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Regard sur la Chine

La protection et le développement du mont Fanjing

Je veux commenter  JIAO FENG 2018-08-07 09:08:11    Source:la Chine au présent

Le mont Fanjing, un endroit féerique

La province du Guizhou abrite la Réserve naturelle nationale du mont Fanjing qui se trouve dans la partie nord-est de la ville de Tongren. Avec une superficie totale de 43 411 ha, couverte par une forêt sauvage à 96,5 %, cette réserve naturelle est l’habitat de nombreuses espèces rares et menacées comme le rhinopithèque jaune doré du Guizhou, un singe rare, l’arbre aux mouchoirs, le sapin de Fanjingshan et tout un écosystème dépendant d’une ancienne forêt primaire. Dans la réserve naturelle, les montagnes et les vallées s’étendent à perte de vue, les ruisseaux se jettent dans les profonds lacs aux eaux bleues et en hiver, les imposantes chutes d’eaux gelées qui forment des cascades scintillantes créent un paysage encore plus spectaculaire.

En janvier 2013, la ville de Tongren a officiellement candidaté pour être inscrite sur la Liste du patrimoine mondial. En octobre 2013, le mont Fanjing a été ajouté à la Liste préliminaire des patrimoines naturels nationaux de la Chine. Puis en février 2018, avec l’UNESCO, la Chine a officiellement soutenu la candidature du mont Fanjing du Guizhou pour le statut de patrimoine mondial. Ces candidatures visent la protection de l’écosystème de la forêt primaire du mont Fanjing, de sa faune et de sa flore qui sont uniques. Dans le même temps, il s’agit d’exploiter ses produits écologiques, de promouvoir le développement socioéconomique local dans une perspective durable et, finalement, d’aboutir à un équilibre fructueux pour tous entre la protection et le développement.

Un environnement écologique varié

Le mont Fanjing est le plus haut sommet sur les pentes qui partent du plateau du Yunnan-Guizhou jusqu’aux collines de l’ouest du Hunan. Il est le sommet le plus élevé de la chaîne de montagnes Wuling. Sur ses pentes, on dénombre 44 types de forêts différentes, dont la grande forêt primaire. L’environnement écologique stable a permis la préservation de sa flore et sa faune qui remontent aux IIIe et IVe siècles. C’est l’un des écosystèmes forestiers les mieux protégés du globe à cette latitude. Le mont Fanjing protège ce rare écosystème primaire subtropical qui compte plus de 6 000 espèces biologiques, environ 3 000 espèces végétales et 3 000 espèces animales. Parmi elles, de nombreux animaux sauvages bénéficient d’une protection nationale, comme le rhinopithèque jaune doré du Guizhou qui a été inscrit sur la Liste rouge des espèces menacées et a reçu le grade « EN » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Selon les résultats des dernières recherches, le mont Fanjing est le seul habitat du rhinopithèque jaune doré : il vit dans une zone de seulement 260 km² au cœur de la réserve naturelle et se montre actif dans un périmètre qui ne dépasse pas 400 km².

L’arbre aux mouchoirs est spécifique à la Chine et une priorité nationale dans les espèces à conserver. Hormis ceux qui sont présents sporadiquement à travers toute la réserve naturelle de Fanjing, il y a 13 forêts d’arbres aux mouchoirs qui couvrent environ 80 ha. Aujourd’hui, cette zone présente une des plus fortes concentrations de cet arbre sauvage au monde.

En plus du rhinopithèque jaune doré et de l’arbre aux mouchoirs, la réserve naturelle de Fanjing abrite également un grand nombre de plantes et d’animaux aussi anciens que rares, tels que l’arbre aux quarante écus, ou gingko, le peuplier tulipe et l’if de Chine. L’abondance de ces ressources biologiques représente une grande valeur scientifique et académique. Elle forme un terrain pratique idéal pour l’éducation et la recherche, que ce soit en biologie, en écologie, en génétique, en météorologie, en géologie ou en foresterie. Ces dernières années, des savants et des experts d’instituts de recherche et

d’universités du monde entier ont conduit des études et des recherches dans cette réserve naturelle.

