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Regard sur la Chine

La protection de l’environnement : une priorité pour la Chine

Je veux commenter  PAN JIAHUA* 2018-08-21 09:39:47    Source:la Chine au présent

Le 7 juin 2018, le 5e groupe d’inspection centrale pour la protection de l’environnement s’est rendu

dans la région autonome zhuang du Guangxi afin d’examiner le résultat du premier tour d’inspection

de la protection de l’environnement. Un inspecteur récupère un échantillon d’eau.

La protection de l’environnement est un des problèmes qui sont au cœur des préoccupations des dirigeants chinois. En mai dernier, la 8e Conférence nationale sur le travail de protection de l’environnement s’est tenue à Beijing. Au cours d’un discours prononcé à cette occasion, le secrétaire général du Comité central du PCC Xi Jinping a affirmé que la construction d’une civilisation écolo-gique est une priorité pour le développement durable en Chine ; qu’elle est intrinsèquement liée au progrès de la société humaine ; qu’elle est par ailleurs nécessaire à un développement harmonieux entre l’homme et la nature ; qu’elle est une des priorités que s’est fixé le PCC ; qu’elle est enfin directement liée à la qualité de vie de la population.

De lourdes tâches

Lors de la Conférence nationale sur la protection de l’environnement, le secrétaire général Xi Jinping a indiqué que la construction d’une civilisation écologique en Chine devait faire face à de multiples pressions et défis. La Chine se trouve à une période décisive où elle doit développer son marché de produits biologiques pour satisfaire les aspirations de plus en plus importantes de la population à un environnement écologique sain. La Chine a les moyens de résoudre les problèmes liés à l’environnement.

La construction d’un environnement écologique doit se faire sur deux plans. Sur le plan technologique, il s’agit du contrôle de la pollution, de l’économie des ressources et de la protection de l’environnement. Le contrôle de la pollution doit permettre d’obtenir « un ciel bleu, des eaux limpides, un sol non pollué ». L’économie des ressources a pour but de créer une offre efficace et d’encourager une utilisation durable des ressources naturelles. L’objectif de la protection de l’environnement est de protéger la biodiversité. Différents moyens, notamment législatifs et culturels, peuvent être utilisés pour parvenir à ces objectifs.

Lorsque le socialisme à la chinoise est entré dans une nouvelle ère, la construction d’une civilisation écologique a dû faire face à de multiples pressions liées au contrôle de la pollution, au développement, à l’éradication de la pauvreté, ainsi qu’à des difficultés résultant de la transition économique, sociale et culturelle. Comme l’aspiration du peuple à un bel environnement est très importante, la réforme structurelle du côté de l’offre doit relever un grand défi : celui de fournir des produits écologiques de bonne qualité. Toutes les forces doivent donc être mobilisées pour relever ce défi. Après 40 ans de réforme et d’ouverture, l’économie, les avancées technologiques et la capacité de gouvernance de la Chine devraient lui permettre aujourd’hui de résoudre les problèmes liés à l’environnement. Cela figure déjà à l’ordre du jour.

En 2017, la Chine était le plus grand pays en développement et se classait seconde en termes de PIB. Cependant, son PIB par habitant représentait moins d’un quart de la moyenne mondiale, moins d’un sixième du PIB par habitant des États-Unis, et moins d’un cinquième de la moyenne européenne. Pourtant, la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre par habitant étaient supérieures à celles de certains pays de l’Union européenne. Ces chiffres montrent que l’environnement en Chine est en train de se détériorer. La Chine doit donc mobiliser toutes ses forces pour résoudre ce problème et ne peut se permettre d’agir comme les pays développés qui ont pollué l’environnement lors de leur industrialisation et qui ont dû par la suite mener des travaux de dépollution. Elle doit accélérer l’amélioration de la qualité de son environnement.

Des résultats positifs ont déjà été observés

La Chine a pris des mesures pour lutter contre la pollution. Premièrement, elle a lancé des travaux de dépollution en mettant l’accent sur la qualité. Autrefois, on se concentrait sur le contrôle du volume total des émissions de polluants. Ce qui n’a pas porté ses fruits car même lorsque les émissions de polluants ne dépassaient pas les normes établies, la pollution atmosphérique demeurait très importante. Deuxièmement, il faut que la lutte contre la pollution soit menée en vertu des lois et que ceux qui polluent soient sanctionnés par la loi. Troisièmement, la lutte contre la pollution doit être orientée en fonction de la demande. Le développement d’un marché de produits écologiques de qualité doit être appuyé par des actions du gouvernement transparentes et orientées en fonction de la demande. Quatrièmement, il faut encourager l’innovation scientifique et technique. Cinquièmement, il faut réformer le système d’évaluation. Les producteurs de produits qui nuisent à l’environnement seront sanctionnés et les producteurs de produits écologiques de qualité seront récompensés.

