d'économies des ressources, perfectionner le modèle d'utilisation payante des ressources et de compensation écologique, établir et perfectionner le système de gouvernance environnementale, améliorer le système de marché pour la gouvernance environnementale et la protection écologique, fonder un mécanisme de responsabilisation et d'évaluation des objectifs vis-à-vis de la civilisation écologique. Dans le même temps, le droit régissant l'environnement a été étoffé : la législation sur la protection de l'environnement, la législation sur le contrôle de la pollution atmosphérique, la législation sur la prévention de la pollution de l'eau ont été révisées, tandis que des lois sur la prévention de la pollution des sols sont en cours de rédaction.

La qualité de l'environnement écologique s'améliore. D'une part, la Chine a successivement publié des plans d'action pour lutter contre la pollution de l'air, de l'eau et des sols. Elle a tracé une « ligne rouge » écologique. Elle a mis en œuvre des mesures en vue de dépolluer et de préserver les montagnes, les rivières, les forêts, les lacs et les champs. Elle a approfondi les mesures de gouvernance environnementale globale en milieu rural pour remédier rapidement aux « maillons faibles » observés dans l'environnement écologique. D'autre part, la Chine a durci l'application des lois connexes. Des interprétations émises par la Cour populaire suprême et le Parquet populaire suprême ont abaissé le seuil de tolérance face aux agissements portant atteinte à l'environnement. La Cour populaire suprême a également établi un tribunal spécial pour les affaires judiciaires relatives à l'environnement et aux ressources naturelles. Le mécanisme de supervision environnementale mis en place par le gouvernement central a été étendu à tout le pays, ce qui a permis la résolution de nombreux problèmes. En 2016, dans la première phase d'application des nouvelles normes relatives à la qualité de l'air, dans les 74 villes chinoises contrôlées, 74,2 % des jours de l'année, l'air était jugé « de bonne qualité », un chiffre en hausse de 13,7 % par rapport à 2013 ; le pourcentage de l'eau de surface affichant une qualité égale ou supérieure au niveau 3 a augmenté de 17,9 points par rapport à 2010 ; l'eau dans les grandes rivières est de plus en plus pure.

Des éoliennes dans la ferme forestière de Saihanba (province du Hebei), plus grand centre de reboisement au monde.

Le développement vert a gagné du terrain. La 3e session plénière du CC issu du XVIIIe Congrès du PCC a expliqué qu'« évaluer les résultats du gouvernement exclusivement en fonction du rythme de croissance économique était une fausse piste » et a appelé à corriger cette pratique. Par la suite a été rédigé un avis sur l'amélioration de l'analyse du travail des groupes dirigeants et des cadres dirigeants œuvrant dans les organes gouvernementaux locaux. Des programmes de planification sur l'économie circulaire et le développement vert dans les industries ont également été publiés. La réforme structurelle du côté de l'offre a été vigoureusement promue, alors que des politiques financières vertes ont été lancées. Des restructurations industrielles ont été optimisées. Le niveau de la consommation des énergies et des ressources a diminué. En 2016, plus de 65 millions de tonnes de la capacité de production d'acier et plus de 290 millions de tonnes de la capacité de production de charbon ont été éliminés pour régler le problème de surcapacité dans ces deux secteurs ; la consommation d'énergie par unité de PIB affichait globalement un recul de 17,9 % par rapport à 2012 ; l'utilisation des énergies non fossiles a augmenté par rapport aux autres énergies, notamment le charbon, dont la part a nettement été réduite. À l'heure actuelle, la Chine figure au premier rang mondial au regard de ses installations dans les filières hydroélectrique, éolienne et solaire. Elle est également le pays ayant le plus recours aux énergies nouvelles. Parallèlement, de nouvelles industries stratégiques, étroitement liées à l'économie d'énergie et à la protection de l'environnement, sont en plein essor.