En outre, le mont Fanjing est la source de la principale rivière qui arrose la région de Tongren. Cette région est le bassin versant des principaux affluents du fleuve Yangtsé, comme les cours d’eau Wujiang et Ruanjiang, ce qui en fait une zone importante pour la conservation de l’eau. La réserve naturelle de Fanjing sert aussi de grand réservoir naturel qui alimente les rivières Jinjiang,Yinjiang et Songjiang avec plus d’un milliard de mètres cubes d’eau.

Le 23 juillet 2016, des touristes découvrent le mont Fanjing à Tongren (Guizhou).

Renforcer la gestion des ressources biologiques

En 1956, le ministère des Forêts avait commencé à interdire l’abattage d’arbres sur le mont Fanjing afin de gérer et de conserver ses forêts nationales, mettant ainsi un terme à la destruction de la zone centrale du mont Fanjing par ses zones voisines. C’est en 1978 que le même ministère a créé la réserve naturelle et mis en place des organisations de gestion, orientant la réserve naturelle du mont Fanjing sur le chemin du développement durable et de la protection systématique. La réserve devient nationale en 1986 et devient l’une des 17 premières réserves naturelles nationales.

Depuis la création de la réserve, la politique en vigueur est celle de « la recherche scientifique comme soutien, la gestion et la protection comme fondement, le développement coordonné des communautés locales comme la garantie de l’ensemble ». Cette politique a donné lieu à des enquêtes sur les ressources biologiques et sur l’écosystème naturel du rhinopithèque jaune doré. Ces actions ont jeté les fondations de la protection et de la gestion de la biodiversité et de l’exploitation raisonnée des ressources naturelles.

Dans le but de gérer scientifiquement les ressources naturelles et de les protéger, la réserve a collaboré avec des établissements nationaux et étrangers d’enseignement supérieur et de recherche pour étudier la formation des paysages, la végétation, les animaux terrestres, les arachnides, les poissons, les amphibiens et les reptiles, les oiseaux et les mammifères, qui avaient un intérêt scientifique substantiel. En même temps, plus de 200 caméras infrarouges ont été installées dans différents habitats à différentes altitudes à travers tout le parc, afin d’observer le comportement des animaux et les effets du tourisme sur la faune sauvage, mais aussi pour effectuer une surveillance à l’année des maladies épidémiques à la périphérie de la réserve.

Pour mieux réunir et diffuser les informations sur les ressources naturelles et l’écosystème du mont Fanjing, un centre d’exposition a été construit à l’intérieur de la réserve ainsi qu’un centre médical pour les animaux sauvages et des plaques contenant des informations scientifiques. De plus, le long du chemin forestier, dans la zone d’écotourisme, nous trouvons des panneaux d’affichage donnant des informations sur la flore et la faune, l’écologie et la conservation, et les touristes peuvent marcher dans ce grand bar à oxygène naturel tout en apprenant.

Résoudre le paradoxe développement/conservation

La réserve naturelle du mont Fanjing a mis en pratique une cogestion basée sur la communauté, permettant à plusieurs acteurs de participer à l’élaboration, l’exécution et l’évaluation du plan de gestion sur la conservation. Après des années de travail en cogestion basée sur la communauté, les participants ont accumulé une expérience particulière et proposé l’idée de « grand voisinage ». L’idée ne sous-tend pas seulement le développement des relations de la cogestion en communauté parmi les groupes de bourgs et de villages, mais étend également le voisinage à tous les secteurs en lien avec les activités productives des résidents de la communauté afin de mettre en place un soutien global au développement de la réserve.

Coordonner le développement des communautés locales, de la réserve et de la cogestion en communauté est la garantie du perfectionnement du travail dans la réserve. La périphérie du mont Fanjing est le lieu de résidence de 13 000 personnes dans sept villages répartis dans les trois districts : celui de Jiangkou, celui autonome tujia de Yinjiang et celui autonome miao de Songtao, couvrant une zone de plus de 434 km². Les villageois des environs ont vécu avec le mont Fanjing pendant des générations. Ils comptent sur la chasse, la collecte de plantes médicinales chinoises et un abattage modéré des arbres pour survivre. Le principal problème avec la communauté vient des revenus économiques fortement dépendants de la production agricole, du niveau d’utilisation des ressources généralement peu élevé, de la rareté des forêts avec une fonction économique, de l’insuffisance des moyens de transports et des infrastructures, et du danger invisible du braconnage et des catastrophes naturelles. Ces facteurs sont de sérieuses contraintes qui pèsent sur le développement local. Ce n’est qu’en améliorant les conditions de vie des habitants qu’un équilibre harmonieux peut être trouvé entre l’homme et la nature.

