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Regard sur la Chine

[Convergence] Empereur Taizong des Tang

Je veux commenter  CHRISTOPHE TRONTIN 2017-11-23 04:07:23    Source:la Chine au présent

L'histoire chinoise a fait de lui « l'empereur modèle » pour ses exploits. En 590, après plusieurs siècles de division, l'empire chinois se reconstitue avec la brève dynastie des Sui (581-618) qui connaît seulement deux empereurs régnants et s'achève en 618.

Li Shimin naît en 598 dans la haute aristocratie de l'époque, étroitement liée aux familles dirigeantes du royaume de Wei et des Sui. Il est aussi à la croisée des ethnies han et xianbei, un métis culturel qui maîtrise aussi bien les arts raffinés de la cour impériale chinoise que l'art militaire des nomades du Nord.

En 618, Li Yuan, père de Li Shimin parvient non sans le soutien militaire de son fils à défaire les Sui pour établir une nouvelle dynastie, celle des Tang (618-907). En récompense de sa grande victoire dans la bataille de Luoyang, l'empereur, son père, place Li Shimin au-dessus de tous les autres nobles de l'Empire. Il lui confie la direction de l'administration civile et militaire de la plaine est, en gros le Hebei et le Shandong actuels. Grâce à une habile politique de pardon et d'intégration des rebelles, celui-ci s'entoure de l'élite stratégique, militaire et administrative de la région.

En 624, lorsque le Khan des Tujue d'Orient masse ses troupes aux portes de la ville impériale de Chang'an. Li Shimin fonce vers eux à la tête d'une petite escouade pour les haranguer, s'appuyant sur sa réputation de guerrier valeureux et sur sa connaissance de la langue tujue. Il provoque carrément leur chef en duel :

« La dynastie des Tang ne doit rien aux Tujue. Pourquoi envahissez-vous notre pays? Je suis prêt à me mesurer à votre Khan ! »

Après quelques hésitations, les armées ennemies se replient. Mais Li Shimin n'est pas homme à se contenter d'une victoire morale. Il donne l'ordre de préparer armes et chevaux. À la faveur de la nuit, il rejoint le camp tujue qu'il attaque par surprise. Le Khan, défait, doit se retirer piteusement.

Li Shimin est rongé par l'ambition ; la pusillanimité de son père devant les envahisseurs l'a exaspéré, son indécision au sujet de sa succession encore plus. Habile manipulateur, il crée de toutes pièces un scandale qui pousse son père à abdiquer. Lorsque l'empereur convoque auprès de lui les trois prétendants au trône, Li Shimin joue le tout pour le tout : il poste ses partisans à l'entrée du palais où ils parviennent à assassiner ses deux concurrents. L'empereur est d'abord fou de rage, mais il se radoucit devant les arguments de son conseiller et la mine contrite de son fils prodige.

Second empereur de la dynastie des Tang, Li Shimin poursuit la construction de l'Empire suivant la diplomatie inaugurée par son paternel l'empereur Gaozu : « Diviser [les barbares limitrophes] pour mieux régner [sur l'Empire chinois] ».

La question tujue continue de déchirer la jeune dynastie des Tang. À la cour, on débat sur l'opportunité et la possibilité d'intégrer les Tujue à l'empire. L'empereur y est favorable, mais des conseillers confucéens ne veulent pas en entendre parler, considérant ces « barbares » comme trop sauvages pour s'intégrer à la civilisation chinoise si raffinée. L'Empereur tranche finalement en faveur de l'intégration, déplaçant une partie des Tujue de leurs territoires vers les territoires chinois dans le but de leur inculquer le mode de vie sédentaire et agricole. Les chefs tujue les plus loyaux se voient attribuer des titres nobiliaires chinois.

Les tribus du Nord vassalisées par les Tang doivent payer chaque année un tribut aux Tang. D'autre part, la soumission de ces tribus rebelles implique la mise à disposition de troupes composées de guerriers-cavaliers extrêmement expérimentés et brillants. Ces nomades ont la culture de la razzia, connaissent par cœur la steppe, et savent et aiment conduire des grandes chevauchés militaires. Commandés par un empereur guerrier comme Taizong, secondés par les innombrables paysans-fantassins chinois, soutenus par l'intendance des fonctionnaires et guidés par des généraux et stratèges han brillants, ces cavaliers s'inscrivent dans une nouvelle armée Tang-Tujue qui va déferler sur l'Asie centrale, les marges tibétaines, la péninsule coréenne. Les victoires de ces années du début de la dynastie des Tang sont celles de la cavalerie tujue alliée à l'organisation et à une stratégie d'ensemble chinoise.

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