Au MAD, l’exposition « 1925-2025. Cent ans d’Art déco » révèle l’éclectisme d’un style universel, de Paris à Shanghai – jusqu’au 26 avril 2026
Cartier, Maurice Couët (1885-1963) — Pendule, 1927
(monture), Chine, XVIIe siècle (jade). Jade blanc sculpté, onyx, diamants,
émeraudes, corail, nacre, or, émail © Les Arts Décoratifs / Christophe Dellière
Ce qui le caractérise ? Une géométrisation des formes et des sources d’inspiration multiples qui le font aussi bien dialoguer avec le cubisme qu’avec les arts extra-européens et d’entre tous, les arts chinois. Cartier en est la plus parfaite illustration mais cette singularité n’est en rien le fait exclusif du joaillier parisien. L’art de la céramique et du mobilier s’en inspirent pleinement aussi.
Cartier Paris — Nécessaire. New York, vers 1926. Émail,
jade, or, platine, saphirs, diamants, onyx. Collection Cartier
Il
n’est que de voir le nécessaire ou Vase chinois associant or, platine,
onyx, corail, rubis, saphirs, émail et diamants pour s’en rendre compte :
Cartier réussit une tour de force dans cette conjugaison de couleurs. Elle
correspond à une époque marquée à la fois par l’exotisme et la quête d’un luxe
qui se traduira avant tout par l’usage de matériaux venus d’ailleurs et ciselés
avec une très grande sobriété. Nous sommes en 1928 et d’autres créateurs ont
fait de ce principe un leitmotiv. Ainsi, Jean Dunand exécute une porte pliante
en bois laqué à la demande de l’architecte Mallet-Stevens. C’est que Jean
Dunand a été formé par un maître spécialiste dans les décors en laque, le
Japonais Seizo Sugawara dont les sources d’inspiration sont elles-mêmes d’origine
chinoises. À voir d’un peu plus près le pot couvert du céramiste Séraphin
Soudbinine en grès partiellement émaillé, on se dit que sa forme n’est pas
étrangère aux bronzes chinois de l’ère des Zhou.
Jean Dunand (1877-1942) — Vase. Vers 1925. Métal laqué © Les
Arts Décoratifs / Jean Tholanc
Même
observation pour le meuble d’appui de Paul-Louis Mergier en maroquin vert du
Cap et bois de chêne laqué. N’était sa couleur, on le dirait tout droit inspiré
des imposantes armoires rouges conçues sous la dynastie Ming. Jacques-Emile
Ruhlmann semble ne pas l’avoir oublié lorsqu’il charge Jean Dunand de revêtir
de laque pourpre un cabinet d’une très grande simplicité. Il rappellera l’épure
d’un style et un art de vivre qui, à travers les réalisations d’un Jean-Michel
Frank auront fini par séduire toute une génération de Français, tel l’écrivain
François Mauriac qui en était l’un des collectionneurs les plus illustres.
Eugénie O’Kin (1880-1948) — Vase. Vers 1925. Ivoire © Les
Arts Décoratifs / Jean Tholanc
S’y rendre :
Musée des Arts décoratifs
107, rue de Rivoli
75001 Paris
Tél. : +33 (0)1 44 55 57 50
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