L’économie chinoise est entrée dans la phase de la « nouvelle normalité » : l’accent n’est plus mis sur la quantité mais sur la qualité. Cette phase est décisive dans le processus de construction d’un environnement écologique. Depuis 2012, le gouvernement et la société chinois ont lancé un plan de lutte contre la pollution de l’air, de l’eau et du sol. Cette lutte a obtenu des résultats très positifs. Par exemple, la qualité de l’air s’est améliorée. En 2017, la concentration de microparticules PM 2,5 dans l’air était inférieure à 35 µg/m3 dans la région du delta de la rivière des Perles ; elle était inférieure à 45 µg/m3 dans les villes du delta du Yangtsé ; à Beijing, elle est passée de 89,5 µg/m3 en 2013 à 58 µg/m3 en 2017. La dépollution des eaux et des sols a également conduit à des résultats positifs. Depuis 2013, la consommation de charbon est en baisse en Chine. La capacité installée des générateurs d’énergies renouvelables et la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables se classent au premier rang mondial. La Chine a établi le Parc national des sources des trois rivières, le Parc national des pandas géants, ainsi que le Parc national des tigres et des léopards. Alors que l’on observe une baisse des superficies des zones humides et des forêts dans le monde, la superficie des forêts et des zones humides en Chine a augmenté.

La Chine a désormais beaucoup d’expérience en matière de construction d’une civilisation écologique. Par exemple, elle a créé un système de « chefs de rivière » et de « chefs de lac » pour améliorer la gestion des cours d’eau et des lacs, ainsi que des systèmes d’évaluation et de contrôle de l’environnement. Le plus important, c’est que la construction d’une civilisation écologique est désormais au cœur de l’action sociale. « La nature vaut son pesant d’or » est la valeur fondamentale du développement vert.

La lutte contre la pollution implique une coopération internationale et une compréhension entre les peuples

Au XXIe siècle, l’industrialistation s’est accélérée en Chine : avec la mondialisation, la Chine a commencé à utiliser des ressources importées de l’étranger et à produire des produits de bonne qualité et bon marché tout en polluant son environnement. Dans le même temps, un grand nombre de Chinois sont sortis de la pauvreté, le niveau de développement économique s’est élevé et l’urbanisation a progressé. Dans la réalité, la Chine a suivi la même voie que les pays développés : après avoir pollué, elle s’est lancée dans la lutte contre la pollution. Elle a adopté une attitude tolérante face à la pollution et la détérioration de l’environnement. Elle n’a imposé aucun critère écologique aux investissements directs étrangers et la détérioration de son environnement s’est accélérée. La Chine est ainsi devenue un gros consommateur de ressources et un gros pollueur.

Cependant, c’est parce qu’elle a produit pour le monde entier une grande quantité de produits de bonne qualité et bon marché que la Chine est devenue un gros pollueur. En raison de son retard de développement, elle n’a pas accordé la priorité à la protection de l’environnement. Par ailleurs, certains pays développés ont exporté en Chine une grande quantité de déchets considérés comme recyclables. La Chine a ainsi commencé à accumuler les déchets du monde, apportant sa contribution au maintien d’un environnement propre dans les pays développés.

Cela étant, la Chine a pris conscience depuis dix ans que la protection de son environnement est à la fois dans son propre intérêt et dans celui du monde. Elle a pris des mesures énergiques pour accélérer la construction d’une civilisation écologique en durcissant ses normes d’évacuation et en limitant ses émissions de polluants. Elle encourage l’économie circulaire et économise les ressources énergétiques. Elle a amélioré son environnement écologique en protégeant la biodiversité.

En seulement dix ans, sa norme d’émission est passée d’Euro II à Euro V et depuis 2017, elle a adopté la norme d’émission nationale VI, plus stricte que la norme Euro V. Depuis 2014, les émissions de gaz à effet de serre baissent chaque année en Chine. Sa capacité installée de générateurs d’énergies renouvelables est aujourd’hui au premier rang mondial.

La Chine consomme beaucoup de charbon car sa structure énergétique repose sur cette ressource et les hivers dans le nord du pays sont particulièrement rigoureux. Ainsi, même si les techniques adoptées dans les centrales thermiques chinoises sont très avancées, comme celles-ci fonctionnent au charbon, la pollution de l’air demeure très grave dans le nord de la Chine en hiver. Mais l’amélioration de la qualité de l’environnement de la Chine, devenue deuxième économie mondiale, préoccupe de plus en plus la communauté internationale. La pression de la communauté internationale oblige ainsi la Chine à fournir plus d’efforts en matière d’environnement, ce qui est synonyme de progrès.

La lutte contre la pollution environnementale a progressé en Chine. Par exemple, à Beijing, la pollution de l’air a diminué. Après quatre années d’efforts, la concentration de matières polluantes dans l’air est passée de 89,5 µg/m3 en 2013 à 58 µg/m3 en 2017. En 2017, la Chine, malgré les plaintes de certains pays, a mis fin à l’importation de « déchets étrangers », ce qui permet de réduire les sources étrangères de polluants. La Chine doit faire des efforts pour forger son image de grand pays responsable et cela nécessite que la communauté internationale soit compréhensive et juste avec celle-ci. Pour lutter contre la pollution, la coopération internationale et la compréhension entre les peuples sont nécessaires. La Chine et le monde doivent donc renforcer leur coopération en matière d’environnement.

*PAN JIAHUA est directeur de l’Institut des études urbaines et environnementales de l’Académie des sciences sociales de Chine.

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