L’aide financière apportée par le gouvernement local est vraiment faible. L’embauche des locaux pour la gestion touristique dans le mont Fanjing donne donc un petit revenu supplémentaire bienvenu pour les résidents, tandis que les fonds restants sont employés pour le développement des communautés isolées et permettent de construire des infrastructures comme des canaux d’eau. Le bureau de gestion de la réserve a aussi utilisé un fonds spécial pour distribuer 1 000 cuisinières à induction dans les foyers autour de la réserve afin de réduire la consommation des ressources forestières. Il a aussi donné entre 50 000 et 60 000 jeunes plants de sapins chinois pour la reforestation, jouant un rôle dans le développement durable des ressources. Enfin, à travers différents réseaux, le bureau a organisé et développé la formation de compétences à plusieurs niveaux et sous différentes formes, notamment dans la pisciculture et l’élevage de poulets, l’agriculture biologique, la restauration et les services, pour absorber la main-d’œuvre excédentaire des environs, augmenter les revenus des villageois et réduire leur dépendance aux ressources forestières.

Réconcilier le paradoxe du développement économique avec la protection de l’environnement commence donc après la résolution des questions liées aux moyens de subsistance des agriculteurs.

Le mont Fanjing est une montagne sacrée chez les bouddhistes. Historiquement, il existe une tradition de pèlerinage dans ces montagnes. Dès 1987, un sentier de pèlerinage avait été construit dans la réserve, cependant, le voyage jusqu’au sommet de la montagne prenait au moins trois jours, il n’existait pas de moyens de transport rapide, et les pèlerins devaient chercher un logement le long de la route, laissant leur empreinte dans le parc. Pour effectuer le pèlerinage plus rapidement et réduire leur impact sur l’environnement, le gouvernement local a proposé en 2002 la construction d’un téléphérique. Mais est-ce que sa construction pourrait avoir des effets destructeurs sur l’environnement ? Pour répondre à cette question, le Bureau national des forêts a tenu une table ronde et envoyé des experts enquêter sur le terrain. Finalement, le téléphérique n’a été construit qu’après la confirmation que l’environnement ne serait pas impacté.

En 2009, le téléphérique est entré en fonction. Les touristes peuvent désormais grimper en haut de la montagne en 15 minutes. Le funiculaire passe au-dessus de la cime des arbres. Par conséquent, il n’a pas été nécessaire d’abattre des arbres et les effets sur la croissance des arbres ont été minimes. Le sentier traditionnel du pèlerinage peut toujours être emprunté à pied. Des aires de repos permettent aux touristes d’acheter de l’eau et des collations régulièrement. Toute l’équipe et le personnel sont des employés locaux. Aucun hôtel ou restaurant ne gâche le paysage et toutes les installations ont été construites en-dehors de la zone. La nuit, la zone pittoresque de la réserve naturelle de Fanjing est calme et sombre, l’objectif étant de permettre aux plantes et aux animaux de se reposer, de permettre à la nature de se régénérer.

En 2015, la réserve naturelle de Fanjing a été nommée « bar à oxygène forestier national ». En 2015, elle a accueilli environ 10 fois plus de touristes qu’en 2005. Cela a donné aux communautés locales de nombreuses opportunités d’emploi et a remis sur pied le développement économique des environs en apportant plus de prospérité aux locaux. De plus, la population de rhinopithèques jaunes dorés de la réserve a augmenté, le sapin de Fanjingshan a retrouvé son état originel quand la réserve a été ouverte, et les arbres aux mouchoirs se sont propagés et grandissent avec un feuillage plus dense. D’autres espèces rares et menacées d’extinction, de même que les écosystèmes de la forêt primaire ont bénéficié d’une protection efficace.

Le mont Fanjing à Tongren dans la province du Guizhou est doté d’une beauté naturelle extraordinaire.

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