La capacité des services publics pour le respect de l'environnement augmente sans cesse. La construction d'infrastructures liées à l'environnement a récolté des résultats encourageants. À la fin de 2015, la capacité journalière de traitement des eaux usées dans les villes chinoises a atteint 182 millions de tonnes, plaçant la Chine au palmarès du classement international en la matière. Le taux d'assainissement des eaux usées en ville plafonne à 92 %. Par ailleurs, 94,1 % des ordures ménagères sont traitées dans les zones urbaines existantes. Dans les milieux ruraux, la gouvernance environnementale globale s'effectue sans encombre dans les 72 000 villages qui la mettent en œuvre. 61 000 fermes d'élevage de grande envergure se sont équipées d'installations permettant le traitement des déchets et la réutilisation des ressources. 2 700 observatoires des normes environnementales de différents échelons ont été créés à travers le pays et embauchent dorénavant 60 000 personnes, de telle sorte que la capacité de surveillance a été considérablement améliorée. En 2016, les zones de réserves naturelles couvraient 14,83 % de la surface terrestre du territoire, tandis que la superficie des espaces verts représentait 36,4 % du paysage urbain existant.

La société chinoise prend de plus en plus conscience de l'urgence de construire une civilisation écologique. Le gouvernement n'a de cesse de renforcer la sensibilisation à la protection de l'environnement écologique. La Chine ne tarde pas à publier les informations concernant la qualité de l'environnement, les émissions polluantes des entreprises et la ratification des études d'impact sur l'environnement. Elle élargit l'implication de la population, en multipliant les canaux et les champs de participation. Selon des enquêtes, fin 2015, 65 millions de personnes affirmaient acheter des produits bio en ligne, soit 14 fois plus qu'il y a quatre ans ; en 2016, 96,3 % des interrogés déclaraient comprendre le sens du terme « civilisation écologique », plus de 90 % des sondés disaient prêter attention à l'objectif stratégique national d'édifier une civilisation écologique, et plus de 80 % des sondés estimaient que « la construction de la civilisation écologique est l'affaire de tous ». Les données démontrent que l'opinion publique cherche par elle-même à obtenir des renseignements sur la civilisation écologique, passant de l'état passif à l'état actif. Pour résumer, la population a de plus en plus conscience qu'elle doit s'investir dans l'édification de la civilisation écologique.

En somme, tous ces progrès constituent un cadre complet propice à la construction de la civilisation écologique, sur les plans théorique et pratique.

Aboutissement d'un projet d'embellissement de la gare de train à grande vitesse de Shenzhen, dans la province du Guangdong, en août.

Importance majeure pour le développement durable planétaire

Édifier une civilisation écologique est un choix que la Chine se doit de faire pour pérenniser son développement, mais cet objectif incarne aussi la responsabilité internationale qu'assume le pays devant le développement durable planétaire. Avec son vaste territoire et sa large population, la Chine doit se préoccuper de sa consommation de ressources et de la pollution environnementale qu'elle engendre, car les effets s'en ressentent dans le reste du monde. La Chine a obtenu d'excellents résultats en matière de gouvernance environnementale. Rappelons par exemple qu'avec ses terres arables qui représentent presque 7 % des cultures dans le monde, la Chine est à même de nourrir sa population qui compte pour un cinquième de la population mondiale. Aussi, au regard du bilan historique des rejets polluants, du niveau d'émissions de gaz à effet de serre par habitant ou encore du rythme de la réduction de la pollution, la Chine devance les pays développés. Aujourd'hui, elle sait pertinemment que, de l'objectif de civilisation écologique dépend la perpétuation de la nation chinoise. C'est pourquoi elle s'engage à édifier cette civilisation écologique et à promouvoir le développement durable avec une ferme volonté et détermination. Et tout en répondant aux enjeux environnementaux qui lui sont propres, elle a contribué à la résolution des enjeux planétaires similaires.

Par exemple, la Chine a apporté une contribution importante dans la conclusion, la signature, la ratification et l'entrée en vigueur de l'Accord de Paris, entreprenant des efforts inlassables pour faire face au changement climatique. Parallèlement, la Chine s'est fixé l'objectif de réduire de 40 à 45 % l'intensité de carbone d'ici 2020. La Chine a éliminé plus de 50 % du total cumulé des substances détruisant la couche d'ozone produites par les pays en développement. Ainsi, elle est devenue le premier pays contributeur pour ce qui est de la préservation de la couche d'ozone.

La construction de la civilisation écologique chinoise se traduit par l'approfondissement et l'innovation du concept de développement durable, contribuant à porter le développement durable mondial à un nouveau palier. Le rapport de l'ONU intitulé Notre avenir à tous (ou rapport Brundtland) appelle tous les pays à s'engager main dans la main sur la voie du développement durable. Depuis 30 ans, les différents pays ont déployé des efforts en la matière, qui ont donné lieu à des progrès importants dans la gouvernance environnementale à l'échelle mondiale. Mais certains problèmes graves persistent, notamment le changement climatique, le déclin de la biodiversité biologique et la pollution de l'environnement, de telle sorte que le développement durable doit encore relever d'énormes défis.

Les différents pays n'utilisent pas les mêmes procédés pour avancer sur le chemin du développement durable : des pratiques sont basées sur l'innovation technologique, d'autres sont axées sur le marché, d'autres encore reposent sur les contrôles juridiques ou administratifs. Ces modèles connaissent plus ou moins leurs limites en fonction du système d'administration, du stade de développement et de l'environnement du marché en vigueur dans chaque pays. Afin de promouvoir l'édification de la civilisation écologique, la Chine a pris un ensemble de dispositions cohérentes dans cinq dimensions, à savoir économique, politique, sociale, culturelle et environnementale. Elle insiste donc sur l'utilisation de divers moyens pour étendre le concept de développement vert aux différents aspects touchant à la production et de la vie quotidienne. Ce modèle proposant la construction d'une civilisation écologique offre au monde une sagesse et une solution chinoises contribuant au développement durable de l'humanité.

Choix nécessaire dans le cadre de la communauté de destin

Édifier la civilisation écologique est la responsabilité commune de l'humanité. Depuis la révolution industrielle, la surexploitation de la nature par l'homme a sérieusement endommagé l'environnement écologique, avec des répercussions alarmantes sur le développement et même la survie de l'espèce humaine. L'humanité n'a qu'un seul habitat : la Terre. Si l'environnement écologique n'est pas bien protégé, l'homme ne pourra ni se développer ni survivre. Les différents pays cohabitent sur la même Terre et partagent un même environnement écologique, constituant par conséquent une communauté de destin. Il est dans l'intérêt commun de tous les pays et dans leur responsabilité commune de préserver la Terre et de réaliser un développement durable. Construire une civilisation écologique et atteindre l'objectif gagnant-gagnant de défendre l'environnement tout en stimulant le développement illustrent l'aspiration de la Chine et la cible de ses efforts, mais il s'agit aussi de tâches communes incombant aux différents pays.

Afin d'édifier une civilisation écologique à l'échelle mondiale, tous les différents pays doivent entreprendre des actions communes. Le développement continu de la société humaine requiert les efforts de tous les pays. Dans l'optique de construire la communauté de destin de l'humanité, ensemble ils doivent construire la civilisation écologique et partager les bienfaits résultant de l'écologie. Le Programme de développement durable à l'horizon 2030 (ou Agenda 2030) élaboré par l'ONU servira de vecteur important pour cet objectif. Lors de la réunion élargie du Sommet des BRICS à Xiamen, le secrétaire général Xi Jinping a proposé de profiter de la mise en œuvre de l'Agenda 2030 pour chercher à coordonner les avantages économiques, sociaux et environnementaux, tout en réalisant un développement cohérent et inclusif. La communauté internationale doit renforcer la coopération et les échanges (fonds, technologies, etc.) pour mettre en place un système de gouvernance environnementale planétaire d'un type nouveau, caractérisé par l'entraide et le soutien mutuel. Comme les conditions nationales, le stade de développement, la culture et le régime politique varient d'un pays à l'autre, il n'y a pas lieu d'imposer un modèle ou une méthode unique pour créer ce système d'actions communes en faveur de la civilisation écologique planétaire. Il revient à chaque pays de déterminer la démarche à adopter en fonction de sa réalité nationale et de généraliser le concept de civilisation écologique dans son développement économique, social, politique et culturel, afin de façonner un modèle de construction en phase avec sa situation.

*ZHANG HUIYUAN est directeur du Centre de recherche sur la civilisation écologique de l'Académie de recherche en sciences environnementales de Chine.

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